
Le président polonais retire l’Ordre de l’Aigle blanc à Zelensky sur fond de querelle mémorielle
La décision de Karol Nawrocki, motivée par l’hommage de Kiev à l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, provoque une riposte diplomatique de l’Ukraine et ravive les tensions historiques entre les deux alliés.
Vendredi, le président polonais Karol Nawrocki a annoncé le retrait de l’Ordre de l’Aigle blanc, la plus haute distinction de Pologne, décernée en 2023 au président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cette décision fait suite à un décret signé le 26 mai par Kiev attribuant à une unité des forces spéciales ukrainiennes le nom honorifique de « Héros de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne » (UPA).
Pour Varsovie, l’UPA est responsable du massacre d’environ 100 000 civils polonais en Volhynie entre 1943 et 1945, un crime qualifié de génocide par le Parlement polonais en 2016. Le président Nawrocki a justifié sa décision en affirmant que « la vérité historique n’est pas et ne sera jamais une monnaie d’échange », tout en précisant que cette mesure ne modifie pas le soutien stratégique de la Pologne à l’Ukraine face à la Russie. Du côté ukrainien, le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha a dénoncé une « erreur stratégique » et une démarche « irrespectueuse », estimant que « seule Moscou en tire profit ». Il a annoncé qu’il renverrait à Varsovie sa propre décoration polonaise, reçue en 2022. Le président Zelensky ne s’est pas exprimé directement, mais son chef de la diplomatie a souligné qu’« aucun président d’un autre pays ne nous dictera notre histoire ».
La controverse révèle une fracture au sommet de l’État polonais. Le premier ministre Donald Tusk, issu d’une famille politique libérale opposée au président nationaliste, a mis en garde contre une escalade qui « réjouit Poutine et choque nos alliés », appelant à « faire baisser la tension ». Selon plusieurs sources à Varsovie, la révocation de l’ordre pourrait nécessiter le contreseing du chef du gouvernement pour produire tous ses effets juridiques, ce qui laisse planer une incertitude sur sa mise en œuvre définitive. L’affaire survient à quelques jours de la conférence annuelle sur la reconstruction de l’Ukraine, prévue à Gdańsk les 25 et 26 juin, et pourrait compromettre la participation de M. Zelensky.
Au-delà du symbole, ce différend mémoriel touche à la candidature de l’Ukraine à l’Union européenne. Dans son allocution, le président polonais a lié l’hommage à l’UPA à l’exigence d’un « examen honnête des chapitres difficiles de sa propre histoire », condition selon lui à toute adhésion. Les capitales européennes, tout en réaffirmant leur soutien à Kiev, observent avec préoccupation une querelle qui affaiblit le front uni contre Moscou. Moscou, par la voix du Kremlin, a publiquement approuvé la demande polonaise de retrait de la distinction, y voyant la confirmation de divergences au sein du camp occidental.
Les travaux d’exhumation et de réconciliation historique engagés ces derniers mois entre les deux pays avaient permis des avancées, notamment sur l’identification des victimes polonaises en territoire ukrainien. La crise actuelle risque de compromettre ces progrès. La conférence de Gdańsk pourrait servir de test pour la capacité des deux gouvernements à contenir la crise, tandis que la décision présidentielle polonaise reste suspendue à l’approbation du chef du gouvernement, dont la position est attendue dans les prochains jours.
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La Pologne a enfin reconnu le caractère nazi du régime de Kiev, retirant à Zelensky sa plus haute distinction après qu'il a glorifié l'UPA, organisation extrémiste interdite en Russie. Des responsables russes suggèrent par moquerie qu'il devrait désormais porter la Croix de fer hitlérienne. Cette décision polonaise confirme les accusations de longue date de la Russie.
Le président polonais a retiré l'Ordre de l'Aigle blanc à Zelensky après que celui-ci a nommé une unité militaire d'après l'UPA, responsable de massacres de Polonais pendant la guerre. L'Ukraine a condamné cette décision comme une erreur stratégique et irrespectueuse, tandis que le Premier ministre polonais a appelé à ne pas gaspiller la solidarité. La querelle menace l'alliance cruciale contre la Russie.
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