
Colombie-Ouzbékistan : pluie, sécurité et passion pour le retour du Mundial au stade Azteca
Le match d’ouverture du groupe K oppose la Colombie, de retour après huit ans d’absence, à l’Ouzbékistan du champion du monde italien Fabio Cannavaro, dans un stade Azteca quadrillé par plus de 11 000 policiers et menacé par des orages.
Mercredi 17 juin, le stade Azteca de Mexico renoue avec l’histoire du football mondial en accueillant le premier match de poule du groupe K entre la Colombie et l’Ouzbékistan. Pour les Cafeteros, absents du dernier Mondial au Qatar, ce rendez-vous nocturne (20 heures locales, 4 heures du matin en Italie) marque la fin d’une longue traversée du désert. Les autorités de la capitale mexicaine ont déployé un dispositif de sécurité colossal : 11 219 agents, 923 véhicules, et un plan de circulation « Última Milla » qui ferme les abords du stade dès la mi-journée. La protection civile a émis une alerte jaune aux orages, avec des pluies et possibles chutes de grêle attendues sur l’ensemble de l’agglomération, y compris le quartier de Tlalpan où se dresse le Coloso de Santa Úrsula.
La ferveur colombienne, elle, ignore les intempéries. Des centaines de supporteurs ont envahi les alentours du stade et le centre-ville, transformant le métro et l’Ángel de la Independencia en une fête tricolore. La presse de Bogotá évoque une playlist dédiée et le souvenir des débuts mondiaux mitigés de la sélection (deux victoires pour quatre défaites depuis 1962). En Amérique du Sud, la retransmission est assurée en Argentine par DSports et TyC Sports, tandis qu’aux États-Unis, Fox Sports 1 et Telemundo diffusent le match en anglais et en espagnol pour une diaspora colombienne nombreuse.
L’Europe observe ce duel avec un intérêt particulier. L’agence italienne ANSA rappelle que Fabio Cannavaro, sélectionneur de l’Ouzbékistan, retrouve une Coupe du monde seize ans après avoir soulevé le trophée à Berlin. L’ancien défenseur, qui avait quitté la scène sud-africaine en 2010 sur une élimination douloureuse, dirige aujourd’hui une équipe novice, sans autre star que le défenseur de Manchester City Abdukodir Khusanov. En conférence de presse, il a confessé vouloir « alléger la pression » sur ses joueurs, tout en détaillant un plan pour contenir les flèches colombiennes Luis Díaz et James Rodríguez. Son homologue argentin Néstor Lorenzo, lui aussi finaliste d’un Mondial comme joueur, incarne un destin parallèle qui n’a pas échappé aux médias italiens.
Ce choc des extrêmes – une Colombie qui domine la possession et s’appuie sur des talents évoluant en Europe, face à un bloc ouzbek discipliné et rapide en contre – pourrait être influencé par une pelouse détrempée. Les analystes mexicains soulignent que la pluie favoriserait les transitions rapides, un atout pour les hommes de Cannavaro. Au-delà du résultat, l’enjeu est la deuxième place du groupe K derrière le Portugal de Cristiano Ronaldo, qui partage l’affiche avec la République démocratique du Congo. Pour la Colombie, il s’agit de briser une malédiction des premières journées et de lancer une dynamique à la hauteur de sa génération dorée.
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