
Crise du logement : de Téhéran à Buenos Aires, les États resserrent l’encadrement des loyers et des licenciements
Face à la pression inflationniste et aux tensions sociales, plusieurs gouvernements adoptent des mesures d’urgence pour protéger locataires et salariés, de l’Iran à l’Argentine en passant par l’Espagne.
Les autorités iraniennes ont annoncé, par la voix de la ministre de la Voirie et de l’Urbanisme, la prolongation automatique de tous les baux d’habitation arrivant à échéance d’ici fin 2026, avec un plafond de hausse des loyers fixé à 25 % sur l’ensemble du territoire. Selon le communiqué officiel, cette décision des chefs des trois pouvoirs vise à contenir les effets de la « troisième guerre imposée » et de la saison des déménagements sur les ménages vulnérables. Les tribunaux ont reçu instruction de ne plus délivrer d’ordonnances d’expulsion pour seul motif d’expiration du bail, sauf dans quatre cas précis : obtention d’un permis de démolir ou de rénovation lourde, vente définitive du bien, besoin personnel du propriétaire reconnu par un juge, ou manquement grave du locataire à ses obligations contractuelles. Les experts locaux soulignent que l’efficacité du dispositif dépendra de la capacité des administrations à contrôler le respect du plafond.
En Europe, l’Espagne a introduit une restriction d’une autre nature mais guidée par une logique similaire de protection face à la hausse des coûts. D’après le décret-loi royal 2/2026, les entreprises bénéficiant d’aides publiques directes pour compenser la flambée des prix de l’énergie ne pourront pas invoquer cette augmentation comme motif objectif de licenciement jusqu’au 31 décembre 2026. Le non-respect de cette clause entraîne l’obligation de rembourser l’intégralité des subventions perçues. Cette mesure, qui s’inscrit dans une série de conditionnalités sociales attachées aux soutiens économiques, est présentée par le gouvernement comme un rempart pour l’emploi industriel et celui des PME, sans pour autant interdire les licenciements disciplinaires ou fondés sur d’autres causes.
En Amérique latine, la question du logement se pose en termes de pouvoir d’achat et d’offre alternative. À Buenos Aires, les analystes du marché relèvent que le coût mensuel de la vie en solo dépasse désormais deux millions de pesos, dont plus de 900 000 pesos pour le seul poste logement, rendant caduque la règle des 30 % du revenu consacré au loyer. Parallèlement, des habitations modulaires importées de Chine, assemblées en une journée et affichant des prix inférieurs de 60 % à la construction traditionnelle, commencent à apparaître dans les provinces de Mendoza et de Córdoba, ainsi qu’en Patagonie. Les professionnels du secteur mettent toutefois en garde contre les coûts cachés – fondations, raccordements, transport – et l’absence de financement hypothécaire pour ces structures, que les réglementations municipales peinent encore à encadrer.
En Asie du Sud, le cadre juridique indien offre un autre éclairage sur la protection des locataires. La loi type sur la location de 2021, adoptée à ce jour uniquement par l’Assam, plafonne le dépôt de garantie à deux mois de loyer, interdit les hausses en cours de bail sans consentement écrit et dresse une liste précise des réparations à la charge du propriétaire. Les médias indiens rappellent que dans la plupart des États, les baux restent régis par des législations plus anciennes, moins protectrices. En Russie, les promoteurs immobiliers alertent sur l’impact d’une éventuelle différenciation des taux du crédit hypothécaire familial selon le nombre d’enfants : pour un couple avec un seul enfant, le taux pourrait passer de 6 % à 12 %, doublant la mensualité, selon les simulations diffusées par le groupe Strana Development.
Ces interventions, qu’elles passent par le plafonnement des loyers, la conditionnalité des aides publiques ou l’encadrement du crédit, illustrent une tendance commune : face à la pression conjointe de l’inflation et de la raréfaction du logement abordable, les États mobilisent des instruments réglementaires d’urgence. La plupart de ces dispositifs sont toutefois conçus comme temporaires – le décret espagnol et la mesure iranienne courent jusqu’à fin 2026, tandis que le modèle indien attend toujours une adoption élargie par les États fédérés. Les prochaines étapes incluent, en Iran, la mise en place des mécanismes de contrôle du plafond de loyer, et en Russie, l’annonce officielle des nouvelles conditions de la « family mortgage » attendue avant l’été.
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Le gouvernement iranien a approuvé le renouvellement automatique des baux avec un plafond d'augmentation de 25 % pour protéger les locataires de la pression du coût de la vie. Les tribunaux ne peuvent plus ordonner d'expulsion pour seule échéance du bail, sauf exceptions limitées. Cette mesure, en vigueur jusqu'à fin 1405, illustre une intervention directe de l'État sur le marché locatif.
En Argentine, le gouvernement a lancé un ultimatum : les entreprises bénéficiant d'aides publiques ne peuvent licencier en invoquant la hausse des coûts énergétiques jusqu'à fin 2026. Parallèlement, vivre seul coûte désormais plus de 2 millions de pesos par mois, le loyer absorbant une part énorme du budget. Ces mesures traduisent une tentative désespérée de contenir les retombées sociales de la flambée du coût de la vie.
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