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Médias & Divertissementdimanche 21 juin 2026

La poupée et le fantôme : l’adieu aux écrans de l’enfance hollywoodienne

Entre le retour controversé de Toy Story 5 et le succès inattendu de films d’horreur à petit budget, l’industrie du cinéma voit ses vieux jouets remisés au grenier.

Un croquis au crayon, dévoilé dans le livre d’art officiel de Pixar, montre une vieille dame aux cheveux blancs tendant une poupée de cow-girl à sa petite-fille. Emily, la toute première propriétaire de Jessie, aurait dû réapparaître dans le montage final de Toy Story 5, mais l’équipe créative a écarté cette séquence de retrouvailles, lui préférant un legs plus symbolique : dans le film sorti en salles, on apprend qu’Emily a prénommé sa fille Jessie. Selon la presse mexicaine, la coréalisatrice McKenna Harris voyait dans cette image un moyen de refermer le cycle de l’abandon ouvert depuis le deuxième volet. Finalement, le jouet ne croise pas le regard de l’humaine vieillie, et la nostalgie demeure en suspens.

Le dessin mis au rebut trouve un écho troublant dans la métamorphose physique de Joan Cusack, l’interprète vocale de Jessie, dont le retour devant les caméras a suscité une avalanche de commentaires en Amérique latine. À soixante-trois ans, l’actrice deux fois nommée aux Oscars a choisi une vie discrète à Chicago, loin des contraintes d’Hollywood, et son apparence transformée alimente, selon la chaîne argentine C5N, un débat où se confondent vie privée et image publique. Toy Story 5, lui-même, abandonne la traditionnelle classification « tout public » pour un avertissement parental, une première pour la franchise, en raison de thèmes plus sombres : la tablette Lilypad, grenouille numérique, y incarne la menace de l’obsolescence des jeux matériels.

Cette inquiétude n’est pas propre à l’animation. La critique italienne d’Internazionale célèbre deux films d’horreur autoproduits, Backrooms et Obsession, réalisés avec des budgets dérisoires par des vidéastes issus de YouTube, et qui ont damé le pion à de coûteuses superproductions comme les dernières itérations de Star Wars ou He-Man. Backrooms, en particulier, exploite l’angoisse d’espaces abandonnés — bureaux déserts, centres commerciaux fantômes — pour figurer, sans didactisme, l’effritement des États-Unis analogiques. Là où Toy Story 5 ancre sa nostalgie dans le souvenir heureux des chambres d’enfant, ces jeunes cinéastes amplement le malaise d’un passé dévitalisé, simple enveloppe qui continue de hanter les vivants.

Ce basculement se lit aussi dans la manière de projeter. Les observateurs brésiliens du portail UOL constatent l’effondrement des séances en 3D : à peine 2,6 % des films sortis en 2025 au Brésil proposaient la technologie qui, il y a quinze ans, promettait d’immerger définitivement le spectateur. Toy Story 5 conserve un quart de ses séances tridimensionnelles, mais la plupart des exploitants, note une réalisatrice spécialiste de réalité virtuelle citée par UOL, ne s’en servent que pour gonfler le prix des billets, sans réelle intention narrative. Les données de fréquentation relayées par la presse iranienne confirment que le dessin animé surpasse néanmoins la concurrence abîmée : face aux 71 millions de dollars de recettes en un jour, le dernier Spielberg accuse une chute de 69 % dès sa deuxième semaine d’exploitation.

Le jouet et le fantôme partagent désormais le même espace. Dans les couloirs sans fin de Backrooms, le vide commercial devient un cauchemar analogique ; sur l’étagère de Bonnie, la grenouille connectée Lilypad absorbe le temps de jeu. Et tandis que les grands studios tremblent, un crayonné non filmé murmure que le vrai dénouement se serait peut-être joué dans la main ridée d’une vieille dame qui passait une poupée à l’enfant suivante, comme on se transmet un souvenir qui ne s’éteint pas.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 4 langues

32%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse latino-américainePresse européenne continentale
Presse latino-américaine
DétachementPragmatisme

Latin American coverage focuses on the human and nostalgic aspects of Toy Story 5: Joan Cusack's return after a six-year hiatus, her physical transformation, and the revelation of an alternate ending featuring the emotional reunion between Jessie and Emily. Practical aspects like the film's runtime and the shift from 3D to IMAX screens are also discussed in a descriptive, non-judgmental tone.

Presse européenne continentale
ScepticismePragmatisme

The continental European perspective frames Toy Story 5 within a critical analysis of the Hollywood industry, contrasting the low-budget successes of horror films made by YouTubers with the flops of established franchises like Masters of the Universe and Star Wars. Without focusing directly on the film, the piece suggests a shift in audience preferences and a crisis for traditional blockbusters.

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dimanche 21 juin 2026

La poupée et le fantôme : l’adieu aux écrans de l’enfance hollywoodienne

Entre le retour controversé de Toy Story 5 et le succès inattendu de films d’horreur à petit budget, l’industrie du cinéma voit ses vieux jouets remisés au grenier.

Un croquis au crayon, dévoilé dans le livre d’art officiel de Pixar, montre une vieille dame aux cheveux blancs tendant une poupée de cow-girl à sa petite-fille. Emily, la toute première propriétaire de Jessie, aurait dû réapparaître dans le montage final de Toy Story 5, mais l’équipe créative a écarté cette séquence de retrouvailles, lui préférant un legs plus symbolique : dans le film sorti en salles, on apprend qu’Emily a prénommé sa fille Jessie. Selon la presse mexicaine, la coréalisatrice McKenna Harris voyait dans cette image un moyen de refermer le cycle de l’abandon ouvert depuis le deuxième volet. Finalement, le jouet ne croise pas le regard de l’humaine vieillie, et la nostalgie demeure en suspens.

Le dessin mis au rebut trouve un écho troublant dans la métamorphose physique de Joan Cusack, l’interprète vocale de Jessie, dont le retour devant les caméras a suscité une avalanche de commentaires en Amérique latine. À soixante-trois ans, l’actrice deux fois nommée aux Oscars a choisi une vie discrète à Chicago, loin des contraintes d’Hollywood, et son apparence transformée alimente, selon la chaîne argentine C5N, un débat où se confondent vie privée et image publique. Toy Story 5, lui-même, abandonne la traditionnelle classification « tout public » pour un avertissement parental, une première pour la franchise, en raison de thèmes plus sombres : la tablette Lilypad, grenouille numérique, y incarne la menace de l’obsolescence des jeux matériels.

Cette inquiétude n’est pas propre à l’animation. La critique italienne d’Internazionale célèbre deux films d’horreur autoproduits, Backrooms et Obsession, réalisés avec des budgets dérisoires par des vidéastes issus de YouTube, et qui ont damé le pion à de coûteuses superproductions comme les dernières itérations de Star Wars ou He-Man. Backrooms, en particulier, exploite l’angoisse d’espaces abandonnés — bureaux déserts, centres commerciaux fantômes — pour figurer, sans didactisme, l’effritement des États-Unis analogiques. Là où Toy Story 5 ancre sa nostalgie dans le souvenir heureux des chambres d’enfant, ces jeunes cinéastes amplement le malaise d’un passé dévitalisé, simple enveloppe qui continue de hanter les vivants.

Ce basculement se lit aussi dans la manière de projeter. Les observateurs brésiliens du portail UOL constatent l’effondrement des séances en 3D : à peine 2,6 % des films sortis en 2025 au Brésil proposaient la technologie qui, il y a quinze ans, promettait d’immerger définitivement le spectateur. Toy Story 5 conserve un quart de ses séances tridimensionnelles, mais la plupart des exploitants, note une réalisatrice spécialiste de réalité virtuelle citée par UOL, ne s’en servent que pour gonfler le prix des billets, sans réelle intention narrative. Les données de fréquentation relayées par la presse iranienne confirment que le dessin animé surpasse néanmoins la concurrence abîmée : face aux 71 millions de dollars de recettes en un jour, le dernier Spielberg accuse une chute de 69 % dès sa deuxième semaine d’exploitation.

Le jouet et le fantôme partagent désormais le même espace. Dans les couloirs sans fin de Backrooms, le vide commercial devient un cauchemar analogique ; sur l’étagère de Bonnie, la grenouille connectée Lilypad absorbe le temps de jeu. Et tandis que les grands studios tremblent, un crayonné non filmé murmure que le vrai dénouement se serait peut-être joué dans la main ridée d’une vieille dame qui passait une poupée à l’enfant suivante, comme on se transmet un souvenir qui ne s’éteint pas.

Divergence des sources

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À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

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Neutre80%
Critique20%

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Presse latino-américaine
DétachementPragmatisme

Latin American coverage focuses on the human and nostalgic aspects of Toy Story 5: Joan Cusack's return after a six-year hiatus, her physical transformation, and the revelation of an alternate ending featuring the emotional reunion between Jessie and Emily. Practical aspects like the film's runtime and the shift from 3D to IMAX screens are also discussed in a descriptive, non-judgmental tone.

Presse européenne continentale
ScepticismePragmatisme

The continental European perspective frames Toy Story 5 within a critical analysis of the Hollywood industry, contrasting the low-budget successes of horror films made by YouTubers with the flops of established franchises like Masters of the Universe and Star Wars. Without focusing directly on the film, the piece suggests a shift in audience preferences and a crisis for traditional blockbusters.

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