
Israël rejette le volet libanais de l’accord entre Washington et Téhéran
Au lendemain de l’annonce d’un cessez-le-feu américano-iranien, le ministre israélien de la Défense affirme que l’armée ne se retirera pas du Liban, menaçant de représailles massives contre l’Iran.
L’accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran, salué par Téhéran et Islamabad comme une fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, s’est heurté dès les premières heures à un refus catégorique d’Israël. Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a déclaré que les forces armées israéliennes resteraient déployées sans limite de temps dans des « zones de sécurité » au Liban, en Syrie et à Gaza, rejetant toute pression actuelle ou future en faveur d’un retrait. Cette position, a-t-il précisé, a été directement communiquée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou au président Donald Trump, ainsi qu’au secrétaire américain à la Défense.
La presse israélienne, citant des sources proches du pouvoir, révèle que Netanyahou a explicitement signifié à Washington qu’Israël ne se considère pas lié par le volet libanais de l’entente. Les médias hébreux décrivent une stratégie de maintien indéfini des troupes dans les localités frontalières, accompagnée d’un nettoyage des populations civiles et de la destruction systématique des infrastructures, présentée comme la leçon principale tirée des attaques du 7 octobre 2023. Katz a en outre menacé de riposter « de toutes ses forces » si l’Iran venait à attaquer Israël en réaction aux événements au Liban, tandis que l’état d’urgence sur le front intérieur israélien a été prolongé jusqu’à la fin juin en raison des incertitudes persistantes.
Du côté américain, la séquence révèle des tensions croissantes. Donald Trump a vivement critiqué la frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, estimant qu’elle « n’aurait pas dû avoir lieu », et avait auparavant ordonné l’annulation de plans d’attaque contre l’Iran après des tirs de missiles vers les territoires occupés. Netanyahou cherche désormais à obtenir une rencontre urgente avec le président américain à son retour du sommet du G7, afin de clarifier la marge de manœuvre qu’Israël entend conserver face au Hezbollah, perçu comme une menace existentielle.
Cette fracture entre l’allié américain et le gouvernement israélien place l’accord de cessez-le-feu sous le signe d’une extrême fragilité. Les capitales européennes, qui suivent avec inquiétude la dégradation sécuritaire au Proche-Orient, pourraient voir dans ce bras de fer un risque de déstabilisation régionale supplémentaire. Si Téhéran considère que l’engagement américain implique un arrêt total des opérations israéliennes, le refus de Netanyahou et Katz de céder du terrain au Liban pourrait rapidement raviver un conflit multidimensionnel, où la frontière libanaise redevient le point de friction le plus explosif entre les ambitions militaires israéliennes et les garanties diplomatiques arrachées par l’Iran.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 2 langues
Le refus israélien de se retirer est un impératif sécuritaire face au réarmement du Hezbollah. L'Iran sacrifie encore une fois ses intérêts nationaux pour maintenir son mandataire, mettant en péril l'accord avec Washington.
Israël menace des dizaines de localités du sud de déplacements massifs, ignorant l'accord régional. Les civils libanais subissent une fois de plus l'agression israélienne, sapant la trêve fragile négociée par Washington et Téhéran.
Articles liés
Messi, au crépuscule de sa légende, rejoint Klose au sommet des buteurs mondiaux
9 langues · 49 sources
SportErling Haaland illumine le retour de la Norvège en Coupe du monde face à l'Irak
7 langues · 43 sources
ÉconomieLe brut plonge sous les 80 dollars, l’ébauche de paix entre Washington et Téhéran redessine la carte pétrolière
8 langues · 19 sources