Se connecter
Édition de 10:00 CETmercredi 24 juin 2026
307 sources · 17 langues864 briefings aujourd'hui
Défense & Sécuritémardi 23 juin 2026

Les États-Unis frappent un réseau nigérian de financement de l’EI, sur fond de controverse autour de l’USAID

Le Trésor américain a désigné un Nigérian et trois bureaux de change comme facilitateurs de l’État islamique, tandis que la fermeture de l’agence d’aide USAID continue d’opposer Elon Musk au Congrès et à Mexico.

Le 1er juillet 2025, le département du Trésor des États-Unis a inscrit sur sa liste de sanctions trois individus et six entités accusés de faciliter les flux financiers de l’organisation État islamique (EI) à travers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest. Parmi eux figure un Nigérian de 35 ans, Mukhtar Adamu Muhammad, résidant à Agege, dans l’État de Lagos, et trois bureaux de change qu’il contrôle : Generation Currency Bureau De Change Limited, Nine to Nine Exchange Bureau De Change Limited (Lagos) et Manhattan Bureau De Change Limited (Kano). Selon l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), ce réseau servait de conduit pour le financement de la branche ouest-africaine de l’EI. Les sanctions, prises en vertu du décret exécutif 13224, gèlent les avoirs aux États-Unis et interdisent toute transaction avec des personnes américaines.

Washington justifie cette action par la volonté de « couper les lignes de vie financières » qui permettent à l’EI de financer des attentats, de soutenir ses affiliés régionaux et de menacer les civils, y compris les minorités religieuses, a déclaré le porte-parole du département d’État, Thomas Pigott. Les autorités américaines soulignent également la coopération avec Abuja, en rappelant l’opération conjointe du 16 mai 2026 qui a conduit à la mort d’Abu-Bilal al-Minuki, numéro deux de l’EI et chef de son administration générale des provinces, chargée de fournir des orientations opérationnelles et des ressources aux branches régionales. Cette coopération s’inscrit dans un contexte tendu : quelques mois plus tôt, le président Trump avait désigné le Nigeria comme « pays particulièrement préoccupant » en raison de persécutions contre les chrétiens, une décision qui avait irrité une partie de l’opinion nigériane.

Ces désignations interviennent alors que le débat sur l’aide étrangère américaine s’envenime. La fermeture de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), orchestrée par le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) dirigé par Elon Musk, a suscité de vives critiques. Le représentant démocrate Ro Khanna, s’appuyant sur une étude publiée dans The Lancet, a accusé ces coupes d’avoir « possiblement condamné à mort 4,5 millions d’enfants » dans le monde. Musk a répliqué en menaçant de poursuites et en pointant un cas de détournement de 9 millions de dollars d’aide humanitaire par un Syrien au profit d’un groupe lié à Al-Qaïda, révélé en 2024 par l’USAID elle-même. Il a aussi relayé un message soulignant que la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait célébré la fermeture de l’agence, qu’elle qualifiait d’« outil de la CIA » et de l’« impérialisme américain », après avoir dénoncé son financement d’organisations d’opposition au Mexique. Cette polarisation illustre la fracture entre les critiques de l’aide américaine, qui y voient un vecteur d’ingérence, et ceux qui alertent sur ses conséquences humanitaires.

Pour l’Afrique de l’Ouest, le ciblage d’un réseau de bureaux de change à Lagos et Kano met en lumière la dépendance de l’EI vis-à-vis des systèmes informels de transfert de fonds, tels que les hawala, pour alimenter ses activités dans la région du lac Tchad. Les sanctions pourraient perturber ces canaux, mais leur efficacité dépendra de la coopération des autorités nigérianes et de la capacité à contourner les circuits traditionnels. Le Trésor américain prévient que les institutions financières étrangères qui faciliteraient des transactions pour les entités désignées s’exposent à des sanctions secondaires et à un accès restreint au système financier américain. Sur le front politique, le débat entre Musk et Khanna devrait se poursuivre, le congressiste ayant défié le milliardaire à un débat public. Le dossier des sanctions, lui, est clos sur le plan administratif, les noms étant désormais inscrits sur la liste SDN, mais les ramifications judiciaires et diplomatiques restent ouvertes.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 1 langues

28%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse africaine subsahariennePresse latino-américaine
Presse africaine subsaharienne/ Anglophone
AlarmePragmatisme

Les États-Unis ont désigné un homme d'affaires nigérian et plusieurs bureaux de change à Lagos dans le cadre d'une répression mondiale contre le financement de l'État islamique. Cette action met en évidence le rôle involontaire du Nigeria dans les réseaux internationaux de financement du terrorisme, suscitant des inquiétudes quant à la surveillance des circuits financiers informels. Les autorités sont désormais sous pression pour renforcer le contrôle des bureaux de change.

Presse latino-américaine/ Marché
ScepticismeIronie

Elon Musk s'est emparé des déclarations de la présidente mexicaine pour justifier le démantèlement de l'USAID, présentant l'aide étrangère comme un gaspillage contre-productif. La querelle avec un élu démocrate a relancé le débat sur la question de savoir si les coupes dans l'aide mettent en danger des millions de vies. Les observateurs latino-américains constatent que les propos des dirigeants régionaux sont instrumentalisés dans les luttes intestines à Washington.

Articles liés

Lire plus
Dernières
MotoGP : Bagnaia quittera Ducati en fin de saison, clap de fin pour un duo historique·Groupe B : le choc Canada-Suisse pour une place dans l’histoire·Déroute des valeurs technologiques mondiales : la bulle de l’IA sous pression·Ronaldo inscrit le Portugal dans l’histoire, entre record planétaire et rivalité avec Messi·Garanties nucléaires et pressions sur Minsk : Moscou redessine l’équation sécuritaire biélorusse·De la Malaisie au Nigeria, une série d’incidents mobilise les polices locales·Réseaux sociaux et mineurs : l’Allemagne écarte l’interdiction, prône un accès encadré à partir de 13 ans·Moscou érige la dissuasion nucléaire en ultime rempart contre une guerre mondiale·MotoGP : Bagnaia quittera Ducati en fin de saison, clap de fin pour un duo historique·Groupe B : le choc Canada-Suisse pour une place dans l’histoire·Déroute des valeurs technologiques mondiales : la bulle de l’IA sous pression·Ronaldo inscrit le Portugal dans l’histoire, entre record planétaire et rivalité avec Messi·Garanties nucléaires et pressions sur Minsk : Moscou redessine l’équation sécuritaire biélorusse·De la Malaisie au Nigeria, une série d’incidents mobilise les polices locales·Réseaux sociaux et mineurs : l’Allemagne écarte l’interdiction, prône un accès encadré à partir de 13 ans·Moscou érige la dissuasion nucléaire en ultime rempart contre une guerre mondiale·
Màj 20:031 langue · 4 sources
PrécédentDéfense & SécuritéSuivant
4 sources|1 langue|3 min de lecture
mardi 23 juin 2026

Les États-Unis frappent un réseau nigérian de financement de l’EI, sur fond de controverse autour de l’USAID

Le Trésor américain a désigné un Nigérian et trois bureaux de change comme facilitateurs de l’État islamique, tandis que la fermeture de l’agence d’aide USAID continue d’opposer Elon Musk au Congrès et à Mexico.

Le 1er juillet 2025, le département du Trésor des États-Unis a inscrit sur sa liste de sanctions trois individus et six entités accusés de faciliter les flux financiers de l’organisation État islamique (EI) à travers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest. Parmi eux figure un Nigérian de 35 ans, Mukhtar Adamu Muhammad, résidant à Agege, dans l’État de Lagos, et trois bureaux de change qu’il contrôle : Generation Currency Bureau De Change Limited, Nine to Nine Exchange Bureau De Change Limited (Lagos) et Manhattan Bureau De Change Limited (Kano). Selon l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), ce réseau servait de conduit pour le financement de la branche ouest-africaine de l’EI. Les sanctions, prises en vertu du décret exécutif 13224, gèlent les avoirs aux États-Unis et interdisent toute transaction avec des personnes américaines.

Washington justifie cette action par la volonté de « couper les lignes de vie financières » qui permettent à l’EI de financer des attentats, de soutenir ses affiliés régionaux et de menacer les civils, y compris les minorités religieuses, a déclaré le porte-parole du département d’État, Thomas Pigott. Les autorités américaines soulignent également la coopération avec Abuja, en rappelant l’opération conjointe du 16 mai 2026 qui a conduit à la mort d’Abu-Bilal al-Minuki, numéro deux de l’EI et chef de son administration générale des provinces, chargée de fournir des orientations opérationnelles et des ressources aux branches régionales. Cette coopération s’inscrit dans un contexte tendu : quelques mois plus tôt, le président Trump avait désigné le Nigeria comme « pays particulièrement préoccupant » en raison de persécutions contre les chrétiens, une décision qui avait irrité une partie de l’opinion nigériane.

Ces désignations interviennent alors que le débat sur l’aide étrangère américaine s’envenime. La fermeture de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), orchestrée par le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) dirigé par Elon Musk, a suscité de vives critiques. Le représentant démocrate Ro Khanna, s’appuyant sur une étude publiée dans The Lancet, a accusé ces coupes d’avoir « possiblement condamné à mort 4,5 millions d’enfants » dans le monde. Musk a répliqué en menaçant de poursuites et en pointant un cas de détournement de 9 millions de dollars d’aide humanitaire par un Syrien au profit d’un groupe lié à Al-Qaïda, révélé en 2024 par l’USAID elle-même. Il a aussi relayé un message soulignant que la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait célébré la fermeture de l’agence, qu’elle qualifiait d’« outil de la CIA » et de l’« impérialisme américain », après avoir dénoncé son financement d’organisations d’opposition au Mexique. Cette polarisation illustre la fracture entre les critiques de l’aide américaine, qui y voient un vecteur d’ingérence, et ceux qui alertent sur ses conséquences humanitaires.

Pour l’Afrique de l’Ouest, le ciblage d’un réseau de bureaux de change à Lagos et Kano met en lumière la dépendance de l’EI vis-à-vis des systèmes informels de transfert de fonds, tels que les hawala, pour alimenter ses activités dans la région du lac Tchad. Les sanctions pourraient perturber ces canaux, mais leur efficacité dépendra de la coopération des autorités nigérianes et de la capacité à contourner les circuits traditionnels. Le Trésor américain prévient que les institutions financières étrangères qui faciliteraient des transactions pour les entités désignées s’exposent à des sanctions secondaires et à un accès restreint au système financier américain. Sur le front politique, le débat entre Musk et Khanna devrait se poursuivre, le congressiste ayant défié le milliardaire à un débat public. Le dossier des sanctions, lui, est clos sur le plan administratif, les noms étant désormais inscrits sur la liste SDN, mais les ramifications judiciaires et diplomatiques restent ouvertes.

Divergence des sources

Défense & Sécurité · 4 sources · 1 langue

28%Moyenne

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Neutre17%
Critique83%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 1 langues

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse africaine subsahariennePresse latino-américaine
Presse africaine subsaharienne/ Anglophone
AlarmePragmatisme

Les États-Unis ont désigné un homme d'affaires nigérian et plusieurs bureaux de change à Lagos dans le cadre d'une répression mondiale contre le financement de l'État islamique. Cette action met en évidence le rôle involontaire du Nigeria dans les réseaux internationaux de financement du terrorisme, suscitant des inquiétudes quant à la surveillance des circuits financiers informels. Les autorités sont désormais sous pression pour renforcer le contrôle des bureaux de change.

Presse latino-américaine/ Marché
ScepticismeIronie

Elon Musk s'est emparé des déclarations de la présidente mexicaine pour justifier le démantèlement de l'USAID, présentant l'aide étrangère comme un gaspillage contre-productif. La querelle avec un élu démocrate a relancé le débat sur la question de savoir si les coupes dans l'aide mettent en danger des millions de vies. Les observateurs latino-américains constatent que les propos des dirigeants régionaux sont instrumentalisés dans les luttes intestines à Washington.

Cette actualité est parue dans

4 sources · 1 langue

Articles liés

Crimes et catastrophes

Canicule en Europe : au moins 40 noyades en France, records de température et infrastructures sous tension

12 langues · 46 sources

Sport

Colombie domine la RD Congo et valide son billet pour les seizièmes de finale

9 langues · 37 sources

Sport

Ronaldo inscrit le Portugal dans l’histoire, entre record planétaire et rivalité avec Messi

8 langues · 22 sources

Lire plus