
Afrique de l’Ouest : la presse indépendante menacée par l’asphyxie financière et l’IA
Lors d’un sommet à Accra, le Centre pour l’innovation et le développement du journalisme a annoncé un plan de soutien aux rédactions, tandis que le Ghana prépare une loi contre la désinformation.
Réuni à Accra pour son premier sommet sur les médias, le Centre pour l’innovation et le développement du journalisme (CJID) a dévoilé une série d’initiatives destinées à renforcer les rédactions indépendantes en Afrique de l’Ouest, confrontées à une double pression : l’assèchement des financements des bailleurs de fonds et la sophistication des campagnes de désinformation pilotées par l’intelligence artificielle. L’organisation a annoncé l’extension de ses programmes de soutien au journalisme d’investigation et au reportage environnemental au Ghana, au Nigeria, en Gambie, au Liberia et en Sierra Leone, ainsi que la mise en place d’un centre dédié aux technologies numériques et à l’intégrité de l’information. Des journalistes ont déjà été formés aux outils d’enquête en sources ouvertes et à la vérification de contenus manipulés, et leurs premières productions sont attendues dans les prochains jours.
Du côté des acteurs ouest-africains, le directeur exécutif du CJID, Babatunde Akintunde, a justifié ces mesures par la nécessité de permettre aux petits médias de « répondre au défi du rétrécissement des financements » et de continuer à produire des enquêtes d’intérêt public. La porte-parole adjointe de la présidence ghanéenne, Shamima Muslim, a pour sa part qualifié le journalisme d’« infrastructure démocratique », le comparant aux routes ou aux hôpitaux, et a averti que la mésinformation et la désinformation figuraient désormais parmi les plus graves menaces pour la démocratie dans la région. S’appuyant sur le Rapport sur les risques mondiaux 2025 du Forum économique mondial et sur une enquête de l’Institut Reuters indiquant que 73 % des Africains redoutent de ne pas distinguer le vrai du faux en ligne, elle a plaidé pour une collaboration accrue entre gouvernements, journalistes et plateformes technologiques.
Les mises en garde venues d’Accra font écho aux préoccupations exprimées au niveau international. À Kuala Lumpur, la Secrétaire générale adjointe des Nations unies pour la communication globale, Melissa Fleming, a décrit un « paysage informationnel toxique » où l’intelligence artificielle générative permet aux diffuseurs de fausses informations de produire à grande échelle des contenus nuisibles. Un rapport préliminaire d’un groupe scientifique mandaté par l’ONU, présenté à Genève et cité par le quotidien suisse Le Temps, avertit que l’IA peut « éroder la réalité commune », les deepfakes ayant décuplé en un an et chaque citoyen étant exposé quotidiennement à plus de dix tentatives de manipulation en ligne. Ces analyses soulignent que la défiance ne porte plus seulement sur les contenus, mais aussi sur les institutions et ceux qui œuvrent pour l’intérêt général.
Face à ce constat, le gouvernement ghanéen a confirmé poursuivre l’examen d’un projet de loi sur la mésinformation, la désinformation et les discours de haine, tout en assurant vouloir préserver la liberté de la presse – le pays est passé de la 52e à la 39e place au classement mondial de la liberté de la presse. La porte-parole a insisté sur une révision article par article du texte, menée en concertation avec les parties prenantes, afin de concilier sécurité publique et libertés constitutionnelles. Le sommet du CJID, appelé à devenir un rendez-vous biennal, a également marqué les sept ans de Dubawa Ghana, une plateforme de fact-checking devenue un acteur de référence dans la lutte pour l’intégrité de l’information en Afrique de l’Ouest.
| Presse africaine subsaharienne | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
Nous, en Afrique de l'Ouest, reconnaissons la menace sérieuse de la désinformation alimentée par l'IA pour nos démocraties, mais nous prenons des mesures proactives grâce à l'autonomisation des médias et au journalisme d'investigation. Le sommet CJID montre notre détermination collective.
En citant des initiatives spécifiques et le soutien gouvernemental, le récit ancre la menace dans des actions locales, la rendant gérable et la réponse crédible.
Le bloc omet la dimension mondiale de la désinformation alimentée par l'IA et le lien avec les conflits armés, se concentrant uniquement sur les institutions démocratiques ouest-africaines et les réponses médiatiques.
L'IA mène une guerre cognitive contre notre réalité partagée. Le rapport de l'ONU confirme que les deepfakes et la désinformation érodent la démocratie à l'échelle mondiale, et nous devons sonner l'alarme avant qu'il ne soit trop tard.
En invoquant un rapport de l'ONU et en utilisant des métaphores dramatiques comme 'champ de mines' et 'érosion de la réalité', le récit universalise la menace et crée un sentiment d'inévitabilité.
Le bloc omet la spécificité régionale de l'Afrique de l'Ouest et les initiatives concrètes d'autonomisation des médias, présentant la menace comme une guerre cognitive universelle sans contre-mesures locales.
L'IA accélère les conflits mondiaux à des niveaux records. La fragmentation géopolitique et l'infrastructure belliqueuse alimentée par l'IA sont alarmantes, et nous devons faire face à cette nouvelle réalité.
En reliant l'IA directement aux niveaux records de conflit et à la fragmentation géopolitique, le récit utilise une chaîne causale qui fait apparaître l'IA comme un moteur direct de la violence.
Le bloc omet les dimensions démocratiques et informationnelles de la désinformation sur l'IA, la présentant uniquement comme un moteur de conflit armé et de fragmentation géopolitique.
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