
Costa Rica : le narcotrafiquant « El Diablo » arrêté après une décennie de cavale
Alejandro Arias Monge, contre qui Washington offrait 500 000 dollars, a été capturé dans la province de Heredia ; l’opération a fait un mort parmi ses complices et plusieurs blessés dans les rangs de la police.
Les autorités costariciennes ont annoncé, vendredi, l’arrestation d’Alejandro Arias Monge, dit « El Diablo », considéré comme le criminel le plus recherché du pays. Capturé dans une propriété rurale de Río Frío, dans la province de Heredia (nord-est de San José), il dirigeait, selon l’Organisme d’enquête judiciaire (OIJ), une organisation criminelle transnationale spécialisée dans le trafic de cocaïne. L’opération, qui visait une réunion de chefs de bande, a donné lieu à un violent échange de tirs.
Au cours de cet assaut, un autre responsable présumé, identifié comme Roney Ríos Oconitrillo (alias « Coco Guácimo »), a été tué. Un troisième individu, Jonathan Pérez Méndez, a été interpellé. Les forces de l’ordre ont saisi plusieurs armes de guerre – fusils d’assaut, pistolets – ainsi que des drones utilisés pour la surveillance des lieux. Le bilan des blessés policiers varie selon les sources : la presse locale fait état de cinq à huit agents touchés, dont l’un se trouvait toujours dans un état critique, d’après l’OIJ.
Celui que les autorités traquaient depuis près de dix ans faisait l’objet d’une prime de 500 000 dollars offerte par Washington. L’ambassade des États-Unis à San José a salué son arrestation, rappelant qu’Arias Monge était inculpé dans son pays pour trafic de stupéfiants, homicides aggravés, vols et blanchiment. Une demande d’extradition américaine pèse par ailleurs sur lui pour association de malfaiteurs en vue d’importer de la cocaïne depuis la Colombie. Selon la Drug Enforcement Administration (DEA), son réseau acheminait la drogue à travers le Nicaragua, le Honduras et le Guatemala jusqu’au Mexique, avec les États-Unis pour destination finale.
Cette arrestation intervient dans un climat d’insécurité croissante au Costa Rica, pays longtemps considéré comme le plus sûr d’Amérique centrale. Les homicides y ont fortement progressé, atteignant un taux de 16,8 pour 100 000 habitants en 2025, en grande partie attribué à la rivalité des groupes narcotrafiquants. Les médias centre-américains rappellent que « El Diablo » était en cavale depuis au moins 2016 et que son organisation utilisait les réseaux sociaux pour diffuser des images de meurtres en guise d’intimidation. La procédure judiciaire ne fait que commencer : Arias Monge doit être présenté à un juge, qui déterminera la suite des poursuites, au Costa Rica ou dans le cadre d’une extradition.
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