
Détroit d’Ormuz : Trump menace de péages et l’Iran ferme le passage stratégique
Alors que des négociations s’ouvrent en Suisse, le président américain conditionne la gratuité de la voie maritime à un accord définitif, tandis que Téhéran invoque les frappes israéliennes au Liban pour justifier sa fermeture.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré samedi 20 juin 2026 qu’aucun péage ne serait imposé aux navires transitant par le détroit d’Ormuz durant les 60 jours du cessez-le-feu en cours, tout en menaçant d’introduire à terme des droits de passage si un accord définitif avec l’Iran n’était pas conclu. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a précisé que ces frais éventuels viendraient rémunérer les « services rendus comme ange gardien aux pays du Moyen-Orient ». Quelques heures plus tôt, les forces armées iraniennes avaient annoncé la fermeture du détroit, dénonçant le non-respect par Washington du mémorandum d’entente signé quelques jours plus tôt, et pointant la poursuite des opérations militaires israéliennes au Liban.
Selon Téhéran, la première clause de ce texte – qui prévoit un arrêt des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban – n’a pas été appliquée. Le commandement central iranien a estimé que les États-Unis avaient manqué à leurs engagements et que les frappes israéliennes contre le Hezbollah constituaient une violation flagrante de la trêve. Bien qu’une délégation iranienne, conduite par le président du Parlement Mohammad Bagher Qalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se soit rendue en Suisse pour les négociations techniques prévues dès dimanche, Téhéran conditionne la suite des discussions au respect effectif du cessez-le-feu et au déblocage de plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger.
Du côté américain, le vice-président J.D. Vance et les émissaires Jared Kushner et Steven Witkoff sont arrivés en Suisse avec l’espoir affiché d’avancer sur deux dossiers principaux : le programme nucléaire iranien et la stabilisation du Liban. Le commandement central des États-Unis a par ailleurs affirmé que le trafic commercial dans le détroit se poursuivait, avec 55 navires ayant transporté plus de 17 millions de barils de pétrole samedi, et que l’Iran n’exerçait pas de contrôle effectif sur la zone. Les médiateurs pakistanais et qatariens tentent de maintenir un cadre de discussion, alors que le fragile équilibre régional est mis à l’épreuve par la reprise des affrontements entre Israël et le Hezbollah, qui s’accusent mutuellement de violations.
Le détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, cristallise ainsi les tensions entre Washington et Téhéran, mais aussi les inquiétudes des marchés énergétiques internationaux. Pour les économies européennes et asiatiques dépendantes des hydrocarbures du Golfe, toute perturbation prolongée représenterait un choc systémique. La fenêtre de 60 jours ouverte par le mémorandum d’entente, signé virtuellement le 17 juin, est d’ores et déjà fragilisée par l’absence d’arrêt effectif des combats au Liban et par la rhétorique transactionnelle de l’administration Trump. Les discussions de Bürgenstock doivent théoriquement jeter les bases d’un accord global, mais les positions paraissent d’emblée antagonistes, chaque camp exigeant des garanties préalables que l’autre n’est pas disposé à fournir immédiatement.
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