
Vance somme Israël de « se réveiller » : l’allié américain menace de se détourner
Le vice-président américain a publiquement fustigé les ministres israéliens critiques de l’accord avec Téhéran, rappelant la dépendance militaire et diplomatique d’Israël envers Washington.
Le 18 juin, depuis la Maison-Blanche, le vice-président JD Vance a lancé une mise en garde sans précédent à l’encontre des membres du cabinet israélien qui dénoncent le mémorandum d’entente américano-iranien. « Donald J. Trump est le seul chef d’État au monde qui éprouve de la sympathie pour Israël en ce moment », a-t-il martelé, ajoutant que si lui-même siégeait au gouvernement israélien, il « n’attaquerait pas le seul allié puissant qui lui reste ». Cette diatribe, visant nommément les ministres Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, a été accompagnée d’un rappel brutal : deux tiers des armes défensives ayant protégé Israël ces derniers mois ont été fabriquées et financées par les États-Unis. Vance a également jugé « inacceptables » les frappes israéliennes sur Beyrouth qui menaçaient, selon lui, les négociations en cours. Cette intervention marque un point de rupture dans une alliance déjà mise à mal par les divergences stratégiques.
L’accord intérimaire, signé le 17 juin au château de Versailles en marge du G7 sous présidence française, prévoit un cessez-le-feu, la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée des sanctions pétrolières contre l’Iran et un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars. En échange, Téhéran s’engage à ne pas se doter de l’arme nucléaire et à entamer des négociations finales dans un délai de soixante jours. Mais pour Israël, qui n’a pas été partie aux discussions, ce texte ignore le programme balistique iranien et entrave sa liberté d’action contre le Hezbollah au Liban. Benyamin Netanyahou, tout en se gardant d’attaquer frontalement Trump, a annoncé le maintien d’une « zone de sécurité » au Sud-Liban et publié une carte élargissant le contrôle militaire israélien, défiant ainsi les termes du mémorandum. Les médias proches du Likoud ont qualifié Vance de « salaud », tandis que Ben-Gvir a comparé l’Iran aux nazis, appelant à les « traiter comme au XXe siècle ».
Au-delà d’Israël, la déception gronde dans les monarchies du Golfe. Des responsables émiratis, bahreïnis et koweïtiens, cités par la presse américaine, jugent l’accord « totalement décevant » : il ne bride ni les missiles ni les drones iraniens qui ont frappé leurs infrastructures pendant la guerre, et offre à Téhéran un ballon d’oxygène économique au moment où la pression devait être maintenue. En Europe, où la France a accueilli la signature, l’enthousiasme est mesuré ; les capitales s’inquiètent d’un précédent qui récompense l’Iran sans garanties vérifiables sur son programme nucléaire, et redoutent une flambée durable des prix de l’énergie si la stabilisation du détroit d’Ormuz s’avère précaire. Téhéran, de son côté, a créé une autorité de contrôle du trafic dans le détroit et envisage d’imposer des péages, signe que la crise n’est pas close.
La comparaison avec l’accord de 2015 (JCPOA), dénoncé par Trump en 2018, est inévitable. Vance assure que le nouveau texte interdit tout enrichissement et prévoit la destruction des stocks existants, contrairement à son prédécesseur. Pourtant, de nombreux experts et élus républicains dénoncent un marché de dupes : le volet nucléaire est renvoyé à des négociations ultérieures sans calendrier contraignant, et la levée immédiate des sanctions offre à l’Iran une bouffée financière sans contrepartie tangible. La guerre, déclenchée conjointement par Washington et Jérusalem le 28 février, avait fait chuter la popularité de Trump, envoler les prix de l’essence et menacer l’économie mondiale ; la Maison-Blanche avait besoin d’une sortie rapide avant les élections de mi-mandat.
La suite dépendra des pourparlers de Genève ce week-end, où Steve Witkoff et Jared Kushner rencontreront les négociateurs iraniens sous médiation pakistanaise et qatarie. Mais la confiance est rompue entre alliés historiques. Si Netanyahou poursuit ses opérations au Liban, l’Iran pourrait dénoncer l’accord, et Washington se retrouverait pris entre son engagement écrit et son soutien militaire à Israël. La crise révèle une reconfiguration des alliances au Moyen-Orient : les États arabes du Golfe, marginalisés, pourraient chercher de nouveaux garants de sécurité, tandis que l’Union européenne, simple spectatrice à Versailles, devra s’interroger sur son rôle dans une région où la Pax Americana vacille. Le compte à rebours de soixante jours a commencé, mais la paix véritable reste suspendue à des promesses non tenues.
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Le vice-président américain a lancé un avertissement sévère à Israël, qualifiant sa réaction à l'accord avec l'Iran de 'panique étrange' et lui rappelant que les États-Unis sont son seul allié puissant restant. Les membres du cabinet israélien ont été invités à 'se réveiller et sentir la réalité' et à cesser d'attaquer l'accord. Le message souligne la frustration de Washington et présente la relation comme un patronage indispensable.
La Maison Blanche présente l'accord avec l'Iran comme une grande victoire, mais Israël reste insatisfait du plan en 14 points, craignant qu'il n'accorde un soulagement économique à Téhéran sans répondre aux préoccupations nucléaires. Le vice-président américain a sévèrement averti Israël de ne pas critiquer son seul allié, dans une réprimande inhabituellement directe. Le récit note la tension sans prendre parti.
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