
Des perles de caverne aux langues d’or, les archéologues exhument les fils ténus du monde ancien
Du Vietnam à l’Égypte en passant par la Thaïlande et la Turquie, une série de découvertes récentes éclaire les circulations commerciales, les métissages funéraires et les basculements religieux de l’Antiquité.
Au fond d’une galerie du parc national de Phong Nha-Ke Bang, la lumière des lampes frontales a accroché des centaines de sphères d’un blanc laiteux, posées dans les vasques naturelles comme des offrandes oubliées. Ces « perles de caverne », concrétions minérales d’une rareté géologique exceptionnelle, tapissent la grotte de Thang, un réseau souterrain de trois kilomètres découvert en juin dernier dans la province de Quang Tri, au Vietnam. Les spéléologues de la société Jungle Boss, qui ont dû descendre en rappel une falaise de vingt mètres pour atteindre le sol de la cavité, décrivent un paysage minéral presque intact, où des stalagmites géantes côtoient des piliers de calcite hauts de cinquante mètres. La densité des perles de caverne, formées par l’accumulation lente de carbonate de calcium autour d’un noyau dans des eaux peu profondes, est telle que les explorateurs les plus aguerris disent n’en avoir jamais vu de semblable.
À des milliers de kilomètres de là, sur la côte méditerranéenne égyptienne, c’est un autre type de trésor qui vient d’être mis au jour. Une mission dirigée par l’archéologue Eman Abdel-Khaliq a exhumé dix-huit sépultures d’époque gréco-romaine sur le site de Marina el-Alamein, à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Alexandrie. Onze tombes creusées dans la roche à huit mètres de profondeur et sept structures en calcaire ont livré un sarcophage de granit de 2,5 mètres, resté scellé pendant deux millénaires, ainsi que vingt-quatre petites feuilles d’or placées dans la bouche des défunts. Cette pratique, connue sous le nom de « langue d’or », devait permettre au mort de s’exprimer dans l’au-delà selon les croyances funéraires de l’époque. À proximité gisait un sphinx en plâtre, témoin d’un art funéraire syncrétique où les traditions égyptiennes se mêlaient aux influences hellénistiques. Le même jour, le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités annonçait la découverte, dans l’oasis de Dakhla, d’une ville byzantine du IVe siècle remarquablement conservée, avec sa basilique, ses tours de guet, ses fours à pain et près de deux cents ostraca inscrits en copte et en grec, fragments d’une vie quotidienne saisie dans l’argile.
Ces trouvailles, pour spectaculaires qu’elles soient, ne sont pas isolées. En Thaïlande, dans la province de Phetchaburi, les archéologues du Département des Beaux-Arts ont extrait de deux squelettes des anneaux d’or vieux de deux mille ans. L’un d’eux porte une inscription en écriture brahmi, un système d’écriture originaire du sous-continent indien, que les experts ont déchiffrée comme « pusarakhitasa » – « celui qui est protégé par Pushya », une constellation considérée comme particulièrement faste dans l’astrologie indienne. La présence de ces bijoux, associée à des tambours de bronze et à des poteries, suggère que le défunt appartenait à la caste des vaishyas, ces marchands qui, bien avant les grandes routes maritimes de la soie, tissaient des liens commerciaux entre l’Inde et l’Asie du Sud-Est. Pour les chercheurs thaïlandais, cette sépulture confirme l’ancienneté des échanges culturels et religieux dans la région, bien avant l’indianisation formelle des royaumes du Funan ou du Chenla.
En Turquie, c’est un basculement de civilisation que vient documenter une inscription araméenne gravée à l’entrée d’un temple souterrain de Mithra, sur le site de Zerzevan, près de la frontière syrienne. Longtemps restée indéchiffrable depuis sa découverte en 2017, elle a livré son sens grâce aux travaux du professeur Mehmet Sait Toprak, de l’université Mardin Artuklu. Le texte, daté du IIIe ou IVe siècle, mentionne à la fois Mithra, divinité d’un culte à mystères très répandu dans l’Empire romain, et Jésus-Christ, accompagné d’une croix. Selon les archéologues turcs, il s’agit du premier témoignage épigraphique direct de la fermeture d’un mithraeum par les chrétiens, au moment où les empereurs romains adoptaient la nouvelle foi et reléguaient les anciens cultes au rang de superstitions rivales. L’inscription scelle symboliquement le passage d’un monde à l’autre, dans cette forteresse qui dominait les routes caravanières de l’Est anatolien.
Ainsi, des perles de caverne du Vietnam aux langues d’or égyptiennes, des bagues de marchands indiens en Thaïlande à l’inscription araméenne de Zerzevan, les découvertes récentes dessinent une cartographie de circulations et de croyances qui ignorent les frontières contemporaines. Chaque objet, chaque inscription, chaque squelette devient le nœud d’un récit où le lointain se touche. Dans la grotte de Thang, les autorités vietnamiennes envisagent déjà d’intégrer la cavité à un circuit d’écotourisme, tandis que l’Égypte, confrontée à une crise de liquidités, mise sur ces révélations pour ranimer un secteur touristique dont dépend une part essentielle de ses revenus en devises. Reste, au fond de la galerie souterraine, le scintillement immobile des perles de caverne, comme une constellation inversée qui attendait depuis des centaines de milliers d’années qu’un regard humain vienne lui donner un sens.
| Presse israélienne | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.20 | neutral |
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
The discoveries in Egypt and Thailand show the richness of the past.
By presenting two distinct discoveries as part of the same season, a picture of archaeological continuity is created.
It does not mention the cave discovery in Vietnam, which is covered by the Southeast Asian bloc.
The two Indian gold rings discovered in Thailand testify to the cultural influence of ancient India.
By emphasizing the Indian origin of the rings, the historical role of India in the region is reaffirmed.
It does not mention the discoveries in Egypt or the cave in Vietnam.
The Thang cave in Vietnam, with its rare cave pearls, is a geological wonder.
By focusing on a local discovery, the natural heritage of Vietnam is highlighted.
It does not mention the gold rings in Thailand or the Egyptian tombs.
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