
Liban : Paris et Rome esquissent une coalition post-FINUL, Beyrouth approuve
La France et l’Italie annoncent la préparation d’une force multinationale pour succéder à la mission onusienne, dont le mandat expire fin 2026, avec le soutien du président libanais Joseph Aoun.
Le président français Emmanuel Macron et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni ont annoncé, le 25 juin, leur intention de constituer une coalition multinationale destinée à prendre le relais de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) après l’expiration de son mandat, fixée au 31 décembre 2026. Le président libanais Joseph Aoun a salué cette initiative, y voyant « une expression sincère de l’engagement international en faveur de la souveraineté et de la stabilité du Liban ». Les deux dirigeants européens, réunis à Antibes, ont justifié cette démarche par la nécessité d’éviter un « vide sécuritaire dangereux » dans le sud du pays, zone frontalière avec Israël où la FINUL est déployée depuis 1978.
Selon les capitales européennes, cette future coalition, qui reste à un stade préparatoire, serait coordonnée avec l’Union européenne et les Nations unies. Paris et Rome, deux des principaux contributeurs de troupes à la FINUL, entendent ainsi pérenniser une présence internationale tout en renforçant les institutions libanaises, en particulier l’armée. Aucun mandat précis, aucune composition ni calendrier opérationnel n’ont été arrêtés, mais l’hypothèse d’une conférence internationale consacrée au Liban a été évoquée par Mme Meloni. L’objectif affiché est d’empêcher que le territoire libanais ne redevienne un « foyer d’escalade régionale », selon les termes du président français.
Du côté libanais, l’initiative est perçue comme une reconnaissance du rôle central des forces armées nationales. Le président Aoun a réaffirmé que « l’armée libanaise est la seule garantie réelle pour la sécurité du Sud et la préservation de la souveraineté », et s’est dit ouvert à toute formule internationale qui renforcerait ses capacités et préserverait l’intégrité territoriale. Cette position s’inscrit dans la continuité de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée après la guerre de 2006, qui prévoyait le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani et le désarmement du Hezbollah – volet jamais appliqué. La nouvelle coalition devra donc composer avec la présence de facto du mouvement chiite, que la FINUL n’a pas été en mesure de désarmer.
Au niveau onusien, le secrétaire général António Guterres a estimé que des Casques bleus resteraient nécessaires après 2026, proposant plusieurs scénarios allant de 2 000 à plus de 5 500 personnels. Toutefois, selon des sources proches du dossier, cette perspective se heurte à l’opposition des États-Unis et d’Israël, qui ont poussé à la fixation d’un terme au mandat de la FINUL en août dernier. Le dossier entre désormais dans une phase de consultations diplomatiques, dont la prochaine étape pourrait être une conférence internationale destinée à préciser le format et le financement du dispositif post-FINUL.
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Paris et Rome prennent les devants pour dessiner l'avenir du Liban après la FINUL, en proposant une coalition multinationale afin d'éviter un vide sécuritaire dangereux. L'initiative, annoncée lors d'un sommet bilatéral, vise à renforcer la souveraineté libanaise et ses forces armées. Les deux capitales européennes soulignent l'urgence d'empêcher un retrait précipité qui pourrait déstabiliser la région.
Moscou considère avec prudence la poussée franco-italienne pour une coalition post-FINUL, y voyant une tentative occidentale de remodeler l'architecture de sécurité au Liban en dehors du cadre onusien. Les observateurs russes avertissent que contourner le mandat de l'ONU pourrait éroder le consensus international et faire du Liban un foyer d'escalade régionale. La proposition est présentée comme une entreprise risquée susceptible d'approfondir les divisions plutôt que de stabiliser le pays.
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