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Société & Culturemercredi 24 juin 2026

À Saint-Pétersbourg, un manuel russe « pratique » ; à Dubaï, des examens électroniques

Tandis que la Russie dévoilait un nouveau manuel d’éducation civique taillé pour un « tournant idéologique », les Émirats lançaient leurs épreuves numériques, le Bangladesh décalait ses dates et l’Iran reportait ses examens pour un deuil national.

Dans une salle du Forum juridique international de Saint-Pétersbourg, le 24 juin, le conseiller présidentiel Vladimir Medinski a brandi un volume relié, flanqué du ministre de l’Éducation Sergueï Kravtsov. Le manuel de sciences sociales destiné aux élèves de 9e et 10e années venait d’être présenté à l’assistance. Kravtsov a salué un cours « appliqué, très calibré », rompant avec un enseignement qu’il jugeait « abstrait et pas assez intéressant ». Medinski, lui, a tenu à nommer le « brillant rédacteur en chef » de l’ouvrage : Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité, également qualifié de « juriste renommé ». La députée Irina Iarovaïa, qui avait lu le texte en avant-première, a confié l’avoir parcouru « avec un grand intérêt professionnel et un plaisir humain », tant les « sens clés » y étaient, selon elle, exprimés dans une langue simple et compréhensible.

Ce même jour, à des milliers de kilomètres de là, les élèves des écoles publiques et privées de Dubaï allumaient leurs ordinateurs portables pour le coup d’envoi des examens de fin d’année. Le ministère émirati de l’Éducation avait multiplié les réunions préparatoires avec les équipes pédagogiques et les comités d’examen, vérifiant la stabilité des infrastructures techniques et la disposition des salles. Les consignes insistaient sur un environnement « calme et soutenant », tandis qu’il était interdit aux enseignants de lire les questions à voix haute. Les familles, destinataires d’une campagne intitulée « La famille qui soutient, premier partenaire de la réussite », étaient invitées à organiser des plages de révision équilibrées, à garantir le sommeil des adolescents et à éviter toute pression psychologique. La triche facilitée par un adulte était qualifiée de « faute grave » passible de sanctions disciplinaires.

Pendant ce temps, d’autres systèmes éducatifs s’adaptaient à des impondérables. Au Bangladesh, la Direction de l’enseignement secondaire et supérieur a repoussé de quelques jours les examens semestriels et pré-sélectifs de tous les établissements, publics comme privés, en invoquant des « raisons inévitables » : les épreuves, initialement prévues du 28 juin au 13 juillet, débuteraient finalement le 1er juillet pour s’achever le 16. En Iran, l’université Shahid Beheshti de Téhéran a annoncé le report de l’ensemble de ses examens de fin de second semestre de deux semaines, en raison de la concomitance de deux événements : la cérémonie d’adieu au « leader combattant martyr de la Révolution islamique » et la tenue du concours national de master. Les étudiants étaient priés de revoir leur planning en conséquence.

Au Brésil, le ministère de l’Éducation a rendu publics les résultats par école de l’Examen national du lycée (Enem) 2025, dont la dissertation portait sur les « perspectives du vieillissement dans la société brésilienne ». Les données brutes, accessibles à tout citoyen sur le portail de l’Institut national d’études et de recherches pédagogiques, permettent de consulter les moyennes par discipline et par établissement, à condition que plus de dix élèves s’y soient présentés. Cette transparence, inscrite dans les lois brésiliennes, offre aux familles un outil de comparaison, tout en rappelant que le nom commercial d’une école peut différer de son enregistrement officiel.

La Russie, elle, ne s’est pas contentée de dévoiler un manuel. Le ministre Kravtsov a annoncé que le contenu de l’examen d’État unifié (EGE) de sciences sociales serait modifié d’ici deux ans, une fois que les élèves auront achevé leur scolarité selon les nouveaux programmes. D’ici là, la matière, réduite de six à trois années d’étude, ne sera plus enseignée qu’à partir de la 9e classe, les heures libérées étant reversées à l’histoire – une bascule que le recteur de l’Institut d’État des relations internationales de Moscou a défendue en plaidant pour un EGE d’histoire obligatoire dans les filières humanistes. Parallèlement, le Service fédéral de supervision de l’éducation a indiqué qu’un EGE d’arabe ne verrait pas le jour avant 2033, le temps de créer des standards, des manuels et de former des enseignants, alors que des universités pédagogiques de Tchétchénie, du Daghestan et du Bachkortostan préparent déjà des professeurs. Le nouveau manuel de sciences sociales, lui, s’ouvre sur un chapitre consacré aux « valeurs traditionnelles » – vie, dignité, patriotisme, famille solide, mémoire historique – et consacre plusieurs pages à la critique des élites occidentales, accusées de saper ces valeurs pour se maintenir au pouvoir, ainsi qu’aux notions de « désinformation » et de « guerre informationnelle ». Une image finale s’impose : celle d’un volume scolaire dont la couverture affiche, parmi ses cinq grandes parties, un intitulé qui sonne comme une promesse – « La Russie en route vers l’avenir ».

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse iranienne et apparentéePresse russe et CEI
Presse iranienne et apparentée/ Régime
PragmatismeDétachement

En Iran, les examens universitaires ont été reportés pour permettre la participation aux funérailles d'un leader révolutionnaire, mêlant devoir politique et tradition. L'avis officiel de l'université justifie ce report par des événements nationaux et logistiques, sans ton polémique.

Presse russe et CEI/ État
TriomphePragmatisme

En Russie, le ministère de l'Éducation a présenté de nouveaux manuels de sciences sociales comme un triomphe de contenu pratique et aligné sur l'État, tout en annonçant de futurs changements à l'examen national. Le récit met l'accent sur la modernisation et l'ancrage patriotique, ignorant toute perturbation mondiale due à des funérailles politiques.

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mercredi 24 juin 2026

À Saint-Pétersbourg, un manuel russe « pratique » ; à Dubaï, des examens électroniques

Tandis que la Russie dévoilait un nouveau manuel d’éducation civique taillé pour un « tournant idéologique », les Émirats lançaient leurs épreuves numériques, le Bangladesh décalait ses dates et l’Iran reportait ses examens pour un deuil national.

Dans une salle du Forum juridique international de Saint-Pétersbourg, le 24 juin, le conseiller présidentiel Vladimir Medinski a brandi un volume relié, flanqué du ministre de l’Éducation Sergueï Kravtsov. Le manuel de sciences sociales destiné aux élèves de 9e et 10e années venait d’être présenté à l’assistance. Kravtsov a salué un cours « appliqué, très calibré », rompant avec un enseignement qu’il jugeait « abstrait et pas assez intéressant ». Medinski, lui, a tenu à nommer le « brillant rédacteur en chef » de l’ouvrage : Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité, également qualifié de « juriste renommé ». La députée Irina Iarovaïa, qui avait lu le texte en avant-première, a confié l’avoir parcouru « avec un grand intérêt professionnel et un plaisir humain », tant les « sens clés » y étaient, selon elle, exprimés dans une langue simple et compréhensible.

Ce même jour, à des milliers de kilomètres de là, les élèves des écoles publiques et privées de Dubaï allumaient leurs ordinateurs portables pour le coup d’envoi des examens de fin d’année. Le ministère émirati de l’Éducation avait multiplié les réunions préparatoires avec les équipes pédagogiques et les comités d’examen, vérifiant la stabilité des infrastructures techniques et la disposition des salles. Les consignes insistaient sur un environnement « calme et soutenant », tandis qu’il était interdit aux enseignants de lire les questions à voix haute. Les familles, destinataires d’une campagne intitulée « La famille qui soutient, premier partenaire de la réussite », étaient invitées à organiser des plages de révision équilibrées, à garantir le sommeil des adolescents et à éviter toute pression psychologique. La triche facilitée par un adulte était qualifiée de « faute grave » passible de sanctions disciplinaires.

Pendant ce temps, d’autres systèmes éducatifs s’adaptaient à des impondérables. Au Bangladesh, la Direction de l’enseignement secondaire et supérieur a repoussé de quelques jours les examens semestriels et pré-sélectifs de tous les établissements, publics comme privés, en invoquant des « raisons inévitables » : les épreuves, initialement prévues du 28 juin au 13 juillet, débuteraient finalement le 1er juillet pour s’achever le 16. En Iran, l’université Shahid Beheshti de Téhéran a annoncé le report de l’ensemble de ses examens de fin de second semestre de deux semaines, en raison de la concomitance de deux événements : la cérémonie d’adieu au « leader combattant martyr de la Révolution islamique » et la tenue du concours national de master. Les étudiants étaient priés de revoir leur planning en conséquence.

Au Brésil, le ministère de l’Éducation a rendu publics les résultats par école de l’Examen national du lycée (Enem) 2025, dont la dissertation portait sur les « perspectives du vieillissement dans la société brésilienne ». Les données brutes, accessibles à tout citoyen sur le portail de l’Institut national d’études et de recherches pédagogiques, permettent de consulter les moyennes par discipline et par établissement, à condition que plus de dix élèves s’y soient présentés. Cette transparence, inscrite dans les lois brésiliennes, offre aux familles un outil de comparaison, tout en rappelant que le nom commercial d’une école peut différer de son enregistrement officiel.

La Russie, elle, ne s’est pas contentée de dévoiler un manuel. Le ministre Kravtsov a annoncé que le contenu de l’examen d’État unifié (EGE) de sciences sociales serait modifié d’ici deux ans, une fois que les élèves auront achevé leur scolarité selon les nouveaux programmes. D’ici là, la matière, réduite de six à trois années d’étude, ne sera plus enseignée qu’à partir de la 9e classe, les heures libérées étant reversées à l’histoire – une bascule que le recteur de l’Institut d’État des relations internationales de Moscou a défendue en plaidant pour un EGE d’histoire obligatoire dans les filières humanistes. Parallèlement, le Service fédéral de supervision de l’éducation a indiqué qu’un EGE d’arabe ne verrait pas le jour avant 2033, le temps de créer des standards, des manuels et de former des enseignants, alors que des universités pédagogiques de Tchétchénie, du Daghestan et du Bachkortostan préparent déjà des professeurs. Le nouveau manuel de sciences sociales, lui, s’ouvre sur un chapitre consacré aux « valeurs traditionnelles » – vie, dignité, patriotisme, famille solide, mémoire historique – et consacre plusieurs pages à la critique des élites occidentales, accusées de saper ces valeurs pour se maintenir au pouvoir, ainsi qu’aux notions de « désinformation » et de « guerre informationnelle ». Une image finale s’impose : celle d’un volume scolaire dont la couverture affiche, parmi ses cinq grandes parties, un intitulé qui sonne comme une promesse – « La Russie en route vers l’avenir ».

Divergence des sources

Société & Culture · 3 sources · 1 langue

24%Faible

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

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Neutre14%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse iranienne et apparentéePresse russe et CEI
Presse iranienne et apparentée/ Régime
PragmatismeDétachement

En Iran, les examens universitaires ont été reportés pour permettre la participation aux funérailles d'un leader révolutionnaire, mêlant devoir politique et tradition. L'avis officiel de l'université justifie ce report par des événements nationaux et logistiques, sans ton polémique.

Presse russe et CEI/ État
TriomphePragmatisme

En Russie, le ministère de l'Éducation a présenté de nouveaux manuels de sciences sociales comme un triomphe de contenu pratique et aligné sur l'État, tout en annonçant de futurs changements à l'examen national. Le récit met l'accent sur la modernisation et l'ancrage patriotique, ignorant toute perturbation mondiale due à des funérailles politiques.

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