
L'Iran annonce la fermeture du détroit d'Ormuz, Washington assure que le trafic se poursuit
Téhéran justifie une nouvelle entrave à la navigation par la poursuite des frappes israéliennes au Liban et le non-respect par les États-Unis du premier article de l'accord de cessez-le-feu.
Samedi 20 juin, le quartier général central iranien « Khatam al-Anbiya » et la marine des Gardiens de la révolution ont déclaré la fermeture du détroit d’Ormuz à tout trafic maritime. Selon les autorités de Téhéran, cette mesure constitue une « première étape » de représailles face à « la violation manifeste par les États-Unis » de la clause initiale du mémorandum d’entente sur la fin de la guerre – qui exigeait un cessez-le-feu immédiat et permanent sur tous les fronts, y compris au Liban – ainsi qu’à la poursuite des opérations israéliennes dans le sud du pays. Les communiqués iraniens évoquent des frappes meurtrières, le déplacement de centaines de milliers de civils et le refus israélien de retirer ses troupes. Ils menacent de nouvelles mesures si « l’agression » ne cesse pas.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a immédiatement opposé un démenti factuel : dans un communiqué, il fait état du passage de 55 navires de commerce transportant plus de 17 millions de barils de pétrole au cours de la seule journée de samedi, et assure que les forces américaines maintiennent la liberté de navigation. Le vice-président J. D. Vance a ajouté qu’il n’existe « aucune preuve d’une fermeture du détroit ». Tout en rappelant la « vigilance » de ses troupes pour garantir le respect intégral de l’accord, Washington n’a pas commenté directement l’accusation de non-exécution de son volet libanais.
Cet échange de menaces et de dénégations met à l’épreuve le mémorandum d’entente signé à distance, quelques jours plus tôt, par le président américain Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian. Ce texte prévoyait l’arrêt des hostilités sur l’ensemble des théâtres régionaux, la levée du blocus naval américain contre l’Iran, la réouverture du détroit et l’ouverture de négociations approfondies sur le nucléaire et les sanctions. Or, depuis la signature, les combats se sont intensifiés au Liban : l’armée israélienne dit riposter à des tirs de roquettes du Hezbollah, tandis que le mouvement chiite revendique le droit de résister à l’occupation et dénonce des tentatives d’incursion. Selon les bilans libanais, les raids israéliens ont fait plusieurs dizaines de morts ces derniers jours.
La position iranienne est relayée avec insistance par les médias de l’axe de la résistance, tandis que les chancelleries occidentales redoutent une escalade aux conséquences énergétiques mondiales. Le détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde, constitue un levier stratégique pour Téhéran. Des observateurs européens soulignent que la menace, même non exécutée, pourrait faire pression sur Washington au moment où une délégation iranienne se rend en Suisse pour « exiger la mise en œuvre des engagements » de la partie adverse. Les discussions techniques entre Américains et Iraniens, un temps annulées, devraient reprendre prochainement, avec en ligne de mire un accord définitif sous soixante jours. La crédibilité de cette feuille de route dépendra de la capacité des États-Unis à imposer un cessez-le-feu au Liban – et de la volonté iranienne de ne pas transformer la rhétorique en blocus effectif.
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L'Iran annonce la fermeture du détroit d'Ormuz comme première mesure de rétorsion contre la violation des accords par les États-Unis et les attaques israéliennes continues au Liban. Il prévient que d'autres actions suivront si les agressions ne cessent pas.
La fermeture est présentée comme une conséquence des promesses non tenues de l'Amérique et des attaques brutales d'Israël au Sud-Liban. La décision iranienne est perçue comme une riposte inévitable aux massacres et au déplacement des civils libanais.
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