
Plongeon des marchés asiatiques : l’angoisse sur l’IA et la percée chinoise dans les puces
Les Bourses de Tokyo, Séoul et Taïwan ont lourdement chuté mardi, entraînées par les craintes de surinvestissement dans l’IA et l’annonce d’une avancée technologique chinoise dans la lithographie.
La séance du mardi 28 juillet a viré à la débâcle sur les principales places asiatiques, l’indice Nikkei de Tokyo cédant plus de 3 000 points en séance (–4,4 %) et le Kospi sud-coréen plongeant de plus de 8 %, un mouvement d’une ampleur suffisante pour déclencher des coupe-circuits à Séoul. À Taïwan, l’indice Taiex a perdu plus de 1 900 points (–4,4 %), plombé par le recul de TSMC. Ce décrochage généralisé trouve son origine immédiate dans la conjonction de deux facteurs : l’inquiétude croissante des investisseurs quant à la rentabilité des sommes colossales engagées dans l’infrastructure d’intelligence artificielle, et l’irruption d’une concurrence chinoise inattendue dans les équipements de production de semi-conducteurs.
La défiance vis-à-vis des dépenses d’IA s’est cristallisée après la publication, la semaine précédente, des résultats d’Alphabet, dont le flux de trésorerie disponible est passé en territoire négatif. Le mouvement s’est amplifié avec l’information, rapportée par le Wall Street Journal, de discussions entre Nvidia et OpenAI en vue de garanties de financement à hauteur de 250 milliards de dollars pour un projet de centre de données. Parallèlement, le site The Information a révélé que l’entreprise chinoise Shanghai Yuliangsheng avait lancé la production industrielle de machines de lithographie par immersion dans l’ultraviolet profond (DUV), un segment jusqu’ici dominé par le néerlandais ASML, dont le titre a chuté de 8,5 % à New York. L’introduction en Bourse de ChangXin Memory Technologies (CXMT), qui a vu son cours bondir de près de 500 % dès son premier jour de cotation à Shanghai, a renforcé la perception d’une montée en puissance rapide de l’écosystème chinois des semi-conducteurs.
Les répercussions ont été immédiates et différenciées selon les places. À Tokyo, les valeurs liées aux semi-conducteurs ont été les plus touchées : Kioxia a cédé 18 %, Tokyo Electron près de 10 %, Advantest plus de 10 %. Les sources de marché citées par la presse japonaise évoquent une sensibilité accrue à l’approche des publications de résultats des entreprises nippones du secteur. À Séoul, la chute a été encore plus brutale, SK Hynix abandonnant 11 % et Samsung Electronics plus de 9 %, les deux titres représentant à eux seuls plus de la moitié de la pondération de l’indice Kospi. Les analystes sud-coréens, relayés par Reuters, soulignent que la menace chinoise ne réside pas tant dans les bénéfices actuels de CXMT que dans sa capacité, grâce aux fonds levés, à accélérer l’expansion de ses capacités et son développement technologique. À Taïwan, les fabricants de mémoires Nanya Technology et Winbond ont atteint la limite quotidienne de baisse de 10 %.
Ce mouvement de repli s’inscrit dans un contexte plus large de réévaluation des risques. Le recul des cours du pétrole, le Brent passant sous les 88 dollars après l’annonce de discussions entre Washington et Téhéran, a apporté un certain soulagement mais n’a pas enrayé la défiance sur les valeurs technologiques. Les investisseurs se tournent désormais vers une semaine chargée en événements : décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale, de la Banque du Japon et de la Banque d’Angleterre, ainsi que les résultats de plusieurs méga-capitalisations technologiques américaines. La probabilité d’un relèvement des taux de la Fed dès cette semaine, estimée à 38 % par les marchés, ajoute une couche d’incertitude à un environnement déjà fragilisé par la recomposition des chaînes de valeur dans les semi-conducteurs.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
Les investisseurs réévaluent le commerce de l'IA après que les engagements de financement massifs de Nvidia ont soulevé des questions sur les rendements. Le marché intègre simplement un risque plus élevé, et cette correction est un ajustement sain.
En citant des pourcentages spécifiques, des niveaux d'indices et des citations d'experts, le récit se présente comme objectif et fondé sur des données, faisant apparaître la vente massive comme une réponse rationnelle du marché plutôt qu'une panique.
Le bloc omet la percée spécifique de la lithographie chinoise comme facteur clé, se concentrant plutôt sur le financement de Nvidia et le scepticisme général à l'égard de l'IA.
L'avancée technologique chinoise dans la lithographie est un changement de donne qui menace la domination des fabricants de puces japonais et coréens. Cette vente massive reflète un réalignement stratégique dans l'industrie mondiale des semi-conducteurs.
En mettant en avant la percée chinoise et en la présentant comme une 'percée technologique', le récit élève un seul fait d'actualité en une menace structurelle, faisant apparaître la chute du marché comme une réponse rationnelle à un changement à long terme.
Le bloc omet l'accord de financement de Nvidia et les préoccupations plus larges concernant les investissements dans l'IA, se concentrant exclusivement sur la menace technologique chinoise comme cause.
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