
Angleterre-Argentine : aux origines d’une rivalité, l’expulsion de Rattin en 1966
De l’expulsion confuse du capitaine argentin à Wembley au « but du siècle » de Maradona, les confrontations entre les deux sélections ont forgé l’une des rivalités les plus âpres du football mondial.
Le 23 juillet 1966, en quart de finale de la Coupe du monde à Wembley, l’arbitre allemand Rudolf Kreitlein expulse le capitaine argentin Antonio Rattín pour « violence verbale », sans qu’aucun des deux ne comprenne la langue de l’autre. Rattín refuse de quitter le terrain, froisse un drapeau britannique sur un poteau de corner et s’assied sur le tapis rouge destiné à la reine. L’Angleterre l’emporte 1-0, mais le sélectionneur Alf Ramsey qualifie les Argentins d’« animaux », une insulte que Buenos Aires n’a jamais oubliée. Cet incident, que la presse argentine nomme « el robo del siglo » (le vol du siècle), conduit la FIFA à introduire les cartons jaune et rouge lors du Mondial suivant, en 1970.
Vingt ans plus tard, le quart de finale de 1986 à Mexico se déroule dans un climat alourdi par la guerre des Malouines, conclue quatre ans plus tôt par la défaite argentine. Diego Maradona ouvre le score de la main, un geste que l’arbitre tunisien Ali Bin Nasser valide faute d’avoir vu la faute, et que son assistant bulgare ne signale pas, les règlements de l’époque interdisant toute discussion. Maradona évoquera la « main de Dieu », avant d’inscrire dans la foulée un but d’anthologie après une course de soixante mètres, dribblant cinq Anglais. Dans son autobiographie, il affirmera que cette victoire 2-1 fut une revanche pour les soldats argentins tombés aux Malouines. Du côté britannique, on dénonce une tricherie ; en Argentine, on célèbre un triomphe de l’« underdog » sur l’ancienne puissance coloniale.
Les éditions suivantes ajoutent d’autres chapitres. En 1998, à Saint-Étienne, David Beckham est expulsé pour un coup de pied à Diego Simeone, qui admettra plus tard avoir tout fait pour le provoquer ; l’Angleterre, réduite à dix, s’incline aux tirs au but. En 2002, Beckham transforme un penalty décisif, offrant une victoire 1-0 en phase de groupes, mais l’Argentine est éliminée dès le premier tour. Chaque rencontre réactive les griefs historiques, comme en témoignent les chants anti-anglais entonnés par les joueurs argentins après leur quart de finale victorieux contre la Suisse en 2026, promettant une victoire « pour les Malvinas, pour Diego, pour la dernière de Leo ».
La demi-finale du 15 juillet 2026 à Atlanta oppose donc deux sélections dont l’histoire dépasse le cadre sportif. Le vainqueur rejoindra l’Espagne en finale, tandis que le perdant quittera le tournoi. Pour l’Argentine, il s’agit de défendre son titre ; pour l’Angleterre, de renouer avec une finale soixante ans après son unique sacre. Les médias des deux pays, tout en rappelant les épisodes douloureux, soulignent que ce match pourrait écrire une nouvelle page d’une rivalité où le football a souvent servi de prolongement symbolique aux tensions diplomatiques.
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.50 | critical |
| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
| Presse africaine subsaharienne | +0.20 | neutral |
The Latin American narrator sees the match as a continuation of historical injustices, siding with Argentina in its quest for redemption.
By highlighting the 1966 refereeing error and the 'Hand of God' controversy, a narrative of victimization is created that justifies the current rivalry.
Omits the 1962 match where England won without controversy, and the political context of the Falklands.
The Atlantic observer condemns the ugliness of the rivalry, taking a neutral but critical stance against both sides' misconduct.
By cataloguing a series of infamous incidents (Hand of God, Beckham's kick, Ramsey's comment), the narrative builds an image of inevitable conflict and moral decay.
Omits the political dimension of the Falklands/Malvinas and the emotional chants from Argentine fans, focusing only on on-field incidents.
The continental European reporter adopts a detached, technical tone, explaining the origin of the cards without taking sides.
By focusing on a single 1966 episode and its regulatory consequence, the rivalry is depoliticized and reduced to a matter of rules.
Omits the more famous episodes like the 1986 'Hand of God' and the political context of the Falklands, which would have made the narrative more emotional.
The sub-Saharan African narrator celebrates the iconic moments of the rivalry, particularly Maradona's genius, taking a slightly pro-Argentina stance.
By framing the rivalry through the lens of legendary performances and records, the narrative elevates the match to a historic spectacle, downplaying the bitterness.
Omits the controversial and violent aspects of the rivalry, such as the 1966 brawl and the political chants, focusing instead on footballing brilliance.
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