
Ottawa et Riyad officialisent un conseil de coordination et treize accords commerciaux
La visite du premier ministre Carney en Arabie saoudite, la première en vingt-six ans, débouche sur un cadre institutionnel bilatéral et des engagements dans l’énergie, les minerais critiques et l’intelligence artificielle.
Le premier ministre canadien Mark Carney et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ont annoncé, jeudi à Djeddah, la création d’un Conseil de coordination saoudo-canadien présidé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Cette instance, détaillée dans un communiqué conjoint, doit structurer la coopération dans les domaines politique, sécuritaire, économique, commercial, culturel et consulaire. En marge de cette annonce, treize accords commerciaux ont été signés entre entreprises et institutions des deux États, couvrant l’ingénierie, la formation, les services financiers, les technologies de l’information et l’exploitation minière. Selon le bureau du premier ministre canadien, un accord destiné à faciliter l’implantation des entreprises canadiennes dans le royaume devrait être finalisé d’ici l’an prochain.
Du côté canadien, le déplacement est présenté comme un levier de diversification commerciale face à la dépendance envers le marché américain, dans un contexte de tensions tarifaires avec Washington. « Nous nous sommes trop appuyés sur un seul partenaire », a déclaré M. Carney, cité par plusieurs médias, en référence aux États-Unis. Le chef du gouvernement a également défendu une diplomatie de l’engagement direct, affirmant que « faire la leçon aux pays de loin est une stratégie inefficace », tout en précisant que « l’engagement ne vaut pas approbation ». Les milieux d’affaires canadiens, représentés notamment par le Conseil d’affaires Canada-Arabie saoudite, ont salué une « étape importante » permettant de passer de la réconciliation à l’exploration de possibilités concrètes dans la santé, l’énergie, le tourisme et l’éducation.
Du côté saoudien, le ministre de l’Investissement Fahad Al-Saif a décrit une « nouvelle phase de partenariat économique et d’investissement », appuyée par la Vision 2030 du royaume. Il a souligné que le produit intérieur brut saoudien a crû de plus de 85 % depuis 2017, que les activités non pétrolières représentent désormais plus de la moitié du PIB et que 625 entreprises canadiennes opèrent actuellement dans le pays. Le communiqué conjoint insiste sur la volonté de Riyad d’attirer des capitaux et des technologies étrangers dans les secteurs stratégiques – mines, intelligence artificielle, infrastructures, aviation – tout en offrant aux investisseurs saoudiens un accès à l’expertise canadienne. La coopération en matière de défense, de cybersécurité et de lutte antiterroriste figure également parmi les priorités affichées.
Ce rapprochement intervient après une rupture diplomatique profonde. En 2018, le gouvernement de Justin Trudeau avait publiquement critiqué le traitement des militants des droits humains par le royaume, provoquant l’expulsion de l’ambassadeur canadien, le gel des relations commerciales et le rappel de l’ambassadeur saoudien. Les relations bilatérales n’ont été normalisées qu’en 2023. Aujourd’hui, les deux capitales mettent en avant des intérêts économiques convergents : Ottawa cherche à réduire sa vulnérabilité commerciale nord-américaine, tandis que Riyad accélère la diversification de son économie en amont de l’Expo 2030 et de la Coupe du monde de football 2034. Les prochaines étapes incluent l’ouverture de négociations sur un accord de protection des investissements, attendu pour début 2027, et la participation du fonds souverain saoudien au Sommet de l’investissement Canada à Toronto en septembre prochain.
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| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.20 | neutral |
| Presse du Golfe arabe | +0.70 | aligned |
Le Canada, par l'intermédiaire de son premier ministre, célèbre la fin du gel et relance le partenariat, mettant de côté les critiques passées pour se concentrer sur les intérêts économiques.
En utilisant le symbolisme de l'hymne national et les déclarations de Carney sur une 'nouvelle phase', on crée un récit de réconciliation qui minimise les controverses passées.
Les détails du communiqué conjoint saoudo-canadien et les déclarations du ministre saoudien de l'investissement sont omis, ce qui aurait pu équilibrer la perspective canadienne.
L'Arabie saoudite et le Canada formalisent un partenariat stratégique par le biais d'un communiqué conjoint et d'un nouveau conseil de coordination, soulignant la continuité des relations.
En utilisant le langage formel des communiqués officiels et en mettant l'accent sur les relations historiques, la visite est normalisée et le précédent gel diplomatique est minimisé.
Les remarques personnelles de Carney sur le 'mauvais sang' et son intention de ne pas faire la leçon sur les droits de l'homme sont omises, ce qui aurait pu mettre en évidence le changement de position du Canada.
L'Arabie saoudite s'affirme comme un pôle économique en expansion, offrant au Canada une voie de diversification commerciale grâce à des investissements dans les minéraux et l'énergie.
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Le récit du gel diplomatique et les remarques de Carney sur la fin du 'mauvais sang' sont omis, se concentrant uniquement sur les opportunités économiques.
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