
Venezuela : l’accès à La Guaira restreint après les séismes meurtriers
Le gouvernement impose un enregistrement préalable pour les volontaires, alors que le bilan dépasse 900 morts et que l’ONU évoque 50 000 disparus.
Le gouvernement vénézuélien a annoncé, vendredi 26 juin, la restriction de l’accès à l’État de La Guaira, la zone la plus dévastée par les deux séismes de magnitude supérieure à 7 survenus mercredi. Selon les autorités, le bilan provisoire s’élève à au moins 920 morts et plus de 3 000 blessés, tandis que l’Organisation des Nations unies (ONU) estime à 50 000 le nombre de personnes disparues.
À partir de 20 heures locales, seules les personnes dûment enregistrées pourront pénétrer dans cette région côtière proche de Caracas, a précisé le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello. Les volontaires, notamment les motocyclistes qui acheminent des vivres, devront se faire recenser au Poliedro de Caracas et recevront un gilet d’identification ainsi qu’un code QR. Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de fluidifier la circulation des ambulances, d’éviter les risques sanitaires liés à la décomposition des corps et de coordonner les opérations de secours, alors que des centaines de bâtiments se sont effondrés.
Cette décision intervient dans un climat de tension. Des médias latino-américains et l’Agence France-Presse rapportent que la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a été huée lors d’une visite dans un quartier sinistré de Caracas, des habitants lui reprochant de faire « campagne politique » et dénonçant l’inaction des pouvoirs publics. Plusieurs témoignages recueillis par la presse brésilienne et argentine soulignent que, dans les premières heures, l’essentiel des opérations de sauvetage a été mené par des civils, en l’absence d’équipes officielles suffisantes. Le gouvernement a placé La Guaira sous contrôle de la Force armée nationale bolivarienne et déployé 11 500 agents.
Sur le plan international, des équipes de secours venues d’une dizaine de pays d’Amérique latine, des États-Unis et d’Europe (Espagne, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Italie) sont à l’œuvre ou en transit. Le Brésil a envoyé un contingent de 44 spécialistes en recherche urbaine lourde et annoncé l’installation d’un hôpital de campagne de la Marine. Les opérations se poursuivent dans des conditions extrêmement difficiles, le chef des sauveteurs chiliens ayant estimé que les chances de retrouver des survivants sous les décombres étaient désormais « faibles ».
Le bilan demeure provisoire et les autorités n’ont pas communiqué de chiffre consolidé concernant les personnes encore bloquées. L’accès à la zone sinistrée reste strictement encadré, tandis que les critiques sur la gestion de la catastrophe continuent d’émerger dans la presse régionale.
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