
Attaque meurtrière des Houthis au Yémen : 14 soldats tués et tensions ravivées avec Riyad
L'attaque, la plus meurtrière depuis des années selon un officier, a visé des positions près de Hodeida et relance les tensions avec Riyad après un incident impliquant un avion iranien.
Au moins 14 soldats fidèles au gouvernement yéménite internationalement reconnu ont été tués et plus de 20 blessés dans une attaque des rebelles houthis, menée dans la nuit de vendredi à samedi dans le district de Hays, au sud du port stratégique de Hodeida, sur la mer Rouge. Selon un officier militaire progouvernemental, l'assaut, qualifié de « l'attaque la plus meurtrière des Houthis depuis des années », a été repoussé après plusieurs heures de combats acharnés impliquant tireurs d’élite, drones et tirs de mortier. Les forces gouvernementales ont momentanément perdu le contrôle de certaines positions avant de les reconquérir au prix de lourdes pertes.
Du côté houthi, les médias du mouvement, soutenu par l'Iran et partie de l'« axe de la résistance », n'ont pas communiqué de bilan mais ont justifié une récente menace contre les aéroports et infrastructures « vitales » saoudiennes. Selon ces sources, Riyad aurait violé l'espace aérien yéménite et tenté d'empêcher l'atterrissage d'un avion iranien qui, d'après elles, transportait une délégation houthie en partance pour des obsèques à Téhéran. L'incident aérien, dont les détails restent opaques, a servi de détonateur à une brusque montée des tensions entre les rebelles et l'Arabie saoudite, principal soutien du gouvernement d'Aden.
Cet accrochage survient alors que le conflit, qui a fait des centaines de milliers de morts depuis 2015 et provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde, était largement gelé depuis la trêve négociée par les Nations unies en 2022. Les Houthis contrôlent toujours la capitale Sanaa et une grande partie du nord du pays, dont Hodeida, tandis que le gouvernement reconnu conserve le sud. Les lignes de front n'avaient pas connu de déplacement majeur, ce qui fait de cette attaque une rupture significative. Les chancelleries occidentales, en particulier à Washington et à Londres, y voient une possible manœuvre de Téhéran visant à détourner l'attention du conflit à Gaza ou à tester les limites de la désescalade régionale, tandis que Moscou appelle généralement à la retenue.
La menace houthie contre l'Arabie saoudite, si elle était mise à exécution, pourrait entraîner une riposte de la coalition menée par Riyad et compromettre les efforts diplomatiques en cours, notamment le processus de paix sous l'égide de l'ONU. Le Conseil de sécurité devrait se pencher sur la situation lors de ses prochaines consultations, tandis qu'aucune réactivation du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu n'a été annoncée. Pour l'Union européenne, engagée dans des programmes humanitaires au Yémen, une reprise des hostilités à grande échelle aggraverait une situation déjà catastrophique et risquerait d'élargir le théâtre des conflits au Moyen-Orient.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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The Houthi attack was the deadliest in years, killing 14 government troops. Government forces briefly lost positions but retook them in a counterattack. An anonymous officer provided details, emphasizing the severity of the incident.
The attack by Iran-backed Houthis killed 14 government soldiers in Yemen, marking the first such offensive in years. Government forces repelled the attack. The war, ongoing since 2015, continues to claim lives.
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