
Pérou : Keiko Fujimori aux portes du pouvoir, la gauche crie à la fraude
Avec une avance de 39 000 voix et 0,6 % des bulletins encore en litige, la candidate de droite se rapproche de la présidence, tandis que Roberto Sánchez appelle à manifester contre des « irrégularités ».
Le suspense électoral qui tient le Pérou en haleine depuis le second tour du 7 juin touche à son dénouement. Jeudi, Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori condamné pour crimes contre l’humanité, a consolidé une avance d’environ 39 000 voix sur son rival de gauche, Roberto Sánchez, selon les derniers chiffres de l’Office national des processus électoraux (ONPE). Alors que 99,4 % des suffrages ont été dépouillés, les quelque 140 000 bulletins contestés restants, provenant en majorité de Lima et de l’étranger où la candidate de droite est favorisée, pourraient sceller sa victoire lors de sa quatrième tentative d’accéder à la présidence.
La perspective d’un retour des Fujimori au sommet de l’État péruvien ravive les fractures profondes d’un pays polarisé. Keiko Fujimori, qui a promis de maintenir le modèle économique libéral, bénéficie du soutien des milieux d’affaires et d’une partie de la population marquée par la lutte antiterroriste menée par son père dans les années 1990. En face, Roberto Sánchez incarne une gauche hétérogène, portée par les revendications sociales des régions rurales et des secteurs marginalisés, mais aussi par le rejet de l’héritage autoritaire du fujimorisme. Les médias brésiliens et argentins, qui suivent de près ce scrutin aux implications régionales, soulignent que cette élection est perçue comme un référendum sur deux visions antagonistes du développement andin.
La lenteur du dépouillement et les accusations d’irrégularités ont exacerbé les tensions. Sánchez a appelé ses partisans à descendre dans la rue pour « défendre la volonté populaire », tandis que des observateurs internationaux, notamment de l’Organisation des États américains, ont jugé le processus transparent malgré des imperfections techniques. La presse brésilienne, de Valor Econômico à CNN Brasil, rapporte que les allégations de fraude, bien que non étayées par des preuves systématiques, trouvent un écho dans une société péruvienne encore marquée par la défiance envers les institutions héritée de décennies de corruption et d’instabilité politique.
L’issue du scrutin, quelle qu’elle soit, laissera un pays fracturé. Une victoire de Keiko Fujimori, avec une marge aussi infime, exposerait sa présidence à une contestation permanente de la part d’une gauche galvanisée par sa performance électorale inattendue. À l’inverse, un basculement en faveur de Sánchez, improbable mais mathématiquement possible, plongerait les milieux économiques dans l’incertitude. Pour les chancelleries européennes et les investisseurs francophones présents dans la région andine, l’enjeu dépasse la simple alternance : il s’agit de la stabilité d’un pays clé pour l’approvisionnement en minerais, déjà ébranlé par des années de crises institutionnelles. Le Pérou s’apprête à tourner une page, mais le chapitre qui s’ouvre promet d’être tumultueux.
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Au Pérou, le résultat de la présidentielle reste incertain, Keiko Fujimori devançant son rival de moins de 40 000 voix. La gauche dénonce des irrégularités et appelle à la mobilisation, remettant en cause la transparence du dépouillement.
Au Pérou, le dépouillement très lent du second tour place pour l’instant Keiko Fujimori en tête. L’adversaire de gauche dénonce un manque de transparence, alors que le pays attend un résultat définitif.
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