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Géopolitique et Politiquemardi 23 juin 2026

Visite de Pezeshkian au Pakistan : les négociations Iran-États-Unis achoppent sur le nucléaire

Le président iranien est arrivé à Islamabad pour remercier le Pakistan de sa médiation, alors que des divergences sur les inspections de l’AIEA et l’usage des avoirs dégelés fragilisent la feuille de route de 60 jours.

L’arrivée du président iranien Massoud Pezeshkian à Islamabad, mardi 22 avril, a été encadrée par un dispositif de sécurité inédit et une escorte de six chasseurs pakistanais, signalant l’importance que les deux capitales accordent à cette visite. Elle intervient au lendemain de l’ouverture, en Suisse, de négociations techniques entre Washington et Téhéran, destinées à transformer en accord permanent la trêve qui a interrompu, fin mars, la guerre déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Selon des responsables américains, une feuille de route de soixante jours a été agréée, prévoyant la création de groupes de travail sur la levée des sanctions, le nucléaire, la reconstruction et le suivi de la mise en œuvre. Toutefois, des déclarations contradictoires ont immédiatement surgi : la vice-présidence américaine a affirmé que l’Iran autoriserait des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses sites d’enrichissement endommagés, tandis que le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a démenti toute visite programmée. Un différend similaire oppose les deux parties sur l’utilisation des avoirs iraniens qui pourraient être dégelés, Washington souhaitant les orienter vers des achats de produits agricoles américains sous supervision conjointe avec le Qatar, et Téhéran insistant sur sa souveraineté exclusive en la matière.

La visite de M. Pezeshkian, sa première à l’étranger depuis le début du conflit, vise explicitement, selon la présidence iranienne, à exprimer la gratitude de Téhéran envers le gouvernement pakistanais pour ses efforts diplomatiques ayant permis la conclusion du mémorandum d’entente initial. Islamabad, qui avait accueilli en avril une délégation américaine conduite par le vice-président JD Vance, s’est imposé comme un médiateur central, aux côtés du Qatar. Les entretiens entre le président iranien et son homologue Asif Ali Zardari, le premier ministre Shehbaz Sharif et le chef de l’armée pakistanaise ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale en matière de sécurité, de commerce et d’énergie – un gazoduc irano-pakistanais, longtemps bloqué par la menace de sanctions américaines, illustrant la complexité de ces liens. Pour Islamabad, fortement dépendant du détroit d’Ormuz pour ses approvisionnements pétroliers, la stabilisation de la voie maritime et la levée des entraves à la navigation constituent un intérêt économique direct.

Les discussions de Buergenstock ont également abordé la création d’une « cellule de déconfliction » pour le Liban, où les affrontements entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran, menacent la trêve régionale. Mardi, des soldats israéliens ont ouvert le feu dans le sud du Liban, tuant deux personnes, deux jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu. Téhéran conditionne tout accord global à un arrêt complet des hostilités au Liban, ce qui rend ces incidents susceptibles de peser sur le calendrier diplomatique. Parallèlement, un mécanisme de contact sur la sécurité du détroit d’Ormuz a été évoqué, alors que le trafic maritime reprend progressivement après le blocus de fait imposé par l’Iran durant la guerre, qui avait propulsé les cours du brut à des sommets inégalés depuis près de vingt ans.

Les équipes techniques poursuivent leurs travaux en Suisse, mais les divergences publiques sur les inspections nucléaires et le contrôle des fonds illustrent la fragilité de l’architecture en cours de négociation. Aucune date n’a été annoncée pour une nouvelle rencontre de haut niveau, et le processus de soixante jours reste suspendu à la capacité des médiateurs – Pakistan et Qatar – à rapprocher des positions que les déclarations unilatérales durcissent. La prochaine étape attendue est la finalisation des mandats des groupes de travail spécialisés, dont les conclusions détermineront si un accord permanent peut être soumis aux capitales avant l’été.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 2 langues

56%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse iranienne et apparentéePresse atlantique / anglosphère
Presse iranienne et apparentée/ Régime
PragmatismeTriomphe

La visite du président iranien au Pakistan est un geste de remerciement pour la médiation d'Islamabad dans la trêve avec les États-Unis. Ce déplacement vise à renforcer les liens économiques bilatéraux et à poursuivre les consultations politiques de haut niveau. Il témoigne d'un partenariat diplomatique réussi entre les deux voisins.

Presse atlantique / anglosphère/ Sécurité
ScepticismeUrgence

Le président iranien arrive au Pakistan alors que les négociateurs s'efforcent de transformer la trêve en accord permanent, mais des divergences subsistent sur les termes clés. La reprise des violences au Liban souligne la fragilité du processus. La visite met en lumière le rôle de médiateur du Pakistan, mais l'issue est loin d'être certaine.

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mardi 23 juin 2026

Visite de Pezeshkian au Pakistan : les négociations Iran-États-Unis achoppent sur le nucléaire

Le président iranien est arrivé à Islamabad pour remercier le Pakistan de sa médiation, alors que des divergences sur les inspections de l’AIEA et l’usage des avoirs dégelés fragilisent la feuille de route de 60 jours.

L’arrivée du président iranien Massoud Pezeshkian à Islamabad, mardi 22 avril, a été encadrée par un dispositif de sécurité inédit et une escorte de six chasseurs pakistanais, signalant l’importance que les deux capitales accordent à cette visite. Elle intervient au lendemain de l’ouverture, en Suisse, de négociations techniques entre Washington et Téhéran, destinées à transformer en accord permanent la trêve qui a interrompu, fin mars, la guerre déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Selon des responsables américains, une feuille de route de soixante jours a été agréée, prévoyant la création de groupes de travail sur la levée des sanctions, le nucléaire, la reconstruction et le suivi de la mise en œuvre. Toutefois, des déclarations contradictoires ont immédiatement surgi : la vice-présidence américaine a affirmé que l’Iran autoriserait des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses sites d’enrichissement endommagés, tandis que le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a démenti toute visite programmée. Un différend similaire oppose les deux parties sur l’utilisation des avoirs iraniens qui pourraient être dégelés, Washington souhaitant les orienter vers des achats de produits agricoles américains sous supervision conjointe avec le Qatar, et Téhéran insistant sur sa souveraineté exclusive en la matière.

La visite de M. Pezeshkian, sa première à l’étranger depuis le début du conflit, vise explicitement, selon la présidence iranienne, à exprimer la gratitude de Téhéran envers le gouvernement pakistanais pour ses efforts diplomatiques ayant permis la conclusion du mémorandum d’entente initial. Islamabad, qui avait accueilli en avril une délégation américaine conduite par le vice-président JD Vance, s’est imposé comme un médiateur central, aux côtés du Qatar. Les entretiens entre le président iranien et son homologue Asif Ali Zardari, le premier ministre Shehbaz Sharif et le chef de l’armée pakistanaise ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale en matière de sécurité, de commerce et d’énergie – un gazoduc irano-pakistanais, longtemps bloqué par la menace de sanctions américaines, illustrant la complexité de ces liens. Pour Islamabad, fortement dépendant du détroit d’Ormuz pour ses approvisionnements pétroliers, la stabilisation de la voie maritime et la levée des entraves à la navigation constituent un intérêt économique direct.

Les discussions de Buergenstock ont également abordé la création d’une « cellule de déconfliction » pour le Liban, où les affrontements entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran, menacent la trêve régionale. Mardi, des soldats israéliens ont ouvert le feu dans le sud du Liban, tuant deux personnes, deux jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu. Téhéran conditionne tout accord global à un arrêt complet des hostilités au Liban, ce qui rend ces incidents susceptibles de peser sur le calendrier diplomatique. Parallèlement, un mécanisme de contact sur la sécurité du détroit d’Ormuz a été évoqué, alors que le trafic maritime reprend progressivement après le blocus de fait imposé par l’Iran durant la guerre, qui avait propulsé les cours du brut à des sommets inégalés depuis près de vingt ans.

Les équipes techniques poursuivent leurs travaux en Suisse, mais les divergences publiques sur les inspections nucléaires et le contrôle des fonds illustrent la fragilité de l’architecture en cours de négociation. Aucune date n’a été annoncée pour une nouvelle rencontre de haut niveau, et le processus de soixante jours reste suspendu à la capacité des médiateurs – Pakistan et Qatar – à rapprocher des positions que les déclarations unilatérales durcissent. La prochaine étape attendue est la finalisation des mandats des groupes de travail spécialisés, dont les conclusions détermineront si un accord permanent peut être soumis aux capitales avant l’été.

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Presse iranienne et apparentéePresse atlantique / anglosphère
Presse iranienne et apparentée/ Régime
PragmatismeTriomphe

La visite du président iranien au Pakistan est un geste de remerciement pour la médiation d'Islamabad dans la trêve avec les États-Unis. Ce déplacement vise à renforcer les liens économiques bilatéraux et à poursuivre les consultations politiques de haut niveau. Il témoigne d'un partenariat diplomatique réussi entre les deux voisins.

Presse atlantique / anglosphère/ Sécurité
ScepticismeUrgence

Le président iranien arrive au Pakistan alors que les négociateurs s'efforcent de transformer la trêve en accord permanent, mais des divergences subsistent sur les termes clés. La reprise des violences au Liban souligne la fragilité du processus. La visite met en lumière le rôle de médiateur du Pakistan, mais l'issue est loin d'être certaine.

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