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Société & Culturelundi 22 juin 2026

Les mots de Bogdanovic, ou le racisme ordinaire en direct

Lors du match Belgique-Iran, l’ex-international serbe a attribué l’expulsion d’un défenseur noir à un prétendu déficit de concentration, ravivant le spectre des stéréotypes dans le football.

Au cœur de la seconde période, le stade de Vancouver retient son souffle. Nathan Ngoy, défenseur belge de 23 ans, tente une passe en retrait hasardeuse vers Thibaut Courtois. L’attaquant iranien Mehdi Taremi intercepte le ballon ; Ngoy, dernier rempart, agrippe le maillot adverse. Carton rouge direct. Sur l’écran de contrôle de la télévision publique serbe RTS, l’image de ce geste maladroit se fige. Dans le casque de Rade Bogdanovic, ancien attaquant de l’Atlético Madrid et du Werder Brême reconverti commentateur, l’analyse fuse aussitôt, glaciale : « À ce niveau, en tant que dernier défenseur, rater un ballon arrêté et finir expulsé… J’ai toujours dit que ces joueurs, et je ne suis pas raciste, mais les joueurs noirs n’ont pas la concentration nécessaire pour tenir plus de 60 à 80 minutes. »

L’ancien international yougoslave, âgé de 56 ans, ne s’arrête pas là. Invité par le présentateur à revenir sur ses propos, il les durcit : « J’ai joué avec eux. Parfois, nous devions surveiller nos propres joueurs pour qu’ils ne commettent pas d’erreur. » Puis, comme pour clore le débat : « Si nous voulions entrer dans les détails, nous pourrions. Évidemment, je ne généralise pas, mais la plupart manquent de concentration et ensuite des situations comme celle-ci se produisent. » La séquence, diffusée en direct, est immédiatement relayée par les réseaux sociaux et reprise par la presse belge, italienne, latino-américaine et scandinave.

Dans les Balkans, la figure de Bogdanovic n’en est pas à son premier écart. En 2019, il avait déjà attribué le déclin du Borussia Dortmund à la décision de l’entraîneur d’aligner « quatre Noirs en défense » en fin de saison de Bundesliga. Ce type de commentaire, qui essentialise les qualités physiques ou mentales des joueurs selon leur couleur de peau, s’inscrit dans une tradition discursive où le football sert de caisse de résonance à des préjugés plus larges. La presse serbe, pour l’heure, n’a pas condamné officiellement les propos, et RTS n’a émis aucun communiqué. En Belgique, en revanche, le quotidien Het Nieuwsblad a rappelé les antécédents du commentateur, tandis que les médias francophones ont souligné le silence embarrassé de la chaîne publique.

Au-delà du cas individuel, l’épisode a résonné comme un écho des tensions qui traversent le football mondial. En Amérique latine, les journaux argentins Clarín et Todo Noticias ont titré sur le « scandale » et l’absence de repentir, tandis que le site mexicain Aristegui Noticias a diffusé la vidéo de la séquence, suscitant une vague d’indignation. En Italie, l’agence Adnkronos a qualifié les phrases de « choc », et en Suède, le Göteborgs-Posten a rapporté la consternation de la presse internationale. Partout, la même question affleure : comment un stéréotype aussi éculé peut-il encore trouver place dans une cabine de commentateur, en direct, lors de la plus grande fête du football ?

Alors que la Belgique, dos au mur, doit battre la Nouvelle-Zélande pour espérer franchir le premier tour, l’image qui demeure n’est pas celle d’un tacle ou d’un but, mais celle d’un micro resté ouvert, d’une phrase lâchée comme une évidence, et du silence qui l’a suivie. Un silence qui, des studios de Belgrade aux rédactions de Bruxelles, en dit long sur la banalisation de la parole raciste dans l’arène médiatique.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse latino-américainePresse européenne continentale
Presse latino-américaine
IndignationAlarme

L'ancien joueur a provoqué l'indignation avec un commentaire raciste en direct pendant la Coupe du Monde. Il a affirmé que les joueurs noirs n'ont pas la concentration nécessaire pour tenir au-delà de 80 minutes, liant explicitement la couleur de peau à la performance. L'incident a été largement condamné comme inacceptable dans les médias latino-américains.

Presse européenne continentale
IndignationAlarme

Des propos racistes choquants sur la télévision serbe pendant la Coupe du Monde : un ancien attaquant devenu consultant a déclaré que les joueurs noirs n'ont pas la concentration pour tenir un match entier. Le commentaire a suscité de vives critiques à travers l'Europe, beaucoup s'interrogeant sur l'absence de réaction du diffuseur. L'incident a relancé le débat sur le racisme dans le commentaire sportif.

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lundi 22 juin 2026

Les mots de Bogdanovic, ou le racisme ordinaire en direct

Lors du match Belgique-Iran, l’ex-international serbe a attribué l’expulsion d’un défenseur noir à un prétendu déficit de concentration, ravivant le spectre des stéréotypes dans le football.

Au cœur de la seconde période, le stade de Vancouver retient son souffle. Nathan Ngoy, défenseur belge de 23 ans, tente une passe en retrait hasardeuse vers Thibaut Courtois. L’attaquant iranien Mehdi Taremi intercepte le ballon ; Ngoy, dernier rempart, agrippe le maillot adverse. Carton rouge direct. Sur l’écran de contrôle de la télévision publique serbe RTS, l’image de ce geste maladroit se fige. Dans le casque de Rade Bogdanovic, ancien attaquant de l’Atlético Madrid et du Werder Brême reconverti commentateur, l’analyse fuse aussitôt, glaciale : « À ce niveau, en tant que dernier défenseur, rater un ballon arrêté et finir expulsé… J’ai toujours dit que ces joueurs, et je ne suis pas raciste, mais les joueurs noirs n’ont pas la concentration nécessaire pour tenir plus de 60 à 80 minutes. »

L’ancien international yougoslave, âgé de 56 ans, ne s’arrête pas là. Invité par le présentateur à revenir sur ses propos, il les durcit : « J’ai joué avec eux. Parfois, nous devions surveiller nos propres joueurs pour qu’ils ne commettent pas d’erreur. » Puis, comme pour clore le débat : « Si nous voulions entrer dans les détails, nous pourrions. Évidemment, je ne généralise pas, mais la plupart manquent de concentration et ensuite des situations comme celle-ci se produisent. » La séquence, diffusée en direct, est immédiatement relayée par les réseaux sociaux et reprise par la presse belge, italienne, latino-américaine et scandinave.

Dans les Balkans, la figure de Bogdanovic n’en est pas à son premier écart. En 2019, il avait déjà attribué le déclin du Borussia Dortmund à la décision de l’entraîneur d’aligner « quatre Noirs en défense » en fin de saison de Bundesliga. Ce type de commentaire, qui essentialise les qualités physiques ou mentales des joueurs selon leur couleur de peau, s’inscrit dans une tradition discursive où le football sert de caisse de résonance à des préjugés plus larges. La presse serbe, pour l’heure, n’a pas condamné officiellement les propos, et RTS n’a émis aucun communiqué. En Belgique, en revanche, le quotidien Het Nieuwsblad a rappelé les antécédents du commentateur, tandis que les médias francophones ont souligné le silence embarrassé de la chaîne publique.

Au-delà du cas individuel, l’épisode a résonné comme un écho des tensions qui traversent le football mondial. En Amérique latine, les journaux argentins Clarín et Todo Noticias ont titré sur le « scandale » et l’absence de repentir, tandis que le site mexicain Aristegui Noticias a diffusé la vidéo de la séquence, suscitant une vague d’indignation. En Italie, l’agence Adnkronos a qualifié les phrases de « choc », et en Suède, le Göteborgs-Posten a rapporté la consternation de la presse internationale. Partout, la même question affleure : comment un stéréotype aussi éculé peut-il encore trouver place dans une cabine de commentateur, en direct, lors de la plus grande fête du football ?

Alors que la Belgique, dos au mur, doit battre la Nouvelle-Zélande pour espérer franchir le premier tour, l’image qui demeure n’est pas celle d’un tacle ou d’un but, mais celle d’un micro resté ouvert, d’une phrase lâchée comme une évidence, et du silence qui l’a suivie. Un silence qui, des studios de Belgrade aux rédactions de Bruxelles, en dit long sur la banalisation de la parole raciste dans l’arène médiatique.

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Presse latino-américainePresse européenne continentale
Presse latino-américaine
IndignationAlarme

L'ancien joueur a provoqué l'indignation avec un commentaire raciste en direct pendant la Coupe du Monde. Il a affirmé que les joueurs noirs n'ont pas la concentration nécessaire pour tenir au-delà de 80 minutes, liant explicitement la couleur de peau à la performance. L'incident a été largement condamné comme inacceptable dans les médias latino-américains.

Presse européenne continentale
IndignationAlarme

Des propos racistes choquants sur la télévision serbe pendant la Coupe du Monde : un ancien attaquant devenu consultant a déclaré que les joueurs noirs n'ont pas la concentration pour tenir un match entier. Le commentaire a suscité de vives critiques à travers l'Europe, beaucoup s'interrogeant sur l'absence de réaction du diffuseur. L'incident a relancé le débat sur le racisme dans le commentaire sportif.

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