
Le reflux inattendu des écrans chez les enfants, un tournant mondial
Pour la première fois, le Brésil enregistre une baisse du nombre d’enfants équipés d’un téléphone portable, tandis que les recherches internationales documentent les effets psychologiques d’une exposition précoce et intensive aux réseaux sociaux.
Un indicateur longtemps orienté à la hausse vient de s’inverser au Brésil : la proportion d’enfants de moins de 12 ans possédant un téléphone portable a reculé, une première dans le pays. Ce reflux s’accompagne d’une application à grande échelle de la loi fédérale limitant l’usage des smartphones dans les établissements scolaires, désormais effective dans 92 % des écoles de l’éducation de base. Selon les données relayées par l’Agência Brasil, 95 % des directeurs d’école observent une amélioration de l’attention des élèves, et 88 % établissent un lien entre la restriction et la diminution des cas de cyberharcèlement.
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de prise de conscience documentée par plusieurs travaux scientifiques. En Indonésie, où l’Association des fournisseurs de services internet (APJII) estimait en 2025 que 93 % des adolescents passaient en moyenne 5,8 heures par jour sur les réseaux sociaux, des chercheurs de l’Université d’Indonésie ont relevé que 95,4 % des jeunes de 16 à 24 ans déclaraient des symptômes d’anxiété. Les mécanismes identifiés – comparaison sociale permanente, peur de manquer une information (FOMO), dépendance à la validation par les « likes » – sont au cœur d’une réflexion plus large sur la santé mentale des générations nées avec le numérique, parfois qualifiées de « génération fraise » en raison d’une vulnérabilité émotionnelle accrue.
Les préoccupations ne se limitent pas aux adolescents. Une méta-analyse menée par plusieurs universités britanniques (Leeds, Leeds Trinity, Aston, Loughborough) portant sur l’exposition aux écrans avant l’âge de deux ans conclut à des effets délétères sur le développement du langage, le lien d’attachement et le risque de surstimulation. Les auteurs recommandent l’absence totale d’exposition régulière et intentionnelle aux écrans durant cette période critique. Parallèlement, une étude russe publiée dans le Journal of Sport and Health Science, compilant 59 essais cliniques et plus de 9 000 participants, montre qu’une activité physique régulière augmente de 15 % la probabilité d’arrêter de fumer, offrant une piste complémentaire pour contrer des comportements addictifs souvent liés aux usages numériques.
Face à ces constats, des voix critiques s’élèvent toutefois contre des interdictions généralisées. En Italie, des chercheurs rappellent que la crise de santé mentale des jeunes est davantage corrélée à la dégradation de leurs conditions matérielles qu’à la seule diffusion des réseaux sociaux, et qu’une prohibition sans accompagnement social risque de passer à côté des causes structurelles. Le débat se déplace ainsi vers la recherche d’un équilibre : au Brésil, la restriction scolaire s’accompagne d’un changement des comportements parentaux motivé par la sécurité physique et numérique ; en Indonésie, des voix appellent à une « muhasabah » (introspection) pour transformer les réseaux en outils de partage de connaissances plutôt qu’en sources de validation. Le prochain jalon à observer sera la mise en œuvre effective de l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans annoncée par le gouvernement britannique, dont les modalités précises restent à définir.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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The materials provided for the Russian bloc do not address the topic of digital childhood rollback; they focus on armed conflicts, domestic politics, and local news.
The Latin American bloc materials cover Brazilian politics, justice, and sports, with no connection to the digital childhood theme.
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