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Technologiejeudi 18 juin 2026

L’Amérique latine, nouveau laboratoire de l’intelligence artificielle

Entre hubs d’infrastructure au Mexique, adoption massive en Colombie et création de jeux vidéo, la région dépasse la moyenne mondiale d’utilisation de l’IA, tout en affrontant des défis de compétences et de souveraineté.

L’intelligence artificielle n’est plus une promesse lointaine en Amérique latine : elle s’impose désormais comme un levier de transformation économique et culturelle, avec des taux d’adoption qui dépassent les moyennes mondiales. Selon le rapport « Global AI Diffusion » de Microsoft, 20,1 % de la population active mexicaine utilise régulièrement des outils d’IA générative, contre 17,86 % à l’échelle planétaire, plaçant le pays au 56e rang mondial et en tête des dynamiques régionales. Cette percée s’appuie sur une infrastructure critique en plein essor : le Mexique est devenu le deuxième pôle latino-américain pour le déploiement de centres de données et de services cloud, bénéficiant de sa proximité avec les États-Unis et d’une capacité énergétique favorable. Cette concentration d’investissements transforme le pays en une plaque tournante pour l’entraînement de modèles et le traitement de données à grande échelle, attirant aussi bien les géants technologiques que les jeunes pousses du continent.

Parallèlement, la démocratisation de l’accès aux ressources de calcul redessine le paysage entrepreneurial. Au Brésil, l’offre de GPU as a Service permet à des entreprises de toutes tailles, y compris des startups, de tester et d’accélérer leurs projets d’IA sans supporter les coûts prohibitifs d’une infrastructure propriétaire. Cette évolution, qui préserve la souveraineté et la sécurité des données, est cruciale dans une région où le tissu économique repose largement sur les PME. Elle favorise une appropriation plus horizontale de l’IA, à l’image de ce que l’on observe dans l’industrie du jeu vidéo : sur la plateforme Steam, des milliers de titres intègrent désormais des systèmes d’IA générative pour la création de graphismes, de dialogues ou de musiques, une tendance portée autant par les grands studios que par les développeurs indépendants, signe que les outils sont devenus suffisamment accessibles pour irriguer la création culturelle.

Cette diffusion s’accompagne toutefois de défis structurels. En Colombie, où 55 % des entreprises ont déjà intégré des outils d’IA dans leurs processus, les organisations butent sur un manque d’alphabétisation des données et sur des écarts de compétences qui freinent une adoption harmonieuse. Les experts insistent sur la nécessité de créer des environnements de travail « amigables » avec l’IA, où la collaboration humain-machine ne se limite pas à l’automatisation mais repense les flux et la formation. Ces enjeux résonnent à l’échelle de toute l’Amérique latine, où la fracture numérique, les besoins en talents spécialisés et la fiabilité des réseaux électriques restent des obstacles majeurs à une diffusion équitable des bénéfices de l’IA.

Face à une Europe qui légifère et débat de sa souveraineté numérique, l’Amérique latine avance sur un mode plus pragmatique, attirant investissements et infrastructures tout en expérimentant de nouveaux usages. Cette dynamique pourrait accélérer le développement de solutions adaptées aux contextes locaux, de l’agriculture de précision aux services publics en passant par les industries créatives. Mais elle soulève aussi la question de la dépendance envers les géants technologiques étrangers, notamment nord-américains, qui fournissent l’essentiel des capacités de calcul et des modèles. Pour que la région ne devienne pas un simple marché captif, les acteurs latino-américains devront investir dans la formation de talents, la recherche locale et des infrastructures véritablement souveraines, à l’image des réflexions menées au Brésil sur la protection des données. L’avenir de l’IA en Amérique latine se jouera donc à l’intersection d’une adoption massive, d’une créativité débridée et d’une ambition stratégique encore à consolider.

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jeudi 18 juin 2026

L’Amérique latine, nouveau laboratoire de l’intelligence artificielle

Entre hubs d’infrastructure au Mexique, adoption massive en Colombie et création de jeux vidéo, la région dépasse la moyenne mondiale d’utilisation de l’IA, tout en affrontant des défis de compétences et de souveraineté.

L’intelligence artificielle n’est plus une promesse lointaine en Amérique latine : elle s’impose désormais comme un levier de transformation économique et culturelle, avec des taux d’adoption qui dépassent les moyennes mondiales. Selon le rapport « Global AI Diffusion » de Microsoft, 20,1 % de la population active mexicaine utilise régulièrement des outils d’IA générative, contre 17,86 % à l’échelle planétaire, plaçant le pays au 56e rang mondial et en tête des dynamiques régionales. Cette percée s’appuie sur une infrastructure critique en plein essor : le Mexique est devenu le deuxième pôle latino-américain pour le déploiement de centres de données et de services cloud, bénéficiant de sa proximité avec les États-Unis et d’une capacité énergétique favorable. Cette concentration d’investissements transforme le pays en une plaque tournante pour l’entraînement de modèles et le traitement de données à grande échelle, attirant aussi bien les géants technologiques que les jeunes pousses du continent.

Parallèlement, la démocratisation de l’accès aux ressources de calcul redessine le paysage entrepreneurial. Au Brésil, l’offre de GPU as a Service permet à des entreprises de toutes tailles, y compris des startups, de tester et d’accélérer leurs projets d’IA sans supporter les coûts prohibitifs d’une infrastructure propriétaire. Cette évolution, qui préserve la souveraineté et la sécurité des données, est cruciale dans une région où le tissu économique repose largement sur les PME. Elle favorise une appropriation plus horizontale de l’IA, à l’image de ce que l’on observe dans l’industrie du jeu vidéo : sur la plateforme Steam, des milliers de titres intègrent désormais des systèmes d’IA générative pour la création de graphismes, de dialogues ou de musiques, une tendance portée autant par les grands studios que par les développeurs indépendants, signe que les outils sont devenus suffisamment accessibles pour irriguer la création culturelle.

Cette diffusion s’accompagne toutefois de défis structurels. En Colombie, où 55 % des entreprises ont déjà intégré des outils d’IA dans leurs processus, les organisations butent sur un manque d’alphabétisation des données et sur des écarts de compétences qui freinent une adoption harmonieuse. Les experts insistent sur la nécessité de créer des environnements de travail « amigables » avec l’IA, où la collaboration humain-machine ne se limite pas à l’automatisation mais repense les flux et la formation. Ces enjeux résonnent à l’échelle de toute l’Amérique latine, où la fracture numérique, les besoins en talents spécialisés et la fiabilité des réseaux électriques restent des obstacles majeurs à une diffusion équitable des bénéfices de l’IA.

Face à une Europe qui légifère et débat de sa souveraineté numérique, l’Amérique latine avance sur un mode plus pragmatique, attirant investissements et infrastructures tout en expérimentant de nouveaux usages. Cette dynamique pourrait accélérer le développement de solutions adaptées aux contextes locaux, de l’agriculture de précision aux services publics en passant par les industries créatives. Mais elle soulève aussi la question de la dépendance envers les géants technologiques étrangers, notamment nord-américains, qui fournissent l’essentiel des capacités de calcul et des modèles. Pour que la région ne devienne pas un simple marché captif, les acteurs latino-américains devront investir dans la formation de talents, la recherche locale et des infrastructures véritablement souveraines, à l’image des réflexions menées au Brésil sur la protection des données. L’avenir de l’IA en Amérique latine se jouera donc à l’intersection d’une adoption massive, d’une créativité débridée et d’une ambition stratégique encore à consolider.

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