
Iran et Oman négocient la future gouvernance du détroit d’Ormuz
Téhéran et Mascate annoncent un groupe de travail conjoint sur les services maritimes et les coûts de passage, tout en réaffirmant la liberté de navigation, après l’accord Iran-États-Unis.
L’Iran et Oman ont annoncé, mardi 23 juin, la formation d’un groupe de travail conjoint chargé de discuter de l’administration future de la navigation dans le détroit d’Ormuz, des services maritimes qui y seront fournis et des coûts associés. Cette décision, officialisée dans un communiqué commun à l’issue de rencontres à Mascate entre le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et les plus hautes autorités omanaises, prévoit également des consultations avec les autres États riverains et les parties concernées. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, a précisé sur le réseau X que les deux pays s’engageaient à garantir un « passage sûr et sans péage », tout en soulignant leurs droits souverains sur leurs eaux territoriales.
Pour Téhéran, l’initiative s’inscrit dans l’exercice de ses droits souverains, en instaurant ce qu’il qualifie de « frais de services maritimes » – et non de péages – pour la traversée du détroit. Selon les déclarations de responsables iraniens relayées par les médias, ces frais entreraient en vigueur après une période de gratuité de soixante jours, stipulée dans le mémorandum d’entente signé la semaine précédente avec les États-Unis. Oman, qui partage la rive du détroit, adopte une position d’équilibre : tout en participant aux discussions sur les services et les coûts, Mascate insiste publiquement sur l’absence de péage et le respect du droit international, une manière de répondre aux vives critiques américaines. Washington, par la voix du président Donald Trump et du secrétaire au Trésor Scott Bessent, a menacé de « faire exploser » le sultanat et d’imposer des sanctions si un système de taxation était mis en place, rejetant toute entrave à la liberté de navigation.
La création de ce groupe de travail met en œuvre une clause du mémorandum Iran-États-Unis, qui prévoit des négociations avec les pays du Golfe sur la gestion future du détroit. Elle ouvre une fenêtre diplomatique de soixante jours sans prélèvement, durant laquelle les modalités doivent être définies. La distinction entre « frais de service » et « péage » pourrait offrir une issue juridique, mais le flou persiste quant à la nature exacte des coûts envisagés. La réouverture du détroit, après sa fermeture de facto par l’Iran en février à la suite des frappes américano-israéliennes, est directement liée à cet accord. Or, ce corridor stratégique voit transiter environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, ce qui place sa stabilité au cœur des préoccupations des marchés énergétiques internationaux, y compris pour les économies européennes dépendantes des importations.
Les pourparlers de Mascate s’inscrivent dans une dynamique diplomatique plus large, facilitée par le Pakistan et le Qatar, et incluant des discussions en Suisse. Les médiateurs ont salué des résultats « encourageants », évoquant une feuille de route de soixante jours vers un accord final et un mécanisme de sécurisation de la navigation commerciale. Riyad et Doha ont officiellement apporté leur soutien au processus. Le groupe de travail doit désormais engager des consultations avec les autres États riverains, tandis que la période de gratuité court. À son terme, si aucun compromis n’est trouvé, l’Iran a annoncé son intention d’appliquer les frais, ce qui pourrait raviver les tensions avec Washington et ses alliés.
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Après l'accord avec Washington, l'Iran a dépêché son négociateur en chef à Mascate pour discuter d'un nouveau cadre de gouvernance du détroit d'Ormuz. Les pourparlers avec Oman visent à garantir une navigation sûre et gratuite dans un couloir vital pour le commerce énergétique mondial. Ce développement marque une nouvelle phase de la diplomatie maritime régionale.
L'Iran et Oman élaborent conjointement un nouveau modèle de gouvernance pour le détroit d'Ormuz, en s'appuyant sur l'accord récent avec les États-Unis. La délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement Ghalibaf, mène des discussions de haut niveau pour gérer la voie navigable dans un esprit de bon voisinage. Cette initiative diplomatique souligne le rôle constructif de l'Iran dans la stabilité régionale.
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