
Clôture de l’alerte au hantavirus sur le MV Hondius : l’OMS referme un foyer sous haute surveillance
Après six semaines sans nouveau cas et la levée de la dernière quarantaine, l’Organisation mondiale de la santé déclare terminée la flambée épidémique qui a fait trois morts parmi les passagers du navire de croisière.
L’Organisation mondiale de la santé a officiellement déclaré, jeudi 2 juillet, la fin de l’épidémie d’hantavirus liée au navire de croisière MV Hondius. Le dernier contact d’une personne exposée a achevé sa période de quarantaine, obtenu un résultat négatif et regagné son domicile. Aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le 25 mai, ce qui a permis au directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus d’annoncer que le foyer était « considéré comme terminé ». Le bilan reste de treize cas confirmés ou probables, dont trois décès, et plus de 650 contacts ont été suivis par les autorités sanitaires de 33 pays et territoires.
La souche en cause, le virus Andes, est la seule variante d’hantavirus connue pour se transmettre d’humain à humain, ce qui a justifié la rigueur exceptionnelle du dispositif de surveillance. Habituellement, ces virus sont contractés par inhalation de particules issues d’excréments de rongeurs. L’alerte avait été déclenchée début mai après la mort d’un passager à bord, alors que le navire battant pavillon néerlandais effectuait une croisière d’expédition au départ d’Ushuaia, en Argentine, avec des escales dans des îles reculées de l’Atlantique Sud. Les passagers ont été évacués à Tenerife, et le bâtiment a ensuite été désinfecté à Rotterdam. L’origine précise de la contamination reste inconnue, les recherches menées en Argentine n’ayant pas permis d’identifier de rongeurs porteurs du virus.
La gestion de cette crise sanitaire a mis en lumière une coopération internationale inédite. Les autorités européennes, en particulier espagnoles, ont facilité le débarquement et le rapatriement sécurisé des voyageurs, tandis que des pays d’Afrique australe et d’Amérique du Sud ont participé au traçage des contacts. Les agences sanitaires nord-américaines ont, de leur côté, imposé des quarantaines strictes, parfois assorties de surveillances policières, suscitant des tensions avec certains ressortissants. En Afrique du Sud, où une passagère est décédée après avoir quitté le navire, les autorités ont renforcé la veille épidémiologique sans détecter de transmission secondaire.
Si l’épisode est clos, l’OMS insiste sur la menace persistante que représentent les hantavirus en Amérique du Sud et dans d’autres zones endémiques. L’organisation coordonne désormais une étude multinationale impliquant 21 pays pour mieux comprendre l’évolution de la maladie et soutenir le développement de diagnostics, de traitements et de vaccins. La prochaine étape consistera à exploiter les données cliniques et épidémiologiques recueillies durant ce foyer pour affiner les protocoles de réponse, alors que les experts de Genève rappellent que la vigilance doit rester « de long terme » face à des virus dont la capacité de transmission interhumaine demeure une inconnue préoccupante.
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
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