
Moscou écarte les accords d’Anchorage et mise sur la victoire en Ukraine
Le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, déclare que la Russie n’attend plus l’application des ententes du sommet Trump-Poutine, mais la réalisation de ses propres objectifs.
Le 21 juin, Iouri Ouchakov, conseiller du président russe pour les affaires étrangères, a affirmé que la Russie ne comptait plus sur la mise en œuvre des « ententes » trouvées lors du sommet entre Vladimir Poutine et Donald Trump à Anchorage, en août 2025. « Nous n’attendons pas l’exécution de ces accords, nous attendons la victoire », a-t-il déclaré selon des propos rapportés par l’agence Interfax. Selon M. Ouchakov, une des parties — implicitement Washington — « n’est pas tout à fait en mesure de remplir sa part du chemin ».
Cette déclaration marque un revirement notable de la rhétorique officielle russe. Depuis l’automne 2025, le Kremlin entretenait l’idée d’un « esprit d’Anchorage », un ensemble de compréhensions mutuelles dont le contenu n’a jamais été précisé publiquement. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait estimé en février que cet esprit « s’évaporait », mais jusqu’à ces derniers jours, M. Ouchakov lui-même n’excluait pas une reprise. Désormais, Moscou affirme s’en remettre exclusivement à la dynamique militaire, qu’elle décrit comme favorable sur le terrain.
Côté occidental, les lectures divergent. L’administration américaine a toujours nié l’existence d’accords formels à Anchorage. Selon la presse russe d’opposition, le sommet aurait pu évoquer un gel du conflit impliquant un retrait ukrainien du Donbass, hypothèse que Kiev a constamment rejetée. La présidence ukrainienne a fait savoir qu’elle subissait des pressions en faveur d’un compromis territorial, sans toutefois confirmer la nature exacte des exigences. En parallèle, le G7, réuni sous présidence française, a réaffirmé son soutien à l’Ukraine dans une déclaration approuvée par Donald Trump, soulignant que « la situation sur le champ de bataille évolue en faveur de l’Ukraine ».
Pour les capitales européennes, cette inflexion russe confirme un durcissement qui éloigne les perspectives de négociation. Les pourparlers, déjà quasi inexistants depuis plusieurs mois, semblent désormais gelés. Moscou maintient sa demande d’un retrait des forces ukrainiennes des régions annexées comme préalable à tout cessez-le-feu, une condition jugée inacceptable par Kiev et ses alliés. Aucune nouvelle initiative diplomatique n’est annoncée pour le moment, tandis que les attaques mutuelles se poursuivent quotidiennement sur le front.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Les médias d'État russes présentent les déclarations d'Ouchakov comme la preuve de la détermination de Moscou à remporter la victoire, écartant les accords d'Anchorage sans importance puisqu'une seule partie les aurait respectés. Ils soulignent la confiance russe, citant les avancées constantes sur le front et la croyance erronée de l'Occident que la Russie peut être vaincue.
La presse continentale européenne replace les propos d'Ouchakov dans le contexte de lourdes frappes réciproques et de victimes, les interprétant comme un nouveau coup porté aux efforts diplomatiques. Elle s'interroge sur la teneur des accords d'Anchorage, jamais précisés, et voit dans la position russe un éloignement de la voie négociée.
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