
À Beyrouth, le nouveau pouvoir syrien écarte toute intervention et tend la main au Hezbollah
La visite du ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Shibani, a abouti à la signature d’un accord de coopération et à des assurances de non-ingérence, tout en laissant la porte ouverte à un dialogue avec le parti chiite.
La visite officielle à Beyrouth, le 10 juillet 2025, du ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Shibani, a marqué la première incursion diplomatique d’envergure du nouveau pouvoir de Damas au Liban. Reçu par le président Joseph Aoun, le premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri, M. al-Shibani a signé un accord instituant une commission suprême conjointe syro-libanaise, destinée à encadrer la coopération bilatérale dans les domaines politique, économique, sécuritaire et culturel. Selon des sources proches de la présidence libanaise, cette visite visait avant tout à dissiper les craintes d’une intervention syrienne au Liban, alimentées par des déclarations du président américain Donald Trump évoquant un possible rôle des forces syriennes face au Hezbollah.
Face à ces spéculations, le chef de la diplomatie syrienne a affirmé que son pays n’avait « aucune intention d’intervenir militairement au Liban », tout en se déclarant prêt à rencontrer le Hezbollah « si l’intérêt mutuel l’exige ». Cette position, rapportée par l’agence de presse officielle libanaise, a été interprétée par des analystes politiques libanais comme une tentative de ne pas apparaître comme un acteur partisan dans le paysage libanais, tout en ménageant une relation avec un parti qui fut un allié de l’ancien régime de Bachar al-Assad. Du côté libanais, le président Aoun a défendu l’accord-cadre négocié avec Israël, estimant qu’il ne contredisait pas les droits et constantes du Liban et que la négociation constituait « l’option la plus sûre et la moins coûteuse » après les pertes subies. Il a également souligné la nécessité de préserver le soutien américain, européen et des pays du Golfe à ce processus.
La visite s’inscrit dans un contexte régional délicat. D’après des responsables américains cités par la presse, Washington aurait encouragé Damas à envisager un déploiement dans l’est du Liban pour contribuer au désarmement du Hezbollah, une hypothèse que les nouvelles autorités syriennes ont rejetée. Pour les gouvernements européens, qui suivent de près la stabilisation du Liban, l’initiative syrienne est perçue comme un test de la volonté de Damas de rompre avec l’héritage de tutelle de l’ère Assad, marquée par près de trois décennies d’occupation militaire et d’ingérence politique. La création de la commission suprême conjointe est ainsi présentée par les deux capitales comme un mécanisme institutionnel destiné à garantir des relations d’égal à égal, fondées sur le respect de la souveraineté et la non-ingérence.
La dynamique enclenchée par cette visite devrait se poursuivre avec une invitation adressée au président Aoun à se rendre à Damas, selon des sources diplomatiques libanaises. Parallèlement, les négociations libano-israéliennes, menées sous médiation américaine, restent au cœur des préoccupations, alors que le Hezbollah continue de conditionner son désarmement à un retrait israélien complet. La commission suprême syro-libanaise, dont la première réunion n’a pas encore été annoncée, sera observée comme un indicateur de la capacité des deux États à transformer les déclarations d’intention en coopération concrète, dans un environnement où les mémoires de l’ingérence syrienne restent vives.
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La visite du ministre syrien des Affaires étrangères à Beyrouth a dissipé les craintes infondées d'une ingérence syrienne au Liban. Damas se dit prêt à rencontrer le Hezbollah si cela sert les intérêts mutuels, signalant une approche pragmatique des relations régionales. La nouvelle direction syrienne recherche des relations respectueuses fondées sur la non-ingérence.
La visite du ministre syrien est porteuse de multiples messages, notamment concernant le Hezbollah et l'accord libano-israélien. Alors que les déclarations officielles mettent l'accent sur la souveraineté, les analystes préviennent que Damas pourrait encore être empêtré dans l'agenda du Hezbollah. Ce déplacement est perçu comme un test de la nouvelle posture syrienne envers son voisin.
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