
En Suède, un mari condamné pour avoir prostitué sa femme à plus de cent hommes
Le tribunal d’Ångermanland a infligé quatre ans et cinq mois de prison à un ancien Hells Angel, coupable d’avoir exploité sexuellement son épouse sous la menace, dans une affaire qui fait écho au procès français de Dominique Pelicot.
Un tribunal du nord de la Suède a condamné mardi un homme de 61 ans à quatre ans et cinq mois de prison pour avoir, durant trois années, contraint son épouse à se prostituer auprès de plus de 120 clients. Reconnu coupable de proxénétisme aggravé, de tentative de viol, de multiples agressions et menaces, ainsi que d’une infraction mineure liée aux stupéfiants, le prévenu – un ancien membre des Hells Angels – a été décrit par la cour d’Ångermanland comme celui qui « a introduit la femme dans la prostitution et géré l’essentiel de l’administration » de cette exploitation. La sentence, rendue publique à Härnösand, a également entraîné la condamnation de 28 acheteurs de services sexuels, illustrant la rigueur de la législation suédoise qui pénalise la demande plutôt que l’offre.
L’affaire a immédiatement suscité des comparaisons avec le dossier français de Dominique Pelicot, condamné à vingt ans de réclusion pour avoir drogué son épouse Gisèle et orchestré son viol par des dizaines d’inconnus pendant près d’une décennie. La presse italienne, espagnole et latino-américaine a largement souligné les similitudes entre les deux systèmes de domination masculine : contrôle total de la victime par la peur, administration méthodique des sévices et effacement du consentement. Dans le cas suédois, l’homme menaçait sa femme de « libérer le monstre » si elle s’opposait à lui, la surveillait via des caméras de sécurité et gérait les rendez-vous tarifés, instaurant une emprise telle que la plaignante, en instance de divorce, a vécu dans une terreur permanente jusqu’à sa dénonciation en octobre dernier.
Au-delà de la sidération médiatique, le verdict met en lumière la persistance de formes extrêmes d’exploitation sexuelle au sein du couple, y compris dans des sociétés réputées pour leur égalité de genre. La Suède, pionnière depuis 1999 de la criminalisation de l’achat d’actes sexuels, voit ici sa législation appliquée non seulement au mari proxénète mais aussi à 28 clients identifiés, condamnés pour achat de services sexuels. Le tribunal a en outre ordonné à l’accusé de verser 200 000 couronnes suédoises (environ 18 370 euros) de dommages et intérêts à la victime, reconnaissant le caractère « impitoyable » de son exploitation.
Ce verdict, bien que sévère au regard des standards suédois, relance le débat sur la détection précoce de telles situations d’emprise. Si la France a été secouée par l’affaire Pelicot, qui a révélé l’ampleur de la soumission chimique, la Suède découvre à son tour qu’un mari peut transformer le domicile conjugal en lieu de prostitution forcée, à l’abri des regards. Les deux affaires rappellent la vulnérabilité particulière des femmes au sein de relations intimes et la nécessité de renforcer les dispositifs d’alerte et d’accompagnement des victimes. Alors que la coopération judiciaire européenne s’intensifie autour des violences sexuelles, le cas suédois pourrait nourrir une réflexion transnationale sur les moyens de briser le silence avant que les « monstres » ne soient libérés.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Un Suédois a été condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir exploité sans pitié son épouse, la forçant à se prostituer auprès de plus d'une centaine d'hommes. Le tribunal a détaillé les chefs d'accusation de proxénétisme aggravé, de menaces et de violences, en soulignant que c'est lui qui a initié et administré l'opération. Le récit met l'accent sur le caractère calculé du crime et la peur profonde de la victime.
Un tribunal suédois a condamné un ancien membre des Hells Angels pour avoir exploité sexuellement sa femme pendant trois ans, la forçant à des relations sexuelles tarifées avec des dizaines d'hommes. L'affaire est immédiatement comparée au scandale français Pelicot, la présentant comme un autre exemple choquant de violence masculine systémique et d'exploitation conjugale. Le récit amplifie la souffrance de la victime et le contrôle cruel du mari, dépeignant la sentence comme une mesure de justice pour une femme profondément traumatisée.
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