
Libye : libération des activistes pro-Gaza, entre succès diplomatique et récriminations
Les autorités de l’Est libyen ont libéré les dix membres du convoi humanitaire Global Sumud détenus depuis un mois, dont des ressortissants italiens et espagnols, tandis que les organisations de solidarité dénoncent l’absence de condamnation des conditions de détention.
La libération, le 23 juin, des dix activistes du convoi terrestre Global Sumud détenus dans l’est de la Libye depuis le 24 mai a été confirmée par les diplomaties italienne et espagnole. Les trois ressortissants italiens — dont un binational uruguayen — et la citoyenne espagnole Alicia Armesto ont immédiatement été pris en charge par les consulats à Benghazi et à Istanbul, avant de regagner l’Europe le 24 juin. Selon l’organisation Global Sumud, les six autres volontaires, de nationalités tunisienne, argentine, portugaise, américaine et polonaise, devaient être libérés dans les vingt-quatre heures, mettant fin à une détention qualifiée d’« arbitraire » par les organisateurs.
Les autorités de l’Est libyen, sous le contrôle du maréchal Khalifa Haftar et non reconnues par la communauté internationale, justifient ces arrestations par l’entrée sur le territoire « sans accomplissement des procédures légales » et l’absence de permis. Le parquet de Benghazi a ordonné la déportation en invoquant le respect de la souveraineté de l’État et la préservation de l’ordre public. De leur côté, les activistes affirment avoir été interceptés avant le point de contrôle frontalier, puis détenus au secret pendant trois jours dans une structure relevant de l’Agence de sécurité intérieure. Aucune charge formelle n’a été notifiée, et les avocats n’ont pu les rencontrer, selon les témoignages recueillis à leur arrivée à Rome.
Les capitales européennes concernées présentent ce dénouement comme le fruit d’un « travail diplomatique intense ». Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a remercié les services de la Farnesina et les renseignements, tandis que son homologue espagnol, José Manuel Albares, a salué l’action de l’ambassade à Tripoli et du consulat en Turquie. Les familles, ainsi que des responsables régionaux comme le président de la région des Pouilles, ont exprimé leur soulagement. En revanche, la coalition Global Sumud Italia, tout en se réjouissant du retour, a immédiatement critiqué l’absence de condamnation formelle des violations subies et le silence observé pendant trente jours, appelant à des sanctions ciblées et à la suspension de toute coopération avec les responsables de la détention.
Cet épisode s’inscrit dans une mobilisation internationale plus large visant à briser le blocus israélien de Gaza par voie terrestre et maritime. Le convoi, parti de Mauritanie avec sept ambulances, onze camions d’aide et environ deux cents personnes, a été bloqué près de Syrte, tandis que la flottille maritime était interceptée le 18 mai dans les eaux internationales par la marine israélienne, avec plus de quatre cents activistes arrêtés. La fragmentation de la Libye, où coexistent un gouvernement reconnu à Tripoli et une administration parallèle dans l’Est, a transformé ce territoire de transit en zone de non-droit pour les missions humanitaires non étatiques. La campagne Free Them All, menée avec Amnesty International, se poursuit pour exiger des éclaircissements sur les conditions de détention et la libération des derniers activistes encore retenus.
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La libération des militants du convoi pour Gaza a été obtenue grâce à la diplomatie européenne, mais leur retour a été marqué par des tensions : à l'aéroport de Bilbao, des heurts avec la police ont éclaté, tandis qu'en Italie, les militants à peine libérés ont critiqué le gouvernement, minimisant le succès diplomatique. L'affaire met en lumière les nœuds libyens et les contradictions d'une mission humanitaire impliquant aussi des figures controversées.
L'Italie a confirmé la libération de trois militants détenus illégalement en Libye pour avoir participé à une mission humanitaire à destination de Gaza. Leur détention a été condamnée comme faisant partie de la répression israélienne contre ceux qui tentent de briser le siège, suscitant l'indignation internationale. L'affaire souligne la criminalisation de l'aide humanitaire et la solidarité avec la cause palestinienne.
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