
Toy Story 5 : le défi des jouets à l’ère des tablettes
La nouvelle aventure de Pixar, qui confronte Woody et Buzz à une tablette ensorcelante, divise la critique mais conquiert le public, révélant un clivage générationnel autour de la place des écrans.
Sur le tapis rouge du Dolby Theatre d’Hollywood, une silhouette inattendue a déclenché une onde de flashs : Taylor Swift, la chanteuse aux records planétaires, est apparue pour la première fois à l’avant-première d’un film d’animation. Sa chanson « I Knew It, I Knew You », co-écrite avec Jack Antonoff, résonne au générique de Toy Story 5, comme un écho nostalgique et country qui ancre l’univers des jouets dans une actualité médiatique bien éloignée de l’enfance.
Dans ce cinquième volet, ce n’est plus un propriétaire distrait qui menace Woody, Buzz et Jessie, mais une tablette interactive, Lilypad, qui capte toute l’attention de la petite Bonnie. Le film, réalisé par Andrew Stanton et McKenna Harris, délaisse en partie les figures historiques pour se concentrer sur Jessie, dont la peur de l’abandon ressurgit face à l’emprise de cet écran personnifié. Comme le souligne la coguioniste Harris, les jouets ressentent « une nostalgie en temps réel » de l’époque antérieure à la domination numérique, miroir direct des angoisses parentales contemporaines.
La presse asiatique, notamment en Indonésie, a salué la nuance du scénario : loin d’une condamnation univoque, le film montrerait aussi comment Lilypad, après avoir manipulé Bonnie, finit par s’allier aux jouets pour lui rendre une vie sociale réelle. Cette lecture conciliante contraste avec l’accueil plus mitigé d’une partie de la critique nord-américaine. Si Toy Story 5 obtient 93 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes, c’est le plus bas score de la saga principale — un écart symbolique qui traduit une réticence à admettre la transition numérique comme sujet légitime.
Le public, lui, plébiscite le film : avec 95 % d’évaluations favorables, il atteint le plus haut score d’audience de l’histoire de la franchise, dépassant les 94 % de Toy Story 4 et les 92 % du premier opus. En Amérique latine, l’engouement est palpable : les préventes au Mexique ont généré 17,5 millions de dollars en deux jours, laissant présager un week-end d’ouverture mondial à 175 millions. Au Brésil, la professeure de cinéma Ale McHaddo rappelle que le succès de la série repose sur des personnages qui « ne vieillissent pas comme un film traditionnel », s’inscrivant dans l’imaginaire collectif à la manière de Mickey ou de Bugs Bunny.
Pourtant, c’est une image restée dans les coulisses qui cristallise les tensions créatives. Un livre d’art officiel révèle un dénouement abandonné : Jessie aurait retrouvé par hasard sa première propriétaire, Emily, désormais âgée, en train de présenter la poupée de chiffon à sa petite-fille. Les studios lui ont préféré une révélation plus intime : Emily a prénommé sa propre fille Jessie, scellant symboliquement la mémoire du jouet. Une fin qui, sans forcer le hasard, fait du lien affectif un héritage invisible — bien plus résistant qu’un écran.
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Le retour de Woody et Buzz dans Toy Story 5 a été un triomphe au box-office, démontrant que les jouets résistent à la technologie numérique. Plus de trente ans après le premier film, les personnages conservent leur charisme et continuent de connecter des générations de spectateurs.
Toy Story 5 explore le choc entre les jouets et l'ère numérique, en mettant en lumière la lutte pour rester pertinent quand les enfants préfèrent les tablettes. L'intrigue invite à réfléchir à la manière dont la technologie remodèle l'enfance.
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