
Brésil, Inde, Bangladesh : les nouvelles stratégies d’accès à l’enseignement supérieur et à l’emploi public
Du Sisu+ brésilien aux résultats de l’examen de la fonction publique indienne, en passant par l’extension des bourses au Bangladesh, les États réajustent leurs dispositifs de sélection et de soutien aux étudiants.
Le 15 juin a marqué un tournant dans l’accès à l’université publique au Brésil avec l’ouverture des inscriptions au Sisu+, étape complémentaire inédite du Système de sélection unifiée. Destiné à pourvoir les places restées vacantes après la phase régulière, ce nouveau mécanisme propose 9 436 places dans 532 formations réparties sur 34 établissements, principalement des universités et instituts fédéraux. Seuls peuvent postuler les candidats ayant passé l’Examen national du lycée (Enem) lors des trois dernières éditions et déjà inscrits au Sisu 2026. L’initiative, qui s’achève le 19 juin, illustre la volonté de Brasília de réduire le nombre de sélections propres aux institutions et d’optimiser le remplissage des cursus, même si des filières très demandées comme médecine, psychologie ou odontologie n’offrent cette fois aucune place. En parallèle, le ministère de l’Éducation a maintenu jusqu’au 15 juin l’adhésion des établissements privés au Fonds de financement étudiant (Fies) pour le second semestre, tandis que les futurs médecins devaient s’inscrire avant le 29 juin à l’Examen national d’évaluation de la formation médicale (Enamed), confirmant une logique de régulation tous azimuts.
En Inde, la Commission de la fonction publique (UPSC) a publié le même jour les résultats des épreuves préliminaires de l’examen d’entrée dans les services civils supérieurs. Sur 1 016 postes annoncés, 13 343 candidats ont été retenus pour l’épreuve principale, un chiffre en léger recul par rapport aux 14 161 admissibles de l’an dernier. Ce concours ultra-sélectif, qui ouvre les portes des prestigieux corps administratifs, diplomatiques et policiers, rappelle la centralité des grands concours républicains dans les traditions étatiques, à l’image de ce que connaissent la France ou plusieurs pays d’Afrique francophone. La baisse du nombre de qualifiés, dans un contexte de stabilité des postes offerts, pourrait signaler un resserrement des critères ou une préparation plus exigeante, reflet d’une compétition toujours plus vive pour intégrer la haute fonction publique.
Au Bangladesh, c’est une logique de soutien qui prévaut. Le Fonds d’aide à l’éducation de la Première ministre a prolongé jusqu’au 25 juin 2026 le dépôt des demandes de bourses pour les étudiants de première année de licence (pass) et des diplômes équivalents, inscrits dans les établissements relevant des universités de Dhaka, nationale et islamique arabique. Cette extension de onze jours vise à permettre aux élèves issus de familles financièrement fragiles de bénéficier d’une allocation, d’une exonération des frais de scolarité et d’autres avantages. Dans un pays où l’enseignement supérieur de masse reste tributaire de filets de protection publics, cette mesure s’inscrit dans une tendance observée de l’Asie du Sud à l’Afrique subsaharienne : utiliser les bourses conditionnelles pour élargir la base sociale des diplômés.
Au Brésil, la question de l’emploi public complète le tableau. L’État du Paraná a annoncé 20 240 postes vacants avec contrat formel dans ses agences pour l’emploi, tandis que le Rondônia a nommé plus d’un millier d’enseignants issus d’un concours de la Secrétariat à l’éducation ayant attiré 128 000 candidats. Ces chiffres rappellent que les politiques d’accès au savoir ne peuvent être dissociées des débouchés professionnels, surtout dans des régions où le secteur public demeure un recruteur majeur. La concomitance de ces annonces avec les réformes des sélections universitaires suggère une approche intégrée, encore rare, de la transition entre formation et insertion.
À l’échelle globale, ces actualités dessinent un paysage contrasté mais convergent. D’un côté, les pays émergents ou en développement expérimentent des dispositifs plus flexibles pour remplir les amphithéâtres et diversifier les profils étudiants, à l’image du Sisu+ brésilien ou des bourses bangladaises. De l’autre, les concours d’élite comme l’UPSC indien maintiennent des standards de sélection draconiens, rappelant que la méritocratie d’État reste un pilier des bureaucraties issues de la décolonisation. Pour les observateurs francophones – qu’ils soient européens, canadiens ou africains –, ces expériences offrent un miroir utile : elles interrogent la capacité des systèmes éducatifs à concilier massification, équité et excellence, dans un contexte où les ressources publiques sont partout sous tension.
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Le Brésil lance Sisu+, une phase complémentaire pour pourvoir les places vacantes dans les universités publiques, avec plus de 9 000 offres. Associée aux mises à jour du Fies et de l'Enamed, cette mesure vise à élargir l'accès à l'enseignement supérieur et aux carrières publiques, offrant une seconde chance aux candidats ayant déjà passé l'Enem. Le ministère de l'Éducation présente ce train de réformes comme une avancée pragmatique vers plus d'inclusion.
En Inde, l'UPSC a annoncé que 13 343 candidats ont réussi l'examen préliminaire des services civils, un peu moins que l'an dernier, pour plus d'un millier de postes. Au Bangladesh, le délai de candidature aux bourses du Prime Minister's Education Assistance Trust destinées aux étudiants de premier cycle défavorisés a été prolongé. Ces deux informations relèvent d'une gestion administrative routinière de l'accès aux études supérieures et à l'emploi public, sans tonalité triomphale.
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