
Washington menace d’imposer des droits de douane de 100 % sur les acheteurs de pétrole russe
Un projet de loi bipartisan au Sénat américain, porté par la mémoire du sénateur Lindsey Graham, cible la Chine, l’Inde et trois autres pays pour leurs importations d’hydrocarbures russes.
Plus de soixante sénateurs américains, républicains et démocrates, ont apporté leur soutien à une version révisée du « Sanctioning Russia Act of 2026 », un texte qui autoriserait l’administration Trump à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes. Selon les promoteurs du projet, les pays visés sont la Chine, l’Inde, la Slovaquie, la Hongrie et l’Azerbaïdjan. Le même mécanisme tarifaire s’appliquerait aux cinq États jugés les plus actifs dans le contournement des sanctions énergétiques contre Moscou. Le projet, rebaptisé en hommage au sénateur Lindsey Graham décédé subitement le 12 juillet, a gagné une dynamique nouvelle au Congrès, le président Donald Trump ayant indiqué être prêt à le signer tout en conservant un pouvoir de suspension des mesures.
La proposition législative, présentée par le sénateur démocrate Richard Blumenthal, prévoit également un train de sanctions contre la direction politique russe, la banque centrale, les principales institutions financières comme Sberbank et VTB, ainsi que les projets de gaz naturel liquéfié en Arctique. Elle cible en outre la « flotte fantôme » utilisée pour transporter le brut russe en contournant les restrictions occidentales. D’après les sénateurs, le taux final des tarifs serait déterminé par le Représentant américain au commerce et réévalué tous les cent quatre-vingts jours. Le texte exempte les pays dont les importations de gaz russe représentent moins de 15 % des exportations gazières totales de la Russie, à condition qu’ils réduisent significativement leur dépendance – une clause qui, selon les commentateurs européens, protège la plupart des alliés de Washington tout en maintenant la pression sur Pékin et New Delhi.
Du côté indien, le porte-parole du ministère des Affaires extérieures a déclaré que New Delhi suivait de près l’évolution du dossier, tout en rappelant que l’Inde s’approvisionne en pétrole brut auprès de multiples fournisseurs en fonction de ses besoins énergétiques. Les importations indiennes de brut russe ont atteint un niveau record en juin, représentant environ 36 % des exportations russes pour une valeur de 4,5 milliards d’euros, selon le Centre for Research on Energy and Clean Air. Dans les milieux financiers russes, les analystes de la banque d’investissement Sinara jugent peu probable une application automatique des tarifs, estimant que le président américain dispose d’une marge de manœuvre et qu’il serait difficile de remplacer rapidement les volumes russes sur le marché mondial.
Le projet de loi doit encore être examiné par la Chambre des représentants, où aucun calendrier n’a été fixé. La version actuelle résulte d’un compromis négocié avec le Trésor américain, ramenant le tarif maximal de 500 % à 100 % et concentrant les mesures sur un nombre restreint de pays, contre plus de soixante dans les ébauches antérieures. Les soutiens du texte au Sénat espèrent un vote avant le mois d’août, tandis que la clause de dérogation présidentielle, justifiée par l’intérêt national, laisse planer une incertitude sur l’ampleur réelle des sanctions qui pourraient être mises en œuvre.
| Presse russe et CEI | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | +0.70 | aligned |
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.60 | critical |
Russia highlights that the bill has not yet passed and the tariff rate was reduced, downplaying the threat.
Focusing on procedural hurdles and the reduced rate creates an impression that the sanctions are less dangerous than claimed.
It omits the strong bipartisan support and the fact that the bill targets major buyers like India and China.
The West must crush Putin's war economy by imposing 100% tariffs on Russian oil buyers, a necessary and urgent step supported by both parties.
Presenting the sanctions as a moral imperative and a bipartisan consensus makes opposition seem unpatriotic or weak.
It omits the concerns of major oil-importing countries like India and China, and the fact that the tariff was reduced from 500% to 100%.
India faces US pressure threatening 100% tariffs on Russian oil purchases, endangering our energy security.
By portraying the US action as unilateral pressure, it casts India as a victim and rallies international sympathy.
It omits the context of Russia's invasion of Ukraine and the bipartisan support for the bill, presenting it solely as a US pressure tool.
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