
Attaque meurtrière de Karachi : Islamabad accuse New Delhi et bombarde l'Afghanistan
Revendiquée par une faction talibane, l'attaque du QG des Rangers à Karachi tue au moins trois paramilitaires ; Islamabad accuse l'Inde et riposte par des frappes en Afghanistan.
Dans la soirée du samedi 27 juin, un commando armé a lancé un assaut contre le quartier général des Rangers du Sindh, une force paramilitaire pakistanaise, à Karachi. Selon les autorités pakistanaises, les assaillants auraient défoncé la porte principale avec un véhicule piégé avant d’ouvrir le feu et de lancer des grenades. L’affrontement, qui a duré près d’une heure et demie, a fait au moins trois paramilitaires et trois assaillants tués ; un autre militant, blessé, a été capturé. Le Jamaat-ul-Ahrar, une faction dissidente du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), a revendiqué l’attaque.
Dès le lendemain, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, en déplacement à Karachi, a accusé l’Inde d’utiliser des « proxys » pour déstabiliser le Pakistan – sans toutefois fournir de preuves. Dans la foulée, les services de renseignement pakistanais ont mené une opération terrestre dans le district de Bajaur (province du Khyber Pakhtunkhwa), tuant quatre militants dont un commandant jugé « de haute valeur ». Puis, selon Islamabad, des « frappes calibrées » ont visé trois caches du Jamaat-ul-Ahrar et d’autres groupes en territoire afghan, dans les provinces de Paktia, Paktika et Kunar, éliminant vingt-cinq combattants supplémentaires. De son côté, Kaboul a réitéré son démenti quant à l’utilisation du sol afghan pour des attaques transfrontalières.
New Delhi a rejeté « catégoriquement » ces allégations. Le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal, a qualifié les accusations de « sans fondement » et a exhorté Islamabad à « regarder en son propre sein », à démanteler les infrastructures terroristes sur son territoire et à renoncer à se servir du terrorisme comme instrument de politique d’État. Cette escalade verbale s’inscrit dans une longue histoire de défiance entre les deux puissances nucléaires, où chaque incident majeur alimente les récits antagonistes.
L’attaque de Karachi est la plus importante depuis l’explosion d’octobre 2024 visant un convoi chinois dans la ville, et elle illustre la recrudescence des violences attribuées au TTP et à ses alliés. Les tensions entre Islamabad et Kaboul se sont aggravées depuis le retour au pouvoir des talibans afghans en 2021, le Pakistan reprochant à ses voisins d’offrir un sanctuaire aux combattants du TTP – des accusations que l’Émirat islamique d’Afghanistan nie systématiquement. Dans ce contexte, les frappes pakistanaises répétées en territoire afghan, déjà dénoncées par le passé, pourraient accentuer la détérioration des relations bilatérales. Aucune réaction immédiate du gouvernement taliban n’avait été enregistrée, et Islamabad prévient qu’il ripostera à toute nouvelle attaque.
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L'Inde a catégoriquement rejeté les allégations du Pakistan concernant une implication dans l'attentat de Karachi, les qualifiant d'infondées. New Delhi a exhorté Islamabad à cesser de pointer les autres du doigt et à démanteler plutôt les réseaux terroristes opérant sur son propre territoire.
Un camp paramilitaire à Karachi a été attaqué par des militants, entraînant la mort de trois membres des forces de sécurité et de trois assaillants. Une faction dissidente des talibans pakistanais a revendiqué l'attaque. Les forces de sécurité ont déclaré avoir déjoué l'attaque et capturé un militant.
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