
Minions, Toy Story, Supergirl : l’été où les franchises réapprennent à parler
Tandis que les Minions conquièrent le Festival d’Annecy avec un hommage au cinéma muet, Toy Story 5 affronte l’ère des écrans et Supergirl recompose l’univers DC, sous le regard attentif des publics latino-américains.
Dans la grande salle du Festival international du film d’animation d’Annecy, les applaudissements ont salué une scène inattendue : des créatures jaunes en salopette, égarées dans le Hollywood des années 1920, redécouvrant l’art du slapstick devant des caméras à manivelle. Minions & Monsters, septième rejeton de la saga Illumination, y a été présenté comme « la meilleure livraison depuis l’origine », selon la critique européenne, avant de s’élancer vers les écrans latino-américains le 1er juillet. Le film, réalisé par Pierre Coffin, plonge les inséparables serviteurs dans l’âge d’or du muet, où Buster Keaton et Charlie Chaplin deviennent leurs maîtres involontaires – un choix que le fondateur Chris Meledandri justifie par la nature purement gestuelle de ces personnages, « une communication qui passe entièrement par le corps et la comédie physique ».
Ce retour aux sources du cinéma contraste avec la question qui taraude une autre franchise historique. Au moment où Toy Story 5 prend place dans les salles obscures, Tom Hanks, voix éternelle de Woody, a posé ses conditions pour un éventuel sixième volet : « Il faut que cela en vaille la peine, qu’un thème nouveau et pertinent soit exploré, pas seulement prolonger une marque parce que les gens aiment le titre. » L’acteur, interrogé par Entertainment Weekly, a aussi évoqué la possibilité, « effrayante » selon lui, que Pixar recrée un jour sa voix par intelligence artificielle à partir des archives numériques. Le cinquième chapitre, qui met en scène des jouets relégués par l’arrivée d’une tablette dans la vie de Bonnie, a pourtant connu un démarrage solide au Mexique avec 5,2 millions de spectateurs lors de son premier week-end, sans toutefois égaler les chiffres de Super Mario Galaxy, porté par l’élan du jeu vidéo.
La performance mexicaine de Toy Story 5, plombée par la concurrence des matchs de la Coupe du monde de football, illustre la nouvelle géographie des publics. Selon les données de la Cámara Nacional de la Industria Cinematográfica, le film a surtout mobilisé le dimanche, signe d’une sortie familiale qui doit désormais composer avec le calendrier sportif. En Argentine, où les vacances d’hiver australes approchent, les exploitants misent sur un enchaînement de blockbusters familiaux : Supergirl le 25 juin, Minions & Monsters le 2 juillet, puis le remake live-action de Moana le 9 juillet, avec Dwayne Johnson reprenant le rôle de Maui. La presse colombienne, elle, souligne que Minions & Monsters arrive précédé d’un éloge unanime à Annecy, Variety y voyant une « lettre d’amour au Hollywood classique ».
Pendant que les jouets de Pixar luttent contre les écrans, l’univers DC de James Gunn tisse sa propre continuité. Supergirl: Woman of Tomorrow, qui sort au Mexique un jour avant les États-Unis, s’appuie sur un socle narratif patiemment assemblé : la série animée Creature Commandos, le Superman de 2025 et la deuxième saison de Peacemaker. La presse mexicaine insiste sur la nécessité de maîtriser ces trois récits pour saisir pleinement le parcours de Kara Zor-El, une héroïne moins lumineuse que son cousin, marquée par l’alcool et la vengeance, directement inspirée du comic Supergirl: Woman of Tomorrow. Ce maillage serré répond à une exigence de cohérence après des années d’errances scénaristiques, et la première mondiale à Londres a suscité des critiques « extrêmement positives », rapporte Excelsior.
Dans les coulisses de Pixar, un autre choix créatif révèle la tension entre l’émotion directe et la suggestion. Le livre officiel The Art of Toy Story 5 dévoile que le studio avait imaginé un finale où Jessie retrouvait physiquement Emily, devenue grand-mère, pour clore la blessure ouverte depuis Toy Story 2. La coréalisatrice McKenna Harris explique que l’équipe a finalement préféré une résolution plus indirecte : Jessie découvre qu’Emily a prénommé sa fille en son honneur, un geste qui dit la permanence du lien sans le montrer. Ce renoncement au face-à-face, au profit d’une trace laissée dans le nom d’une enfant, fait écho à la leçon des Minions : parfois, le silence et l’absence racontent mieux que les mots.
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La saison estivale du cinéma familial démarre avec Toy Story 5, qui a réalisé une ouverture solide mais sans record, tandis que Tom Hanks pose ses conditions pour un éventuel sixième volet. Supergirl et Minions & Monsters suscitent l'attente, ce dernier étant salué à Annecy comme un retour à la comédie physique classique. Le marché suit les chiffres du box-office, entre nostalgie et nouveaux départs.
Toy Story 5 propose un chapitre où les jouets affrontent non pas un méchant mais l'invasion de la technologie, reflet des angoisses contemporaines. La franchise, qui a engrangé près de 100 milliards de dollars taïwanais en 30 ans, reste une propriété intellectuelle puissante, attirant même des collaborations avec des stars comme Taylor Swift. Parallèlement, le nouveau film d'animation DreamWorks 'L'île perdue' surprend à Annecy, enrichissant un été de divertissement familial mêlant héritage et innovation.
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