
Un Tibétain s’immole devant le siège de l’ONU à New York, ravivant la question tibétaine
Un homme identifié par la diaspora tibétaine comme un militant indépendantiste est mort après s’être immolé par le feu jeudi soir devant le quartier général des Nations unies, alors qu’entrait en vigueur une nouvelle loi chinoise sur l’unité ethnique.
Un homme est décédé des suites de ses brûlures après s’être immolé par le feu, jeudi 2 juillet en début de soirée, devant le siège des Nations unies à New York. Les autorités policières de la ville ont confirmé avoir été alertées vers 18 h 30, découvrant la victime grièvement atteinte à l’angle de la First Avenue et de la 42e Rue. Transporté à l’hôpital Bellevue, l’homme y a été déclaré mort peu après. La police new-yorkaise a ouvert une enquête, sans communiquer de motif officiel.
Les groupes tibétains en exil et plusieurs médias américains ont identifié le défunt comme étant Lobga Rangzen, un chauffeur de VTC d’une cinquantaine d’années résidant aux États-Unis depuis deux décennies. Selon ces mêmes sources, il aurait déployé un drapeau tibétain et brandi une pancarte réclamant le départ de la Chine du Tibet, avant de diffuser en direct sur les réseaux sociaux un appel à l’unité et à l’indépendance tibétaines. Des témoins issus de la communauté tibétaine locale ont décrit un homme profondément affecté par les restrictions imposées par Pékin à ses compatriotes.
L’acte survient alors qu’entrait en vigueur, cette même semaine, une nouvelle loi chinoise sur la « promotion de l’unité et du progrès ethniques ». Ce texte, qui vise à forger une identité nationale partagée entre les 55 minorités officiellement reconnues, suscite de vives critiques. Les organisations de défense des droits humains, tant en Amérique du Nord qu’en Europe, y voient un instrument d’assimilation forcée, notamment à travers la promotion du mandarin comme langue commune et la criminalisation des activités séparatistes. L’Union européenne et les États-Unis ont exprimé leur préoccupation, estimant que la loi pourrait restreindre davantage les droits culturels, linguistiques et religieux des minorités, en particulier tibétaines et ouïghoures.
La question tibétaine, longtemps portée par des figures politiques et culturelles occidentales, s’est progressivement effacée des priorités diplomatiques, reléguée derrière les tensions commerciales et stratégiques entre Washington et Pékin. L’administration américaine actuelle n’avait pas réagi officiellement au moment de l’immolation, et la mairie de New York non plus. Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU s’est dit « attristé par cet incident tragique et effroyable » et a présenté ses condoléances à la famille. L’enquête se poursuit pour établir les circonstances exactes du drame, tandis que les associations tibétaines rappellent que plus de 150 immolations ont été recensées depuis 2009 en lien avec la contestation de la souveraineté chinoise sur le Tibet.
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