
À Venise, le cinéma d’auteur et la nostalgie pop se partagent l’affiche
Tandis que la Mostra révèle une sélection indépendante et internationale, les groupes mythiques de la pop continuent de faire vibrer leurs fans entre rumeurs et souvenirs.
Jeudi 23 juillet, à Dacca, il est 15h35 lorsque le nom de Rubaiyat Hossain retentit dans le palais du cinéma de Venise. La réalisatrice bangladaise apprend que son quatrième long-métrage, « The Difficult Bride », vient d’être retenu dans la section Orrizonti de la Mostra, une première pour le Bangladesh dans une compétition officielle de ce festival doyen. Quelques jours plus tôt, on lui avait seulement murmuré que son film « plaisait » aux programmateurs. Depuis son domicile, où elle a tourné après la mort de son père, elle se souvient avoir pensé à un « voyage personnel », jamais à une telle reconnaissance.
Avec cette 83e édition, qui se tiendra du 2 au 12 septembre, le festival présidé par Alberto Barbera affiche une tonalité indépendante. Hollywood, qui avait essuyé des critiques après l’accueil glacial de Joker 2 en 2024, s’est fait plus discret, laissant la place à un cinéma d’auteur venu de tous les continents. En compétition pour le Lion d’or, on retrouve aussi bien le Britannique Danny Boyle que l’Iranien Ali Asgari, l’Américain Casey Affleck que le Sud-Coréen Hirokazu Kore-eda, signe d’une cartographie cinématographique qui ne se limite plus aux centres traditionnels. Dans la section Orrizonti, le réalisateur iranien Mohsen Gharaei présentera « The Caretaker », tandis que le documentaire s’invite en force, notamment avec un film sur le milliardaire Elon Musk et un autre, « Be Brave », presque entièrement réalisé à l’aide de l’intelligence artificielle.
Mais Venise sait aussi que le glamour et les musiques populaires attirent les foules. La projection de « Don't Look Back in Anger », documentaire sur la tournée de retrouvailles d’Oasis, promet de faire descendre les frères Gallagher sur le tapis rouge. Ce clin d’œil à la pop britannique résonne avec une actualité musicale chargée de nostalgie. Le même jour, Louis Tomlinson, ex-membre des One Direction, célébrait sur le réseau X les seize ans du boys band, adressant une pensée émue à Liam Payne, décédé en 2024. Lui aussi passe la journée à « écouter les tubes » du groupe, tandis que Harry Styles, en tournée au Mexique, égrène dans ses concerts les clins d’œil à ses anciens compagnons. Pendant ce temps, Liam Gallagher douche les espoirs d’un nouvel album d’Oasis, avouant ne pas être « prêt à encaisser les critiques » si le disque ne se vendait pas à cent millions d’exemplaires à la première heure.
Cette vague de souvenirs ne se limite pas aux seuls groupes anglo-saxons. La presse suédoise annonce que Destiny’s Child, le trio de R&B mené par Beyoncé, s’apprête à sortir une dizaine de remixes inédits, les premiers en vingt ans. Ici comme ailleurs, la frontière entre retour véritable et opération nostalgique est savamment entretenue, nourrie par des fans qui, sur les réseaux sociaux, réclament toujours plus de retrouvailles. À Venise, la magie du cinéma opère peut-être de la même manière : en projetant sur grand écran les conflits fraternels des Gallagher, le festival rappelle que les mythes pop, comme les films d’auteur, se construisent souvent sur des histoires inachevées.
| Presse latino-américaine | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.70 | aligned |
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
| Presse iranienne et apparentée | +0.10 | neutral |
The Venice festival embraces independent cinema and pop nostalgia, celebrating a cultural moment where audiences seek new voices and comforting memories.
By presenting disparate events (Harry Styles, Oasis, independent cinema) as manifestations of a single cultural trend, the bloc creates an impression of coherence and inevitability.
The focus on industry and nostalgia overlooks specific national representations, such as Iranian and Bengali films.
Bengali cinema makes its historic entry in Venice, proving that local talent deserves a global stage.
By focusing on a single national film and presenting it as a historic first, the discourse transforms a single event into a symbol of national vindication.
The broader festival context and other competing films are omitted to focus on the single national film.
Rumors of new albums are denied, while old hits are revived through remixes: the festival is just a backdrop for music news.
By selecting only the most controversial or nostalgic music news and ignoring the film programming, the focus is shifted from the festival to music.
The festival's film programming is completely absent, replaced by music news.
The Venice film list is complete and includes Iranian works, confirming the festival's role as a global showcase.
The mere enumeration of titles, with special emphasis on Iranian entries, builds an image of participation and international recognition.
The narrative of a paradigm shift towards independent cinema and pop nostalgia, present in other readings, is ignored.
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