
Riz et engrais en Asie : le Bangladesh sous assistance, l’Indonésie face au paradoxe des prix
La Banque mondiale débloque 1,1 milliard de dollars d’aide d’urgence pour le Bangladesh, tandis que l’Indonésie, autosuffisante en riz, peine à répercuter la baisse des coûts sur les consommateurs.
La Banque mondiale a approuvé le 26 juin un financement d’urgence de 1,1 milliard de dollars en faveur du Bangladesh, destiné à sécuriser les importations d’engrais et à soutenir les ménages fragilisés par la flambée des prix alimentaires et énergétiques. Ce paquet, qui comprend 300 millions de dollars pour l’achat de 600 000 tonnes d’engrais et 713 millions pour des transferts monétaires et des importations de carburant, répond à une pression économique aggravée par le conflit au Moyen-Orient. Dacca, qui importe plus de 85 % de ses besoins en fertilisants, voit ses marges budgétaires se réduire alors que les petits agriculteurs et les foyers pauvres subissent de plein fouet la volatilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.
À l’autre extrémité de l’éventail régional, l’Indonésie affiche une tout autre stratégie. Le gouvernement a constitué un stock de 219 648 tonnes d’engrais subventionné et abaissé de 20 % le prix de vente maximal, tout en mettant en avant le dernier rapport de la FAO qui place le pays au quatrième rang mondial des producteurs de riz, avec une récolte estimée à 38,6 millions de tonnes. Jakarta souligne que cette performance contraste avec un recul de 1,6 % de la production rizicole mondiale, imputable aux dérèglements climatiques et aux perturbations des intrants. Le ministre de l’Agriculture, Andi Amran Sulaiman, y voit la preuve que l’accès facilité aux engrais constitue « l’une des clés » de la résilience alimentaire nationale.
Pourtant, des voix s’élèvent dans le débat public indonésien pour nuancer ce satisfecit. L’association des anciens élèves en socio-économie agricole (KASAI) a relevé que la hausse de la production ne s’est pas traduite par une baisse des prix du riz sur les marchés, une anomalie au regard de la loi de l’offre et de la demande. Cette situation, selon les analyses relayées à Jakarta, révèle des goulets d’étranglement dans la distribution et la gouvernance des filières, et invite à dépasser une approche centrée sur le seul volume de production. Le gouvernement, qui met en avant un indice de termes de l’échange des agriculteurs au plus haut depuis trente-quatre ans, doit désormais répondre aux interrogations sur le pouvoir d’achat des consommateurs.
Les deux trajectoires illustrent la vulnérabilité de l’Asie du Sud et du Sud-Est face aux chocs exogènes sur les intrants agricoles. Alors que le Bangladesh sollicite des financements additionnels auprès du FMI pour reconstituer ses réserves de change, l’Indonésie accélère la distribution d’engrais subventionné et se prépare à l’impact du phénomène El Niño sur les récoltes à venir. La convergence des calendriers – saison du riz Aman et Boro au Bangladesh, campagne de semis en Indonésie – place les prochains mois sous le signe d’une surveillance étroite des prix alimentaires dans toute la région.
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Alors que les marchés mondiaux des engrais sont secoués par les chocs climatiques et les conflits, l'Indonésie se présente comme une réussite : le gouvernement a augmenté les stocks d'engrais subventionnés et réduit les prix, garantissant une production de riz stable. Le prêt d'urgence de 1,1 milliard de dollars de la Banque mondiale au Bangladesh est cité en contraste, soulignant la gestion agricole supérieure de l'Indonésie.
La Banque mondiale a approuvé plus d'un milliard de dollars de prêts pour aider le Bangladesh à gérer la volatilité des marchés mondiaux des engrais et à renforcer la sécurité alimentaire. Ce financement vise à protéger le pays contre les chocs extérieurs.
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