
Altitude, Viagra et insomnies : l'Angleterre à l'épreuve de l'Azteca
À la veille du huitième de finale face au Mexique, le sélectionneur anglais Thomas Tuchel a nié tout recours au Viagra pour contrer l'altitude de l'Estadio Azteca, où les supporteurs locaux mènent une guerre psychologique nocturne.
À la veille du huitième de finale de la Coupe du monde 2026 face au Mexique, le sélectionneur anglais Thomas Tuchel a dû parer une question pour le moins inattendue : ses joueurs avaient-ils recours au Viagra pour s’acclimater aux 2 240 mètres d’altitude de l’Estadio Azteca ? « Cette information ne m’est pas parvenue », a répondu l’Allemand, un sourire aux lèvres, avant d’asséner : « Ce n’est pas vrai. » À ses côtés, le milieu Jordan Henderson a plaisanté avec un flegme tout britannique : « Le Viagra, ça aide », avant de préciser qu’il blaguait. Cet échange surréaliste intervient alors que les supporteurs mexicains ont orchestré une bruyante guérilla nocturne autour de l’hôtel des Three Lions, klaxons et pétards à l’appui, pour priver les joueurs de sommeil – une tactique rodée, déjà employée contre l’Équateur au premier tour.
La rumeur n’a pourtant rien d’absurde sur le plan scientifique. Le sildénafil, principe actif du Viagra, agit comme vasodilatateur et faciliterait l’oxygénation en milieu hypoxique. Des études, notamment dans le cyclisme et les sports de montagne, ont exploré cette piste. L’Agence mondiale antidopage ne l’interdit pas, mais plusieurs experts estiment que son effet ne serait sensible qu’au-delà de 3 800 mètres. En tout état de cause, la presse britannique, à l’instar du tabloïd The Sun, a largement relayé l’hypothèse, incitant les médias du monde entier à interroger Tuchel. Du Brésil à l’Indonésie, en passant par l’Italie et l’Espagne, l’anecdote a fait florès, mêlant ironie et curiosité pour les défis physiologiques de l’altitude.
Car le véritable adversaire de l’Angleterre reste le stade Azteca, forteresse où le Mexique n’a perdu que deux de ses 89 rencontres officielles, la dernière fois en 2013. L’altitude, le public et l’acclimatation express – les Anglais ne sont arrivés que deux jours avant le match – constituent un triple handicap. Les médias latino-américains soulignent que Tuchel a étudié minutieusement le « Tri » et affiché son respect, tandis que les commentateurs européens rappellent qu’aucune sélection du Vieux Continent ne s’est jamais imposée dans cette enceinte. Le technicien allemand a d’ailleurs confié avoir lui-même ressenti des maux de tête et des troubles du sommeil.
Au-delà des plaisanteries pharmacologiques, ce huitième de finale ravive le souvenir amer de 1986, lorsque l’Angleterre fut éliminée au même stade par l’Argentine de Maradona et sa « main de Dieu ». Tuchel a écarté toute idée de revanche, insistant sur le défi présent. Le vainqueur affrontera le gagnant de Brésil-Norvège en quarts de finale, et l’Angleterre, malgré une qualification poussive face à la RD Congo, compte sur son expérience pour briser la malédiction de l’Azteca.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 5 langues
The Indian press presents the Viagra story as a scientific matter, explaining the altitude benefits, but also as a news item about Mexican fans disturbing the team's sleep. There is no alarm, but a balanced description of both sides.
The European continental press swings between sensational headlines suggesting a 'little help' and balanced articles that debunk the hoax with irony and scientific bases. The focus is on the debate rather than the facts.
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