
Trump conditionne les négociations avec Téhéran à l’absence de péages dans le détroit d’Ormuz
Washington et Téhéran affichent des lectures divergentes du mémorandum d’entente, entre promesses de gratuité de transit et velléités de tarification future, tandis que le sort des avoirs iraniens gelés cristallise les désaccords.
Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi, dans un message sur Truth Social, que l’Iran l’avait informé ne percevoir « aucun droit de passage, aucun frais d’assurance ni aucune autre charge » sur les navires traversant le détroit d’Ormuz. Il a assorti cette déclaration d’un avertissement : si cette information s’avérait fausse, les négociations en cours entre Washington et Téhéran prendraient fin « immédiatement ». Il a en outre nié tout transfert de liquidités à l’Iran et annoncé qu’une partie des avoirs iraniens gelés, « totalement sous contrôle américain », serait débloquée pour rémunérer des agriculteurs et éleveurs américains chargés d’acheter des produits alimentaires destinés à la population iranienne, exclusivement aux États-Unis.
Cette mise au point intervient alors que les deux parties donnent des interprétations contradictoires du mémorandum d’entente signé le 18 juin. Le texte prévoit un passage gratuit dans le détroit pendant soixante jours, après quoi l’Iran et Oman doivent définir « l’administration future » de la voie navigable. Du côté iranien, le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que la gestion du détroit ne reviendrait pas au statu quo d’avant-guerre, et le porte-parole de la diplomatie iranienne avait auparavant évoqué la possibilité de « frais de services maritimes ». Oman, qui co-préside le comité conjoint avec Téhéran, a réaffirmé son attachement à un passage gratuit et sûr, en coordination avec l’Organisation maritime internationale. Washington, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio, juge toute tarification contraire au droit international et a menacé Mascate de sanctions en cas de facilitation d’un tel système.
Le sort des fonds iraniens gelés constitue un second front d’interprétations antagonistes. Selon le Trésor américain, les sommes débloquées seront supervisées depuis Doha et cantonnées à des achats humanitaires aux États-Unis. L’ambassadeur iranien à Genève a au contraire affirmé que l’Iran serait seul décideur de l’emploi de ses ressources. Sur le volet nucléaire, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a indiqué que des inspections des sites iraniens auraient lieu conformément au mémorandum, tandis que le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a exclu l’accès aux installations endommagées par les frappes américaines de 2025, soulignant la fragilité des engagements réciproques.
Les pourparlers techniques doivent reprendre la semaine prochaine avec quatre groupes de travail (sanctions, programme nucléaire, reconstruction et suivi de la mise en œuvre). Des navires commerciaux ont déjà commencé à emprunter le corridor temporaire établi sous l’égide de l’OMI, tandis que la diplomatie américaine poursuit une tournée dans les capitales du Golfe. La suite du processus repose sur la capacité des médiateurs — Oman, le Pakistan et le Qatar — à concilier des lectures divergentes d’un même document, dans un climat de confiance minimale entre les signataires.
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Sous pression intérieure à cause du coût de la guerre, Trump relance des accusations infondées sur des péages dans le détroit d'Ormuz. Les médias iraniens rejettent ses déclarations comme de la propagande électorale, rappelant que Téhéran a déjà démenti toute exigence de paiement. Ses menaces d'interrompre les négociations sont perçues comme une tentative de détourner l'attention des échecs de son administration.
Trump avertit que les négociations avec l'Iran cesseront immédiatement si Téhéran impose des péages aux navires dans le détroit d'Ormuz, mais confirme que le régime iranien a nié exiger de tels paiements. Des sources atlantiques soulignent qu'aucun fonds n'a été transféré à Téhéran et qu'une partie des avoirs iraniens gelés sera allouée aux agriculteurs américains. L'AIEA annonce entre-temps qu'elle inspectera les sites nucléaires iraniens dans le cadre de l'accord.
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