
Sous les ors du Peacock Theater, les Emmy 2026 dessinent une géographie éclatée du petit écran
La 78e édition des récompenses télévisuelles américaines, annoncée le 8 juillet, voit le drame médical « The Pitt » et la comédie « Hacks » rafler le plus grand nombre de nominations, tandis que des talents venus de Colombie, d’Australie ou du Canada s’invitent dans la compétition.
Dans le Wolf Theatre du Saban Media Center, à Los Angeles, Liza Colón-Zayas et Jeff Hiller ont égrené, ce mercredi 8 juillet, les noms des prétendants à la 78e cérémonie des Emmy Awards. La comédienne, auréolée d’une statuette pour The Bear, et l’acteur de Somebody Somewhere ont fait défiler les catégories devant un parterre de journalistes et de professionnels, dévoilant un palmarès de nominations où le drame hospitalier The Pitt, avec 25 mentions, et la comédie Hacks, qui en totalise 24 pour son ultime saison, imposent leur empreinte. Derrière eux, la nouveauté horrifique Widow’s Bay (19 nominations) et la dystopie Pluribus (18) confirment la vitalité d’un écosystème où les plateformes de streaming continuent de bousculer les hiérarchies.
Cette édition 2026 s’inscrit dans une tendance à l’internationalisation des récompenses, perceptible à travers plusieurs nominations. Le comédien colombien Carlos Manuel Vesga, révélé par la série colombienne Pobre Pablo, concourt pour le meilleur second rôle dramatique grâce à son interprétation d’un garde-meuble paraguayen dans Pluribus, une production Apple TV+ créée par Vince Gilligan. L’Australienne Sarah Snook, déjà remarquée pour Succession, est citée pour la mini-série All Her Fault, tandis que le Canadien R. Scott Gemmill, créateur de The Pitt, voit sa série diffusée sur Crave au Canada et HBO Max aux États-Unis truster les catégories reines. La presse brésilienne et mexicaine souligne la portée symbolique de ces présences, qui témoignent d’un décentrement progressif du regard hollywoodien.
La cérémonie, prévue le 14 septembre au Peacock Theater, sera présentée par Mariska Hargitay, vedette de Law & Order: Special Victims Unit, première femme à occuper cette fonction depuis quinze ans. Ce choix, salué par les médias italiens et espagnols, intervient alors que l’Académie de télévision a modifié plusieurs règles, fusionnant les catégories de variétés et adoptant un système de vote par seuil pour les émissions de talk-show. Les commentateurs anglo-saxons, du Los Angeles Times au Sydney Morning Herald, y voient une tentative d’adapter la compétition à un paysage audiovisuel fragmenté, où les frontières entre genres et nationalités s’estompent. L’absence remarquée de la série canadienne Heated Rivalry, pourtant plébiscitée par le public, illustre ces tensions : financée intégralement par Bell Media pour la plateforme Crave, elle n’a pu être soumise aux Primetime Emmys, faute de coproduction américaine, et devra se tourner vers les International Emmy Awards.
Au-delà des chiffres, cette moisson de nominations dessine une cartographie des imaginaires contemporains. La postérité de Rob Reiner, assassiné en décembre 2025 et nommé à titre posthume pour son rôle invité dans The Bear, rappelle la porosité entre mémoire intime et célébration industrielle. Le show de la mi-temps du Super Bowl orchestré par le Portoricain Bad Bunny, qui a décroché neuf nominations, transforme un événement sportif en manifeste culturel, avec ses drapeaux latino-américains brandis sous le cri « Juntos somos América ». Alors que les votes finaux s’ouvriront en août, la soirée du 14 septembre s’annonce comme le reflet d’une industrie où les récits, qu’ils émergent d’un hôpital de Pittsburgh, d’un garde-meubles paraguayen ou d’une île maudite de Nouvelle-Angleterre, circulent désormais sans frontières.
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Mariska Hargitay, une légende de la télévision, revient pour faire briller la soirée des Emmy, brisant un monopole masculin de 15 ans.
Souligne le contraste entre la tradition récente des comédiens masculins et le choix d'une femme emblématique, créant un récit de rupture et de progrès.
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