
L’inflation américaine au plus haut depuis trois ans, lestée par le conflit avec l’Iran
L’indice PCE a bondi à 4,1 % en mai, ravivant les craintes d’un resserrement monétaire et fragilisant la position de Donald Trump avant les élections de mi-mandat.
L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), mesure privilégiée par la Réserve fédérale, a atteint 4,1 % en glissement annuel en mai, son plus haut niveau depuis avril 2023. Cette accélération, conforme aux anticipations des marchés, est largement imputable à la flambée des prix de l’essence consécutive à la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, qui a perturbé le trafic dans le détroit d’Ormuz. L’inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, s’est elle aussi raffermie à 3,4 %, signalant une diffusion des tensions de coûts bien au-delà du seul secteur énergétique.
La résilience apparente de la consommation américaine (+0,7 % en mai) masque une dynamique fragile. Si les ménages ont bénéficié de remboursements d’impôts plus généreux et d’un rebond boursier, l’érosion du pouvoir d’achat se lit dans la révision à la baisse de la progression des dépenses de consommation au premier trimestre, ramenée de 1,4 % à 0,5 %. Le PIB du premier trimestre a pourtant été révisé en hausse, à 2,1 % en rythme annualisé, grâce à un recul des importations et à la vigueur des investissements dans l’intelligence artificielle, mais cette embellie statistique ne dissipe pas les inquiétudes sur la soutenabilité de la demande intérieure.
Sur le plan politique, la persistance de l’inflation constitue un handicap pour le président Trump et le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a rappelé la promesse de campagne de baisser les coûts « dès le premier jour ». Dans les capitales européennes et les places financières asiatiques, on redoute qu’un resserrement monétaire américain ne renforce le dollar et n’accentue la pression sur les devises émergentes, tandis que les marchés de l’or subissent déjà l’attrait des actifs rémunérés.
La Réserve fédérale, désormais présidée par Kevin Warsh, a maintenu ses taux directeurs inchangés mais laissé entrevoir un possible relèvement cette année. Les marchés évaluent à plus de 80 % la probabilité d’une hausse dès septembre. La signature d’un accord de paix préliminaire entre Washington et Téhéran a toutefois fait refluer les cours du brut, le WTI repassant sous les 70 dollars, ce qui alimente l’espoir d’un pic d’inflation. Les économistes, notamment en Amérique du Nord, tempèrent cet optimisme : la normalisation des chaînes d’approvisionnement pétrolier prendra des mois et l’inflation des services reste vive. La prochaine publication de l’indice PCE de juin sera scrutée pour confirmer si la détente à la pompe se répercute sur l’inflation globale.
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L'inflation américaine a grimpé à son plus haut niveau en trois ans, alimentant les paris sur un resserrement monétaire agressif de la Fed et créant des vents contraires politiques pour l'administration Trump à l'approche des élections de mi-mandat. Les prix à la consommation ont augmenté de 4,1 % en mai, soulignant une crise de l'accessibilité qui pourrait redessiner le paysage électoral.
Les marchés anticipent trois hausses de taux de la Fed cette année après que l'inflation a atteint un sommet de trois ans. L'attention se porte sur l'impact sur le prix de l'or, directement sensible aux perspectives de politique monétaire américaine.
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