
Inspections nucléaires en Iran : l’AIEA annonce des visites, Téhéran les conditionne à un accord final
Le directeur général de l’AIEA affirme que le mémorandum américano-iranien prévoit explicitement une supervision des sites nucléaires, tandis que les responsables iraniens subordonnent tout accès à la levée complète des sanctions.
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré mercredi 3 tir depuis la centrale de Fukushima au Japon que le mémorandum d’entente signé par les présidents américain et iranien « stipule explicitement que les activités nucléaires liées aux matières et installations nucléaires seront placées sous la supervision de l’AIEA – dans tous leurs aspects ». Il en a déduit que des inspections « auront lieu immanquablement », sans toutefois en préciser le calendrier. Cette prise de position intervient alors que les déclarations contradictoires de Washington et de Téhéran sur la portée exacte des engagements pris lors des pourparlers de Suisse révèlent la fragilité du processus enclenché.
Du côté iranien, le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a catégoriquement nié l’existence d’un quelconque « programme ou plan d’accès aux installations ayant subi des attaques et aux matières nucléaires ». Dans un message publié sur le réseau X, il a précisé qu’aucune rencontre avec M. Grossi n’avait eu lieu en Suisse malgré une demande de ce dernier, et que ces questions ne seraient « examinées et réglées que dans le cadre d’un accord final, et à la suite de mesures concrètes de l’autre partie pour mettre fin à toutes les sanctions ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, a pour sa part indiqué que les discussions détaillées sur le volet nucléaire n’avaient pas encore débuté, leur lancement étant conditionné à la mise en œuvre préalable de certaines clauses du mémorandum. Le chef de la délégation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié l’accord intérimaire de « déclaration de défaite de l’Amérique », fruit selon lui de la « résistance et de la puissance de la nation iranienne ».
Les responsables américains, pour leur part, maintiennent que l’Iran a consenti à des inspections élargies. Le président Donald Trump a affirmé sur Fox News que des inspecteurs américains accompagneraient les équipes de l’AIEA, tout en estimant qu’il n’y avait « aucune urgence » car les matières nucléaires auraient été enfouies lors de l’opération « Marteau de minuit ». Le vice-président J.D. Vance avait auparavant salué un « jalon majeur ». Le secrétaire d’État Marco Rubio, en tournée dans les monarchies du Golfe, a évoqué une possible normalisation si l’Iran choisissait de se comporter « comme un pays plutôt que comme un mouvement révolutionnaire exportateur de terrorisme ».
Le mémorandum, négocié sous médiation pakistanaise et qatarie, comporte également un volet sur la réouverture du détroit d’Ormuz, artère énergétique vitale. Le Premier ministre qatari a souligné l’importance d’une ligne de communication directe entre Téhéran et Washington pour contrer les « acteurs incontrôlés » susceptibles de perturber le déminage et la reprise du trafic maritime. Les discussions techniques doivent reprendre la semaine prochaine, probablement au Pakistan, dans le cadre du calendrier de soixante jours fixé pour parvenir à un accord final. Les réticences israéliennes, nourries par l’absence d’engagements nucléaires iraniens fermes et par la suspension temporaire des sanctions américaines, ajoutent une pression supplémentaire sur une architecture diplomatique encore largement dépendante de la levée mutuelle des méfiances.
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Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu'il n'y a aucun plan pour autoriser l'accès aux sites nucléaires attaqués, et qu'aucune rencontre n'a eu lieu avec le chef de l'AIEA malgré sa demande. Les inspections ne seront discutées que dans le cadre d'un accord final et après la levée de toutes les sanctions. La campagne médiatique est rejetée comme une tentative d'imposer un fait accompli.
Le directeur général de l'AIEA a confirmé que le mémorandum signé par les deux présidents inclut explicitement les inspections des installations nucléaires. Malgré les déclarations politiques de certains responsables, l'agence mènera ses activités de vérification comme convenu. Les inspections sont un élément clé de l'entente entre Washington et Téhéran.
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