
Yoane Wissa, de l’attaque à l’acide au premier but congolais en Coupe du monde
Auteur du premier but de la RD Congo en phase finale de Coupe du monde, l’attaquant de Newcastle incarne un destin de résilience, entre drame personnel et message de paix pour l’est du pays.
Mercredi 17 juin 2026, à Houston, Yoane Wissa est entré dans l’histoire du football africain. D’une tête puissante sur un centre d’Arthur Masuaku, l’attaquant de Newcastle a égalisé face au Portugal (1-1) et offert à la République démocratique du Congo son tout premier but en phase finale de Coupe du monde. Cinquante-deux ans après l’unique participation du pays – alors le Zaïre – au Mondial 1974, où il n’avait pas trouvé le chemin des filets, ce moment a brisé une longue attente et suscité une liesse immense, de Kinshasa aux diasporas européennes. La presse latino-américaine, de Buenos Aires à São Paulo, a salué l’exploit d’un joueur dont le parcours dépasse la simple épopée sportive.
Ce but historique couronne une trajectoire personnelle marquée par la tragédie. En 2021, alors qu’il évoluait au FC Lorient, en Bretagne, Yoane Wissa a été victime d’une agression à l’acide à son domicile. Une femme, se présentant comme une supportrice, lui a jeté du liquide corrosif au visage, manquant de le rendre aveugle, avant de tenter d’enlever sa fille nouveau-née. L’attaquant a survécu, mais l’épisode a laissé des cicatrices physiques et psychologiques profondes. Comme le rappellent les médias argentins et brésiliens, cette résilience trouve ses racines bien plus tôt : à 16 ans, encore adolescent dans les divisions de jeunes de Châteauroux, Wissa avait déjà pris son destin en main en contactant la fédération congolaise via Facebook pour demander une convocation en sélection nationale.
Né en France de parents congolais, Yoane Wissa a connu un parcours atypique. D’abord gardien de but à l’âge de sept ans dans un club de la banlieue parisienne, il est passé milieu de terrain avant de se fixer en attaque. Après des débuts professionnels à Châteauroux, il a rejoint Angers, puis Lorient, où l’attaque à l’acide a failli interrompre sa carrière. Transféré à Brentford, en Angleterre, il a ensuite signé à Newcastle, où il évolue aujourd’hui en Premier League. Le message Facebook de 2013, longtemps resté sans réponse, a finalement abouti à sa première sélection, faisant de lui un symbole de persévérance pour la jeunesse congolaise.
Au-delà du sport, Wissa a saisi l’occasion pour porter un message politique. Après la rencontre, il a évoqué la guerre qui déchire l’est de la RD Congo, soulignant la souffrance d’un peuple qui « travaille beaucoup » et aspire à la paix. Ce geste, relayé par les télévisions brésiliennes, inscrit son but dans une dimension plus large : celle d’un pays meurtri par des décennies de conflits, où le football devient un vecteur d’espoir. Alors que la Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, se poursuit, la RD Congo peut désormais compter sur un héros inattendu, dont le parcours illustre la capacité du sport à transcender les drames individuels et collectifs.
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La presse latino-américaine présente Wissa comme un héros qui a surmonté le cauchemar d'une attaque à l'acide pour marquer le premier but historique du Congo en Coupe du monde, gâchant les débuts de Cristiano Ronaldo. Le récit met l'accent sur son incroyable parcours personnel, depuis sa demande de convocation sur Facebook jusqu'à devenir un symbole de résilience.
La presse continentale européenne rapporte l'histoire de Wissa avec un détachement mesuré, en notant l'attaque à l'acide dramatique et son but historique contre le Portugal. Elle présente les faits de sa résilience et du résultat footballistique sans parti pris émotionnel manifeste.
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