
Carences vitaminiques : ce fléau qui se fait passer pour la ménopause ou l'andropause
Plus de deux milliards de personnes manquent de vitamines, selon l'OMS, et leurs symptômes se confondent avec les troubles hormonaux liés à l'âge, poussant les cliniciens à réviser leurs grilles de diagnostic.
Plus de deux milliards d'individus souffrent de carences en micronutriments, alerte l'Organisation mondiale de la santé. Conséquence immédiate de cette ampleur inédite : un nombre croissant de praticiens, d'Asie du Sud-Est à l'Amérique latine, refusent de réduire la fatigue chronique, l'irritabilité, la baisse de libido ou les troubles cognitifs des quinquagénaires aux seuls bouleversements hormonaux de la ménopause ou de l'andropause. Ils privilégient désormais la recherche de déficits vitaminiques et métaboliques réversibles, redessinant ainsi la prise en charge du vieillissement.
Les vitamines du groupe B, soulignent des nutritionnistes argentins, sont emblématiques de ce basculement. Indispensables à la conversion des aliments en énergie, à la synthèse des globules rouges et au maintien du système nerveux, leur carence – notamment en B12 – se manifeste par un état de fatigue invalidant, des pertes de mémoire et une instabilité émotionnelle. En Indonésie, l'attention se porte sur la vitamine D, dont 90 % des besoins sont assurés par le soleil : selon les experts locaux, son déficit favorise la dépression, les douleurs osseuses et une immunité affaiblie.
La santé sexuelle offre un autre révélateur. Une publication ghanéenne rappelle que l'alcool et le cannabis, souvent perçus comme des stimulants de la libido, provoquent en réalité des troubles de la fonction sexuelle, allant de la dysfonction érectile à la sécheresse vaginale. Face à ces interactions, des gynécologues brésiliens militent pour une approche contextuelle de la ménopause : plutôt que d'incriminer systématiquement la chute œstrogénique, ils intègrent dans leurs bilans la ferritine, la protéine C-réactive et l'insuline, débusquant ainsi des déséquilibres traitables. Aux États-Unis, les traitements ciblant le désir féminin, comme la flibansérine (Addyi) ou la bremelanotide (Vyleesi), demeurent peu accessibles ou non homologués dans la plupart des autres pays, tandis que l'application locale de sildénafil reste au stade expérimental.
Cette orientation vers un diagnostic personnalisé, qui substitue au check-up systématique des examens guidés par les symptômes, constitue une inflexion majeure. Les prochaines étapes à surveiller concernent l'adoption de ces profils métaboliques par les autorités sanitaires, dont certaines expérimentations pilotes en Asie du Sud-Est et en Amérique latine commencent à mesurer l'efficacité. La convergence des observations venues de tous les continents invite à ne plus attribuer à la fatalité hormonale ce qui relève souvent d'une carence silencieuse.
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