
Attaque ukrainienne de drones sur Saint-Pétersbourg : le terminal pétrolier touché, Moscou promet des représailles
Une frappe massive de drones ukrainiens a visé les infrastructures pétrolières de la deuxième ville de Russie, suscitant des menaces de riposte et aggravant la crise énergétique russe.
Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 juillet 2026, une attaque de drones ukrainiens de grande ampleur a ciblé Saint-Pétersbourg et la région de Léningrad, touchant un terminal pétrolier dans le district de Kirovsky et le port de Vysotsk, selon les autorités russes. Le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov, a fait état d’une « attaque à grande échelle » et de la neutralisation de 72 drones par la défense aérienne, sans faire état de victimes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé les frappes, affirmant que les forces ukrainiennes avaient également atteint la base navale de Kronstadt, un objectif militaire situé à plus de 850 kilomètres de la frontière ukrainienne.
Du côté russe, le ministère de la Défense a annoncé avoir intercepté au total 494 drones et 10 missiles à longue portée dans plusieurs régions, promettant une « réponse appropriée » à ce qu’il qualifie de tentative d’endommager des infrastructures civiles. Les autorités ukrainiennes, quant à elles, présentent ces frappes comme des « sanctions à longue portée » visant à tarir les revenus pétroliers qui financent l’effort de guerre russe. Selon des analystes occidentaux, cette campagne de frappes en profondeur, intensifiée depuis le début de l’année, a déjà provoqué des pénuries de carburant dans plusieurs régions russes, entraînant des files d’attente aux stations-service et un embargo temporaire sur les exportations d’essence.
L’attaque a conduit la Finlande à restreindre temporairement le trafic maritime et aérien dans l’est du golfe de Finlande par mesure de précaution, illustrant les répercussions régionales de l’extension du conflit. En Russie même, la crise énergétique naissante met sous pression le récit officiel selon lequel la guerre n’affecte pas la vie quotidienne des citoyens. Le président Vladimir Poutine a reconnu publiquement l’existence de difficultés d’approvisionnement, tout en minimisant leur portée. Parallèlement, sur le front du Donbass, Moscou a revendiqué la prise de la ville de Kostiantynivka, un verrou stratégique sur la route de Kramatorsk et Sloviansk, ce que Kiev dément catégoriquement, dénonçant une « désinformation pure et simple ».
Cette escalade des frappes à distance intervient quelques jours après un bombardement russe sur Kiev qui a fait 30 morts, le plus meurtrier depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), la ligne de front est restée largement inchangée en juin, et l’annonce russe sur Kostiantynivka pourrait relever d’une opération d’information destinée à influencer l’opinion occidentale, notamment à l’occasion de la fête nationale américaine du 4 juillet. Le dossier reste ouvert : les deux parties maintiennent leurs positions, et les frappes réciproques sur les infrastructures critiques devraient se poursuivre, alimentant une guerre d’usure aux conséquences économiques et sociales croissantes.
Élargis ton regard
Funérailles de Khamenei : démonstration de force à Téhéran, le successeur Mojtaba reste invisible
10 langues · 42 sources
Depuis Economy & MarketsPétrole : l’OPEP+ poursuit le relèvement de sa production avec une hausse de 188 000 barils par jour en août
9 langues · 19 sources
Depuis TechnologyQuand l’intelligence artificielle se heurte aux résistances humaines et juridiques
2 langues · 7 sources