
Montréal privé de ses têtes d’affiche : Sinner, Djokovic et Alcaraz absents du Masters 1000
Les forfaits successifs de Jannik Sinner, Novak Djokovic et Carlos Alcaraz pour le tournoi canadien relancent le débat sur la densité du calendrier tennistique.
L’Omnium Banque Nationale de Montréal, volet masculin du Masters 1000 canadien, s’annonce orphelin de ses plus prestigieux ambassadeurs. Vendredi, les organisateurs ont confirmé le retrait de l’Italien Jannik Sinner, numéro un mondial, et du Serbe Novak Djokovic, détenteur de vingt-quatre titres du Grand Chelem. Quelques jours plus tôt, l’Espagnol Carlos Alcaraz, troisième à l’ATP, avait lui aussi déclaré forfait, invoquant une blessure au poignet. Ces décisions, motivées par la nécessité de préserver leur santé dans un calendrier surchargé, laissent le tableau montréalais privé de ses trois premières têtes de série pour la deuxième année consécutive.
La direction du tournoi, par la voix de Valérie Tétreault, n’a pas caché sa déception, tout en reconnaissant la légitimité du choix des athlètes. « Nous respectons leur décision et comprenons que, dans un calendrier aussi exigeant, la santé doit primer », a-t-elle déclaré, rejoignant les propos de Sinner qui affirmait vouloir « donner la priorité à [sa] santé ». Mais Mme Tétreault a élargi le propos : « La fréquence de ces retraits de dernière minute soulève un enjeu plus large pour notre sport. » Les organisateurs canadiens ont engagé des discussions avec l’ATP pour que des ajustements protègent l’intégrité des Masters 1000, étapes phares du circuit.
Conséquence directe de ces absences : l’Allemand Alexander Zverev, récent vainqueur de Roland-Garros, et le Canadien Félix Auger-Aliassime, porté par deux quarts de finale consécutifs à Roland-Garros et Wimbledon, deviennent les principaux favoris. Auger-Aliassime, natif du Québec, sera tête de série numéro deux, une première en Masters 1000. Sept Italiens figurent sur la liste d’engagement, dont Lorenzo Musetti et Flavio Cobolli. En Europe, les médias soulignent que Sinner interrompt ainsi une série de six victoires consécutives en Masters 1000, tandis que Djokovic n’a plus foulé le sol canadien depuis 2018.
Loin des feux médiatiques canadiens, d’autres champions écrivent leur propre récit. Le Grec Stefanos Tsitsipas, ancien numéro trois mondial, a conquis le titre à Gstaad, en Suisse, mettant fin à seize mois de disette. Ce douzième sacre sur le circuit ATP, le premier depuis mars 2025, le fait remonter de la 85e à la 55e place mondiale. Sur le gazon suisse, le joueur de vingt-sept ans a fait parler son expérience face au Belge Raphaël Collignon, novice en finale, pour renouer avec la victoire – une trajectoire opposée à celle des têtes d’affiche qui s’économisent en vue des grands rendez-vous.
Ce dilemme entre récupération et compétition ne touche pas que le tennis. Dans le golf, l’Américain Scottie Scheffler, numéro un mondial, a choisi de disputer le 3M Open, tournoi secondaire du PGA Tour dans le Minnesota, plutôt que de rester inactif avant les séries éliminatoires. « Trois semaines de coupure avant les Playoffs ne me semblaient pas l’idéal pour mon rythme », a-t-il expliqué. Un raisonnement qui fait écho aux interrogations du tennis professionnel, où la tension entre l’exigence des tournois majeurs et la préservation des corps dicte désormais, plus que jamais, la stratégie des meilleurs.
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