
Propos de Rutte sur l’Iran : l’Italie recadre l’OTAN et expose les divergences alliées
Les déclarations du secrétaire général de l’OTAN sur l’utilisation de bases italiennes par les États-Unis contre l’Iran sont contredites par Rome, qui rappelle sa politique de non-belligérance et révèle les tensions transatlantiques.
Le 24 juin, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré sur la chaîne Fox News que 500 avions américains avaient décollé de bases situées en Italie pour soutenir l’opération « Epic Fury » contre l’Iran. Cette affirmation a immédiatement suscité un démenti catégorique de la part des autorités italiennes. Le lendemain, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président français Emmanuel Macron, la présidente du Conseil Giorgia Meloni a assuré que Rome n’avait « pas participé au conflit en Iran », n’autorisant que des activités de nature logistique et technique, conformément aux accords bilatéraux régissant la présence des bases américaines sur son sol.
Mme Meloni a reproché à M. Rutte d’avoir livré une « reconstruction confusionnaire » en amalgamant des vols de nature différente. Selon elle, cette version « simpliste » visait peut-être à « préparer au mieux le prochain sommet de l’OTAN » en exagérant le rôle des alliés. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a également estimé que les propos du secrétaire général transmettaient un « message complètement erroné ». Sur le plan diplomatique, le chef de la diplomatie Antonio Tajani a tenu à rassurer directement son homologue iranien Abbas Araghchi, insistant sur le fait qu’aucune base italienne n’avait servi à des frappes offensives. Cette clarification vise à maintenir les canaux ouverts avec Téhéran, alors que la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz est un enjeu économique vital pour la péninsule.
Du côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a qualifié les déclarations de M. Rutte d’« aveux clairs et accablants » attestant de l’implication active de l’OTAN dans une agression contre un État membre des Nations unies. Ces tensions s’inscrivent dans un climat de profondes remises en cause du lien transatlantique. Le président américain Donald Trump, qui n’a cessé de critiquer la réticence des Européens à s’engager militairement contre l’Iran, a menacé de reconsidérer l’appartenance des États-Unis à l’Alliance. De son côté, le porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a tenté d’apaiser la controverse en précisant que M. Rutte faisait référence à un appui logistique, et non à une participation directe aux opérations de combat.
Au-delà de cette polémique, le sommet franco-italien a permis d’afficher une convergence sur plusieurs dossiers stratégiques. MM. Meloni et Macron ont annoncé une coopération renforcée dans le nucléaire civil, avec le projet de petits réacteurs modulaires Nuward, ainsi qu’une coalition pour le Liban après la fin de la mission Unifil. Ce rapprochement intervient dans un contexte où la fiabilité du parapluie américain est questionnée. Le prochain sommet de l’OTAN à Ankara, où M. Rutte espérait en quelque sorte préparer le terrain, s’annonce comme un test crucial de la cohésion d’une Alliance traversée par des lectures divergentes des menaces extérieures.
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La Première ministre italienne a fermement rejeté les affirmations du chef de l'OTAN, insistant sur le fait que Rome n'a pas pris part au conflit contre l'Iran et n'a fourni qu'un soutien technique et logistique. Ce démenti, accompagné d'un appel du ministre des Affaires étrangères à Téhéran, démonte le récit occidental d'une large implication alliée. L'épisode révèle des fissures dans l'unité atlantique et alimente le scepticisme envers les opérations militaires au Moyen-Orient.
Le ministre italien des Affaires étrangères a précisé à son homologue iranien que l'Italie n'a pris part à aucune initiative militaire contre l'Iran et n'a pas autorisé l'utilisation de ses bases. Cette clarification fait suite aux déclarations du secrétaire général de l'OTAN sur une prétendue implication italienne. Rome réaffirme le respect des accords bilatéraux avec Washington.
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