Se connecter
Édition de 16:00 CETsamedi 20 juin 2026
307 sources · 17 langues792 briefings aujourd'hui
vendredi 1 mai 2026

La note d’adieu dissimulée d’Epstein : sept ans d’opacité judiciaire ravivent les soupçons

Près de sept ans après la mort de Jeffrey Epstein dans sa cellule de Manhattan, une pièce potentiellement capitale demeure scellée dans un coffre-fort judiciaire new-yorkais, invisible aux yeux des enquêteurs fédéraux comme du public. Il s’agit d’une feuille jaune arrachée à un bloc-notes, retrouvée par son codétenu de l’époque, l’ex-policier Nicholas Tartaglione, lui-même condamné pour un quadruple homicide. L’existence de ce document a été révélée jeudi par la presse américaine, qui a aussitôt demandé sa déclassification, tandis que le ministère de la Justice admettait ne l’avoir jamais consulté. Ce paradoxe — un élément ignoré par l’appareil fédéral mais enfermé dans un dossier parallèle — donne une nouvelle ampleur aux zones d’ombre entourant la fin du financier déchu, inculpé pour trafic et abus sexuels sur mineures.

Les récits de plusieurs continents convergent sur les circonstances de la découverte. En juillet 2019, après un premier geste suicidaire où Epstein fut trouvé inconscient avec un linge autour du cou, Tartaglione affirme avoir découvert le message glissé dans une bande dessinée de sa cellule. Les mots, que restituent aussi bien les médias italiens et espagnols que les publications indiennes et australiennes, tenaient en une phrase lapidaire : « Qu’attendez-vous de moi, que j’éclate en sanglots ? Il est temps de dire au revoir. » Selon le codétenu, Epstein y soutenait que les enquêteurs n’avaient « rien trouvé » contre lui. Or, plutôt que de remettre ce document aux autorités carcérales, l’avocat de Tartaglione l’aurait conservé jusqu’à ce qu’un juge fédéral le place sous scellés dans le cadre de la procédure visant son client, où il dort depuis 2019.

Ce détail a de quoi troubler. La presse anglo-saxonne rappelle que Tartaglione avait un motif stratégique : il songeait à utiliser la note pour étayer une défense selon laquelle Epstein l’avait accusé d’agression lors de son premier passage à l’acte, avant d’écarter cette version. La feuille jaune n’a donc jamais été transmise au procureur chargé de faire la lumière sur la mort d’Epstein, survenue le 10 août 2019, après son transfert dans une cellule isolée. Les enquêtes internes, ainsi que les millions de pages déclassifiées par la suite, n’en font aucune mention substantielle. Un simple « indice cryptique » figure dans une chronologie publiée par le Département de la Justice, une ellipse qui, vue d’Europe, renforce l’impression d’une vérité officielle trop soigneusement calibrée.

Pour les observateurs d’Afrique francophone et du Canada, où l’affaire Epstein a résonné comme le symptôme d’une impunité des élites, ce nouvel épisode accentue la perception d’une justice à plusieurs vitesses. Il s’inscrit dans une séquence plus vaste : un détenu de très haute notoriété, une surveillance défaillante et un décès rapidement qualifié de suicide, que des voix dissidentes, à Beyrouth comme à Bruxelles, n’ont jamais cessé de contester. Le silence persistant autour de cet ultime mot manuscrit nourrit inévitablement les théories alternatives, en dépit des conclusions médico-légales.

L’initiative du New York Times, qui réclame la levée des scellés, ouvre une nouvelle phase processuelle. Si le juge accède à cette demande, l’analyse graphologique et stylométrique du billet pourrait établir s’il est bien de la main d’Epstein, et éclairer ses dispositions mentales dans les heures précédant sa disparition. Mais au-delà de l’aspect technique, c’est la crédibilité de toute une chaîne de responsabilité qui est en jeu. Un document resté hors de portée des investigations fédérales pendant sept ans interroge sur les angles morts que sécrètent les méandres de la procédure américaine. Jusqu’à ce que la justice new-yorkaise décide de trancher ce nœud, l’opinion internationale restera suspendue entre le besoin de clarté et le soupçon tenace d’un effacement orchestré des preuves les plus intimes.

Dernières
Téhéran brandit la fermeture du détroit d’Ormuz après l’échec de la trêve au Liban·L’Iran proclame la fermeture du détroit d’Ormuz face à la poursuite des combats au Liban·Équateur-Curaçao, un face-à-face inédit sous le signe de l’urgence·Au-delà des cravates et des memes : ce que cache la fête des Pères·Souveraineté et nouvelles armes : la pression chinoise s'intensifie sur plusieurs fronts en mer de Chine·Fertilité en berne : quand le choix de devenir parent n’est plus une évidence·Nouveau raid russe meurtrier sur Kharkiv, Moscou promet d'intensifier ses frappes·La noce fantôme de Taylor Swift, ou la rumeur comme art populaire·Téhéran brandit la fermeture du détroit d’Ormuz après l’échec de la trêve au Liban·L’Iran proclame la fermeture du détroit d’Ormuz face à la poursuite des combats au Liban·Équateur-Curaçao, un face-à-face inédit sous le signe de l’urgence·Au-delà des cravates et des memes : ce que cache la fête des Pères·Souveraineté et nouvelles armes : la pression chinoise s'intensifie sur plusieurs fronts en mer de Chine·Fertilité en berne : quand le choix de devenir parent n’est plus une évidence·Nouveau raid russe meurtrier sur Kharkiv, Moscou promet d'intensifier ses frappes·La noce fantôme de Taylor Swift, ou la rumeur comme art populaire·
Màj 19:256 langues · 14 sources
14 sources|6 langues|3 min de lecture
vendredi 1 mai 2026

La note d’adieu dissimulée d’Epstein : sept ans d’opacité judiciaire ravivent les soupçons

Près de sept ans après la mort de Jeffrey Epstein dans sa cellule de Manhattan, une pièce potentiellement capitale demeure scellée dans un coffre-fort judiciaire new-yorkais, invisible aux yeux des enquêteurs fédéraux comme du public. Il s’agit d’une feuille jaune arrachée à un bloc-notes, retrouvée par son codétenu de l’époque, l’ex-policier Nicholas Tartaglione, lui-même condamné pour un quadruple homicide. L’existence de ce document a été révélée jeudi par la presse américaine, qui a aussitôt demandé sa déclassification, tandis que le ministère de la Justice admettait ne l’avoir jamais consulté. Ce paradoxe — un élément ignoré par l’appareil fédéral mais enfermé dans un dossier parallèle — donne une nouvelle ampleur aux zones d’ombre entourant la fin du financier déchu, inculpé pour trafic et abus sexuels sur mineures.

Les récits de plusieurs continents convergent sur les circonstances de la découverte. En juillet 2019, après un premier geste suicidaire où Epstein fut trouvé inconscient avec un linge autour du cou, Tartaglione affirme avoir découvert le message glissé dans une bande dessinée de sa cellule. Les mots, que restituent aussi bien les médias italiens et espagnols que les publications indiennes et australiennes, tenaient en une phrase lapidaire : « Qu’attendez-vous de moi, que j’éclate en sanglots ? Il est temps de dire au revoir. » Selon le codétenu, Epstein y soutenait que les enquêteurs n’avaient « rien trouvé » contre lui. Or, plutôt que de remettre ce document aux autorités carcérales, l’avocat de Tartaglione l’aurait conservé jusqu’à ce qu’un juge fédéral le place sous scellés dans le cadre de la procédure visant son client, où il dort depuis 2019.

Ce détail a de quoi troubler. La presse anglo-saxonne rappelle que Tartaglione avait un motif stratégique : il songeait à utiliser la note pour étayer une défense selon laquelle Epstein l’avait accusé d’agression lors de son premier passage à l’acte, avant d’écarter cette version. La feuille jaune n’a donc jamais été transmise au procureur chargé de faire la lumière sur la mort d’Epstein, survenue le 10 août 2019, après son transfert dans une cellule isolée. Les enquêtes internes, ainsi que les millions de pages déclassifiées par la suite, n’en font aucune mention substantielle. Un simple « indice cryptique » figure dans une chronologie publiée par le Département de la Justice, une ellipse qui, vue d’Europe, renforce l’impression d’une vérité officielle trop soigneusement calibrée.

Pour les observateurs d’Afrique francophone et du Canada, où l’affaire Epstein a résonné comme le symptôme d’une impunité des élites, ce nouvel épisode accentue la perception d’une justice à plusieurs vitesses. Il s’inscrit dans une séquence plus vaste : un détenu de très haute notoriété, une surveillance défaillante et un décès rapidement qualifié de suicide, que des voix dissidentes, à Beyrouth comme à Bruxelles, n’ont jamais cessé de contester. Le silence persistant autour de cet ultime mot manuscrit nourrit inévitablement les théories alternatives, en dépit des conclusions médico-légales.

L’initiative du New York Times, qui réclame la levée des scellés, ouvre une nouvelle phase processuelle. Si le juge accède à cette demande, l’analyse graphologique et stylométrique du billet pourrait établir s’il est bien de la main d’Epstein, et éclairer ses dispositions mentales dans les heures précédant sa disparition. Mais au-delà de l’aspect technique, c’est la crédibilité de toute une chaîne de responsabilité qui est en jeu. Un document resté hors de portée des investigations fédérales pendant sept ans interroge sur les angles morts que sécrètent les méandres de la procédure américaine. Jusqu’à ce que la justice new-yorkaise décide de trancher ce nœud, l’opinion internationale restera suspendue entre le besoin de clarté et le soupçon tenace d’un effacement orchestré des preuves les plus intimes.

Divergence des sources

— · 14 sources · 6 langues

0%Faible

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Cette actualité est parue dans

14 sources · 6 langues

Articles liés

Géopolitique et Politique

L’Iran proclame la fermeture du détroit d’Ormuz face à la poursuite des combats au Liban

7 langues · 37 sources

Crimes et catastrophes

Munich : collision de deux trains de fret, un mort et deux wagons précipités d’un pont

11 langues · 20 sources

Sport

Derrière Cunha et Vinícius, le Brésil écarte Haïti et prend la tête du groupe C

6 langues · 23 sources

Lire plus