
La Tartan Army, de Boston à Miami : une déferlante écossaise en Amérique
Entre liesse bon enfant et diplomatie spontanée, les supporters écossais ont conquis les villes hôtes de la Coupe du monde, laissant derrière eux un sillage d’amitiés inattendues.
Le geste est inédit dans les annales du football : à Boston, la maire Michelle Wu a signé une lettre d’intention pour un jumelage avec Glasgow, en présence de milliers de supporteurs écossais entonnant leur slogan « No Scotland, no party ». Quelques jours plus tôt, le quotidien The Boston Globe avait publié une lettre ouverte remerciant la Tartan Army « pour le rire, les cornemuses et les souvenirs », saluant des hôtes comme la ville n’en avait jamais reçus. Ce qui devait être un simple déplacement pour suivre la première Coupe du monde de l’Écosse depuis vingt-huit ans s’est mué en un phénomène social scruté bien au-delà des stades.
Selon les autorités touristiques de la Nouvelle-Angleterre, près de 50 000 Écossais ont convergé vers Boston pour les deux premiers matchs de poule – une victoire 1-0 contre Haïti, une défaite sur le même score face au Maroc. Vêtus du kilt à motif tartan, ils ont occupé les pubs jusqu’à épuisement des stocks, contraint les brasseurs à des livraisons d’urgence, et détourné l’interdiction de consommer de l’alcool dans l’espace public avant dix heures en affrétant un bateau transformé en taverne flottante. La presse allemande, qui avait déjà observé le même engouement lors de l’Euro 2024 à Munich, Cologne et Stuttgart, souligne une constante : l’autorégulation exemplaire de ces foules, où aucun incident violent n’a été signalé. Un match de baseball des Red Sox a même été le théâtre d’un défilé de plusieurs milliers de supporteurs en liesse, chantant des heures durant comme s’il s’agissait de leur propre équipe.
Le contraste est saisissant à l’arrivée en Floride. À Miami, la Tartan Army se fond dans une métropole plus vaste, partagée avec une importante communauté latino-américaine et de nombreux supporteurs brésiliens et argentins. Les températures ressenties avoisinent les 43 degrés, et la police locale, contrairement à celle de Boston, rappelle à l’ordre un homme qui coiffe une statue d’un cône de signalisation : « Vous n’êtes plus à Boston ». Pourtant, la marche organisée dans le quartier de Little Havana jusqu’au stade des Miami Marlins a de nouveau rassemblé des milliers de kilts, accompagnés cette fois par des habitants américains, dont l’un confiait, dépité, ne pas avoir reçu son kilt à temps. Les médias brésiliens, de leur côté, relèvent que la fête écossaise a déjà conquis les réseaux sociaux, où les vidéos de la procession sont devenues virales.
Ce périple nord-américain s’inscrit dans un contexte footballistique particulier. L’Écosse, emmenée par le sélectionneur Steve Clarke, dispute sa première phase finale mondiale depuis 1998. Les observateurs européens notent que l’équipe allie un engagement sans faille à une pauvreté technique récurrente, mais que l’humeur des supporteurs reste imperméable aux résultats. Pour beaucoup, l’essentiel réside dans l’expérience collective, le chant du Flower of Scotland et l’espoir, après huit tentatives infructueuses, de franchir enfin un premier tour de Coupe du monde.
Le prochain chapitre s’écrira au Hard Rock Stadium, où l’Écosse affronte le Brésil pour son dernier match de groupe. Le département de police de Miami anticipe entre 2 000 et 10 000 supporteurs écossais, promettant de les accueillir « en toute sécurité et avec une expérience chaleureuse ». L’issue de cette rencontre déterminera si la Tartan Army prolonge son séjour américain ou si, comme le résume un supporteur de Peterhead, ce troisième et dernier Mondial de sa vie s’achèvera sous le soleil de Floride.
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La Tartan Army, avec ses kilts et ses cornemuses, est devenue une sensation virale, conquérant les cœurs à Boston puis à Miami. Leur invasion festive est dépeinte comme une joyeuse conquête des villes américaines, soulignant le charme unique de la culture des supporters écossais.
Les supporters écossais voyagent de Boston à Miami, confrontés à un contraste saisissant de climat et d'atmosphère. Le récit se concentre sur leur adaptation à la chaleur et sur l'expérience différente de la Coupe du monde dans l'État ensoleillé, en notant le changement culturel.
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